Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (17)

272 lectures
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (Il n'y a pas encore de vote)
Chargement ... Chargement ...
Dimanche 15 octobre 2006 - 0:55

Ce texte fait suite au chapitre 16

Il devait être 4 heures de l’après-midi. Je pris un taxi pour me rendre chez mon collaborateur.
Rodrido et Térésa m’attendaient.
Avec un grand sourire, je déposais 3000 dollars sur la table de la salle à manger. Il faut savoir qu’à cette époque le salaire du directeur de la la succursale bancaire de Rodrigo par exemple était de l’ordre de 200 dollars par mois. Cela faisait partie des bons salaires.
— Ce n’est pas tout, dis-je, mardi tu iras chercher le contrat de 5 ans à l’association, cela devrait de faire une centaine de dollars par mois de plus si tu sais bien le gérer. Les 3000 dollars sont correspondent à une prime spéciale que je te dois sur une affaire dont je ne peux pas te parler, mais qui n’aurait pas existé sans ton appel.
Inutile de dire que c’était la fête à la maison.
Même la maman de Tesera, Amaïa, une vieille Indienne, sortit de la cuisine pour se joindre à nous. Elle était vieille et ridée comme un vieux parchemin et l’aidait dans les tâches ménagères.
— Je prépare, un super repas ce soir à la maison, me dit Térésa.
Je donnais mon accord et je leur dis que j’étais un peu fatigué, d’ici à 21 heures, c’est l’heure qu’elle avait fixée pour ces réjouissances, je désirais faire une sieste à l’hôtel et me reposer.
Amaïa, qui ne parlait pas beaucoup, m’obligea alors à m’asseoir dans un fauteuil et en me faisant signe de rester assis courut jusqu’à la cuisine d’où elle revint avec quelques plumes de poulet.
Elle les plaça au dessus de ma tête et les laissa tomber, ainsi, plusieurs fois.
Elle fit une moue de mécontentement et prit sa fille à part. Commença un long conciliabule.
— Rodrigo va t’emmener à l’hôtel, me dit soudain Térésa, on viendra te chercher pour le dîner.
Une fois dans la voiture je lui demandai :
— C’est quoi le truc avec les plumes ?
— Des trucs de bonnes femmes.
Il m’accompagna jusqu’à la chambre.
— Je garde les clefs, me dit-il, tu es impossible à réveiller quand tu dors.
C’était vrai, bon de là à garder les clefs, pensais-je en me déshabillant…
Je me jetais sur le lit et m’endormis.

Je devais bien dormir depuis une heure lorsque je me réveillai en sursaut. La chambre avait totalement changé d’aspect, il y avait des bougies partout, de l’encens qui fumait, une espèce de récipient sur un petit brasero ou cuisait dans un jus immonde ce qui semblait être des tripes de volaille.
Assise au dessus de moi et m’appliquant un onguent à l’odeur désagréable, Eunice.
En tournant la tête, j’étais allongé sur le ventre, je la vis, concentrée sur ce qu’elle faisait, simplement vêtue d’une étrange chemise transparente ou étaient brodés des symboles inconnus.
— Ne dis rien, ne bouge pas sans que je te le demande, tu as été envoûté, laisse-moi faire le nécessaire.
Le premier moment de frayeur passé, je décidais de la laisser faire. À part l’odeur un peu âcre, tout cela n’avait rien de désagréable.
Là où elle avait commencé à appliquer son onguent, ma peau devenait de plus en plus chaude, comme au contact d’un feu de cheminée. Je l’entendais murmurer ce qui devait être des paroles rituelles dans un langage inconnu.
Une étrange torpeur m’envahit, étrange, car, en même temps, elle se mêlait à une soudaine excitation sexuelle.
Malgré cela j’étais totalement paralysé et privé de toute possibilité de bouger.
— Patience, je dois appliquer cet onguent sur tout ton corps sans omettre un seul centimètre carré.
Un grognement de ma part, fut la seule réponse dont je fus capable.
Puis elle me retourna, mon impatience, autant l’appeler ainsi, était visible.
Eunice rit et me dit :
— C’est bien, pour qu’un traitement fasse de l’effet, il faut avoir envie de le prendre. C’est la première chose qu’on nous apprend.
J’étais toujours incapable d’articuler un mot. Mais le traitement, comme elle l’appelait, ne cessait de m’enchanter.
— C’est Anitta qui t’a envoûtée, me dit-elle. C’est une sorcière, il ne faut plus retourner là-haut.
Elle continua de me passer son produit, sur tout le corps, les cheveux, le visage y eurent droit eux aussi.
Il ne lui restait plus qu’à passer l’onguent sur mon sexe. En commençant cette dernière tâche elle me dit :
— Tout l’envoûtement s’est maintenant réfugié ici, prépare toi, ça va être très fort.
Bon sang, ce le fut, je n’avais eu et je n’eus jamais un orgasme aussi fort et aussi long.
Une myriade d’étoiles, je sais, c’est banal. Je m’endormis ou je m’évanouis, je ne saurais jamais.
À mon réveil, la chambre avait repris son apparence normale. Eunice me regardait en souriant, assise sur un fauteuil près du lit.
— Va vite te doucher, Rodrido et Térésa nous attendent pour dîner.

Autres billets pouvant vous intéresser :

3 commentaires pour “Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (17)”

  1. Patrick a dit:

    Ça vous laisse muets !

  2. Aless a dit:

    C’est juste l’onguent (dont je veux bien la recette!!) ou la fille (ou les deux?) qui t’ont fait un tel effet? :-)

  3. Patrick a dit:

    Elle doit bien avoir comme moi 25 ans de plus.
    Quant à la recette, je ne me suis jamais posé la question.
    Cela dit, les andes regorgent de plantes médicinales les plus rares ainsi que l’amazonie

Laisser Un Commentaire