Le contexte de “Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital”. Ce qui suit c’est ce qui s’est passé 20 ans après. En reprenant l’intégralié des textes on comprendra pourquoi.
La révolte très politique des Indiens d’Equateur
TOUT autour : les Andes de la Sierra méridionale. Serpentant sur la route, trois cents Indiens, portés par une colère froide. Glacial, un vent violent oblige les porteurs de banderoles à se plier en deux pour progresser. Ondulant au-dessus de la cohorte flotte le huipala, drapeau aux sept couleurs de l’arc-en-ciel (l’unité des peuples indigènes avant la conquête) et deux étendards noirs : celui de Ruminhaui, légendaire cacique de la résistance autochtone, et celui d’Atahualpa, le dernier Inca. Juché sur une camionnette, un militaire filme les chefs de la manifestation à l’aide d’une caméra vidéo. Lorsque les Indiens pénètrent dans Canar - ville de douze mille habitants, située à une soixantaine de kilomètres de Cuenca -, une escouade de soldats en armes les attend. Sur les pas-de-porte, les habitants contemplent la scène sans sympathie. La manifestation atteint ce qui fut le centre communautaire : Nukanchic Huasi (Notre Maison). Des ruines calcinées et un bâtiment qui, ayant échappé aux flammes, n’offre plus aux regards que des vitres brisées, un intérieur ravagé. Tout au long de l’histoire, les terres des Indiens de Canar ont été confisquées par la grande hacienda[…]







