Argentine au jour le jour Rotating Header Image

Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (1)

Retour aux années 80 en Équateur. Le personnage principal n’étant pas encore mort, je ne citerai ni son nom, ni la ville dans laquelle se déroula cette aventure, bien que quelqu’un curieux et malintentionné puisse quand même retrouver l’identité de ce recteur d’Université Catholique.
Ne croyez surtout pas que je fasse une fixation sur les religions, il aurait pu avoir une autre charge, las, il était curé et recteur d’une U.C.
J’étais dans mon bureau à Quito, regardant d’un air malicieux les seins généreux de ma secrétaire qu’un décolleté provocant mettait toujours devant mes yeux lors de la signature du courrier, lorsque le téléphone sonna.
Sauvé par le gong, pensais-je, bien que je me sois toujours astreint à certaines règles du style, là où on mange on ne défèque pas, on n’en est pas moins homme et il allait falloir, je le savais, mettre les choses au point. Ma phrase favorite dans ce cas là était : “Mon petit, si vous avez envie de vous faire sauter, il va falloir préalablement me donner votre démission. C’est une règle chez moi, jamais avec le personnel”.
Cela avait 2 conséquences immédiates : tout d’abord, j’étais dès le lendemain destinataire d’une lettre démission, ensuite je ne les revoyais jamais comme si le seul fait de coucher avec leur patron avait été la raison essentielle de cet accès de libido. Un peu vexant quand même !
Elle me passa le téléphone en m’indiquant le nom d’un de mes rabatteurs en Province, Rodrigo.
— Je suis sur un gros coup, me dit-il, il faut que tu viennes de suite. Prend l’avion et prévois la semaine.
Les explications qu’il me donna achevèrent de me convaincre de faire réserver un billet d’avion pour le lendemain.
Je représentais toutes sortes de choses. En fait tout ce qui était importable, j’avais des contrats d’exclusivité avec certaines sociétés françaises, d’autres venaient s’ajouter à la liste en fonction de la demande. Il est difficile de se spécialiser sur un type de produit dans un si petit pays et je dois reconnaître qu’apprendre des choses nouvelles chaque jour était ce que j’appréciais le plus dans ce métier.
On situait l’Équateur, à cette époque, lorsqu’on posait la question en France, en Afrique. Il est vrai que la géographie tout comme les langues étrangères ne faisaient pas partie de nos spécialités. Je ne suis pas sûr qu’aujourd’hui ce ne soit pas la même chose.
En faisant mes bagages, ce soir-là, je savais que j’allais rencontrer un curé, Recteur d’Université, provenant d’une grande famille équatorienne qui avait fourni au pays un Président de la République et même un Saint à la fin du 19e siècle. Il désirait acheter des vaches normandes et une porcherie clef en main.
Je choisis deux costumes sombres, des chemises blanches, des cravates pas trop voyantes afin de me fondre dans les ors et les boiseries de la cathédrale où il avait ses bureaux privés.
(à suivre)

Autres billets pouvant vous intéresser :

3 Commentaires

  1. Rémi dit :

    On a eu la suite de l’histoire sur la teledetection. (le mec pas lourd 6 mois plus tard)
    J’attends la suite de celle là en tout cas

  2. Patrick dit :

    Tu as raison rémi, mais la télédétection me pose encore quelques problèmes, disons légaux, et je ne voudrais pas modifier les choses et les transformer pour vous faire plaisir.
    Il faut que je trouve un truc, ça va venir !

  3. Rémi dit :

    Pas de soucis, je vois que nous avons d’autres histoires pour nous faire patienter

Leave a Reply