Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (11)

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Mercredi 11 octobre 2006 - 0:50

Ce texte fait suite au chapitre 10

Il voulut payer la note du restaurant.
— Je crains fort que ta note soit plus élevée que cela pour ce qui te concerne, si je te sors de cette affaire, lui dis-je en souriant et en réglant le repas.
Et puis Marcelo m’emmena à la station de télé, avec sa voiture personnelle. Une belle BMW, le couillon !
Imaginez une vielle bâtisse, sur un ou deux hectares de pierres, à 3000 mètres d’altitude. Les équipements, n’en parlons pas. 2 caméras, trois ou 4 magnétoscopes, des écrans de contrôle, de la déco pour les studios, et puis une espèce de truc qui ressemblait à des tuyaux d’orgues, destiné à envoyer un signal parfait à la population locale. Mais les tuyaux avaient été un peu abîmés, pendant le transport, me dit-il, et ne pouvaient donner ce que l’on attendait d’eux.
Mais ils émettaient depuis un an, il y avait une speakerine et un commentateur qui faisait un journal. De la pub, des films, etc.
Un vrai désastre. Je lui plantais quelques coups de banderilles supplémentaires afin de le soumettre un peu plus, puis :
— J’ai une idée pour vous sortir de cette impasse. Je voudrais une réunion demain à 10 heures avec le Recteur. Il faudra que tu y assistes et que tu me soutiennes. On se voit à 9h 30 à mon hôtel, je t’expliquerais en chemin.
Il me ramena à l’hôtel, où de nouveau je me changeai pour aller prendre la Jeep d’Anitta et avoir un entretien avec Alfonso.
Je vendais des paillettes de taureaux à l’Association, pour l’insémination artificielle. Pas suffisamment à mon avis. J’avais remis, il y a quelques mois, une offre de crédit revolving, avec des envois réguliers pendant 5 ans. Un seul permis d’importation, 5 ans de tranquillité, c’était une bonne affaire pour tout le monde.
L’adorable Eunice me reçut avec toute sa gentillesse habituelle. Elle était inquiète, cela se voyait.
— Il y a eu deux morts hier soir, me dit-elle.
— Je sais, Alfonso est là ?
— Il est avec le cacique, ils négocient.
Je lui demandais un poste téléphonique et appelais Quito. J’avais un excellent ami, Christian, détaché de France Télécom, et qui était expert pour le PNUD, c’est à dire les Nations Unies. Il faisait aussi partie de ces têtes pensantes qui travaillaient pour les partis politiques.
— J’ai un problème, mon grand, lui dis-je. Je vais avoir besoin de ton expertise. Un petit week-end en Province avec ta petite femme, tous frais payés, et 500 dollars en plus, cela te dit ?
Cela faisait deux ans qu’il vivait à Quito et il me connaissait suffisamment pour accepter. Je savais aussi que cela me coûterait le double quand je lui aurais montré le bébé.
— OK Patrick, mais pas d’embrouilles, hein !
— Pas plus que d’habitude.
C’est alors qu’Alfondo sortit de son bureau. Il avait les traits fatigués. Je passais dans son bureau. Il avala deux aspirines et me dit :
— Deux morts, 3 tonnes de nourriture.
C’est ce qu’il venait de négocier avec le cacique, représentant la communauté indienne.
— Et avec le curé, comment vont les choses ?
— Pas grand-chose, juste une étude à faire. Sur son canal de télé… On commence cette fin de semaine, et vu l’ampleur du désastre on va aussi terminer cette fin de semaine.
jeeprenegade.jpgIl me regarda droit dans les yeux :
— Faudrait qu’on en cause.
— Demain vers une heure, si tu veux. Viens avec ton fils. Il doit y avoir moyen d’arranger tout ça. Mais je suis venu pour récupérer la jeep pour Anitta. Si rien n’a changé, je dois la conduire demain matin en ville chez ton Notaire. C’est ce que tu m’as demandé.
— J’imagine que tu es plus coriace que le cacique, me dit-il en me tendant les clés. Comment tu la trouves, Anitta ?
— C’est tout sauf une monnaie d’échange.
Et je servis deux verres de whisky.
Après avoir trinqué, et regardant les clés :
— C’est la Renagade noire devant la porte ?
— Oui.
— Tu es un vrai seigneur.

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5 commentaires pour “Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (11)”

  1. PEDRO a dit:

    Je suis totalement accroc!! d’u autre coté, heureusement que ce n’est pas un bouquin que je suis en train de lire, je ne pourrais pas m’arréter; au moins grâce à toi, Patric, on fait durer le plaisir! Merci

  2. Yeti a dit:

    Très bon, juste qques fautes à corriger :

    3000 mille mètres d’altitude ça commence à faire haut ;)

    et puis une espèce de truc qui ressemblait à des tuyaux d’orgUes

    Je passais dans son bureau. il avala (majuscule à Il).

    En attendant la suite demain :)

  3. Patrick a dit:

    Merci Yeti. corrigé, sauf 3000 mètre d’altitude.
    Quito par exemple est a 2800 mètres
    Le plus que je suis suis monté en jeep dépasse les 4500 mètres.

  4. Yeti a dit:

    3000 mètres d’altitude, oui.
    3000 mille mètres d’altitude, là ça fait beaucoup :P

    (désolé, mais corriger les fautes des autres c’est mon métier).

  5. Patrick a dit:

    Tu as raison, seul un Yéti pouvait s’en rendre compte.
    Merci

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