Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (21)

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Vendredi 27 octobre 2006 - 11:34

Ce texte fait suite au chapitre 20

Elle était bonne cuisinière Monique. Le repas fut agréable et après le cognac de rigueur, il ne me restait plus qu’à prendre congé.
— Demain 17 heures à l’aéroport.

Une fois chez moi, je m’aperçus que le salon était allumé. Mon employée m’attendait avec sa petite fille dans les bras. Elle avait de la fièvre. Elle était inquiète.
Aida, c’était son nom, travaillait pour moi depuis mon arrivée en Équateur, enfin presque. Après avoir essayé plusieurs employées de maison, on les appelait Muchacha, j’étais un peu désespéré.
aida.jpgPuis coup de chance, une connaissance qui retournait en France vint me voir et me proposa d’employer la sienne. Elle est propre, honnête et travailleuse, sait faire la cuisine, le seul problème c’est qu’elle a une petite fille, me dit-il. Personne n’en veut.
Comme la maison était grande, la loger ne me posait pas de problèmes et les nourrir toutes les deux non plus, j’acceptais. Elle est restée 11 années avec moi.
J’appelai donc le médecin, c’était un voisin, mais il n’aurait pas accepté de venir si la demande avait été faite par Aïda.
— Rien de très grave, il faut attendre un peu pour savoir si c’est un virus, dans ce cas cela passera tout seul, sinon antibiotiques, dit-il d’un air pénétré. En attendant aspirine.
Sachant que je ne serais pas là je lui demandai de passer dans deux jours et lui payai les deux consultations.
Tout le monde étant rassuré, — vous aurez noté, j’en suis sûr vous aussi, que dès que les mères perdent l’angoisse qui est la leur, les enfants ont tendance à aller beaucoup mieux — je pus enfin gagner mon lit.
Levé à 6 heures avec le soleil, je pus constater que la petite semblait aller un peu mieux, un peu fiévreuse, certes, mais beaucoup moins qu’hier soir.
marche.jpgJe partais en week-end, il me fallait tout d’abord l’emmener au marché. Elle faisait les courses régulièrement et j’avais constaté que pour la même somme que je dépensais lorsque je m’y aventurais elle ramenait le double de marchandise, savait choisir les fruits et les légumes, discuter les prix et calculer précisément ce dont elle aurait besoin pour la semaine.
Je la laissais donc régulièrement près des étals en voiture et repassais la chercher une heure après.
Une fois tout cela réglé, je pris un taxi pour le bureau. Inutile de laisser ma jeep à l’aéroport.

Armando m’attendait.
— Tout va bien avec Marcelo, me dit-il.
Il s’en occuperait dans la journée et le soir sa femme le confessera et puis dîner en famille, soutien moral et psychologique dans l’immédiat.
Je les connaissais bien tous les deux, je me permis en souriant de rajouter :
— Et puis mollo sur la fumette les enfants.
Il leva les yeux au ciel, pour m’imiter sans doute…
J’avais une autre faveur à lui demander. Je m’étais aperçu que “belles miches”, ma secrétaire, faisait un excellent travail. Comme j’en étais à 4 depuis 6 mois, j’avais donc décidé d’essayer de la garder, si j’arrivais à lui faire perdre son appétit pour ma personne. Je savais que je manquais fortement de diplomatie dans ce genre de situation et Armando qui avait suivi en riant dans sa barbe de guévariste le va-et-vient des secrétaires le savait aussi.
— Je vais lui expliquer, me dit-il.
Je descendis à l’atelier d’arts graphiques et vis Marcelo s’initier à la photocomposeuse. Ça avait l’air de lui plaire.
— On n’aura plus de fautes d’orthographe à corriger, dit Armando, qui m’avait suivi.
Il avait l’air fringuant le Marcelo. Il se sentait en sécurité. Il apprenait quelque chose de nouveau et me confia qu’il allait acheter des meubles cette fin de semaine. Ses nouveaux amis allaient l’accompagner.
Je restai une bonne heure à parler avec tout le monde. Il y avait du travail, ils étaient contents en général, mais ils aimaient bien qu’on s’intéresse à leurs tâches, qu’on demande des nouvelles de leur famille.
J’avais demandé à Armando de monter voir la secrétaire, ce qu’il fit à contrecoeur, car il considérait que les entretiens avec son équipe devaient se passer en sa présence. Une mentalité de petit chef, pensais-je en riant !
Armando revint et me dit que tout était OK avec “belles miches”. Il ne me restait plus qu’à m’en assurer.
Je la fis entrer dans mon bureau. Elle ne savait pas trop comment se comporter. Un peu gênée, sans doute.
— Votre période d’essai est terminée. Allez me chercher tout le monde, sans oublier la comptable, on va fêter votre nomination au restaurant.
La pauvre comptable, personne ne l’aimait, c’était une vraie teigne en ce qui concernait les achats et les frais, surtout en période de rentrée des classes quand les demandes de papiers, de stylos et autres ustensiles se faisaient curieusement plus importantes.
Les agapes se terminèrent vers 16 heures, la vérité c’est qu’à Quito les vendredis après-midi étaient couramment appelés viernes culturales et qu’on ne s’attendait pas à trouver grand monde dans les bureaux.
Il était temps de reprendre l’avion et je hélais un taxi pour l’aéroport.

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Un commentaire pour “Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (21)”

  1. C'est Raoul a dit:

    /* Soupir */
    Haaaa….. Monique….

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