Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (26)
237 lecturesCe texte fait suite au chapitre 25
Quelle bonne idée ! Tout le monde me cherchait en ville. C’est Rodrigo qui me l’apprit. Le curé était comme un fou, il recherchait Marcelo, son secrétaire, et me soupçonnait de l’avoir aidé à fuir.
Quelle curieuse intuition !
Il me fallut donner des explications à Rodrigo et son épouse. Ils surent ainsi pourquoi ils avaient reçu 3000 dollars de commission. Curieusement ils étaient inquiets.
— Même le nonce était à ton hôtel ce matin, il faisait les cent pas dans le hall d’entrée.
J’avais demandé à Christian de faire le maximum pour m’expédier pour le mercredi matin son rapport. En fait, je lui avais demandé deux rapports, celui dont nous avions parlé et que nous avions convenu de faire et un autre disant la vérité.
— Allons voir le recteur, dis-je à Rodrigo.
— Tu sais, Patrick, ce sont des gens dangereux, ajouta Teresa, je vais téléphoner à mon cousin Marcos.
Je connaissais son cousin. Nous avions déjà conversé ensemble et il m’avait été utile dans une affaire dont je parlerais peut-être un jour. Il était proche de Jaime Hurtado le patron du parti communiste équatorien ( branche Albanaise , m’avait-il dit, ce qui me fait rire encore aujourd’hui ) et était membre du MIR. Une méchante histoire de tubes en amiante-ciment livrés par une entreprise espagnole pour le réseau d’eau potable de la Province de Manabi. Bref, afin de défendre la santé des habitants infortunés de la Province, contre espèces sonnantes et trébuchantes, nobody is perfect, après deux mois de grèves et destruction totale des tubes contenant de l’amiante, nous avions pu faire une offre impossible à refuser pour de bons tubes français en acier.
Ne me faites pas les gros yeux, c’est comme ça.
J’avais donc rencontré le cousin Marcos et ses hommes, il y a quelques mois. Nous avions discuté une nuit entière. Pas vraiment des guérilleros, en fait, mais, comme ils me l’avaient dit, ils se tenaient prêt à l’action si les circonstances leur étaient, un jour, favorables.
— Ça va encore me coûter de l’argent tout cela !
— Un minimum, c’est un problème de famille, me répondit-elle !
Je donnais mon accord à Teresa. Pas la peine de courir des risques inutiles, il me restait 3 jours compliqués à passer pour tout boucler.
Rodrigo était pâle en entrant dans la cathédrale. Il avait peur. Franchement dans une cathédrale, lui expliquais-je, en théorie on ne risque rien. Le curé allait gueuler, c’est sûr, mais je le tenais par les couilles.
Il rit.
La vérité, c’est qu’il était furieux le Padre. Grosse erreur, pensais-je. Il devait être en manque.
Alors qu’il tempêtait dans son bureau, je fis signe à Rodrigo de s’asseoir. Puis j’allumais une cigarette.
Tout y passa, le prix que je lui avais fait payer pour l’étude, ma conversation avec le nonce, le fait qu’on ne pouvait pas me joindre pendant le week-end, mais surtout, c’était son grand problème, la disparition de Marcelo.
Je ne dis rien, je savais qu’il avait encore de la réserve.
On devrait avoir le droit à un tour de manège de plus, me dis-je, cet homme a de la ressource.
— Je ne sais pas où est Marcelo, lui dis-je calmement. Pour le reste, je crois que vos griefs ne sont pas fondés, nous en avions déjà parlé et clos le sujet. Je vous remettrais le rapport mercredi dans la journée. Il dédouanera tous les intervenants dans cette affaire. C’est ce que vous vouliez ?
Puis se tournant vers Rodrigo :
—, Mais seul, s’il vous plaît. Il y a des conversations qui ne peuvent avoir de témoins.
Il était plus ou moins calmé, du moins avait-il laissé toutes ses forces dans sa diatribe.
— Marcelo, il reviendra un jour, je pense. Il ne doit pas savoir où aller. Dans l’immédiat, essayez de comprendre que cette fuite, s’il a réellement fui, vous convient parfaitement. Pas besoin de l’accuser de quoi que ce soit. On pensera qu’il a une grande responsabilité dans cette affaire et que votre grande compréhension de l’âme humaine et votre généreuse nature font de vous son protecteur naturel.
À ses yeux, je vis qu’il ne croyait pas un mot de ce que je disais en ce qui concernait Marcelo. Par contre, mon dernier argument le calma.
Puis le raminagrobis qui sommeillait en lui reprit le dessus.
— Mercredi en fin de journée pour le rapport, puis nous irons dîner avec mon avocat. Il est allemand, cela ne vous dérange pas ? Il est propriétaire d’un restaurant un peu en dehors de la ville. Nous pourrons ainsi aborder l’appel d’offres pour l’hôpital. Qu’en pensez-vous ?
— Parfait, lui dis-je, mais je voudrais voir ce qui existe actuellement. Il doit y avoir un patron de votre petite unité médicale. J’ai des questions précises à lui poser.
— Voyez le Docteur Rosas, c’est lui le médecin-chef. Je le fais prévenir de votre visite.

7 novembre 2006 at 12:12
Hola, juste pour te signaler que ta plume a fourchée entre les Marcello et Rodrigo.
Kenavo
7 novembre 2006 at 15:03
Merci Kersaint, j’ai rextifié, enfin, je crois
8 novembre 2006 at 17:28
Alors qu’il tempêtait dans son bureau, je fis signe à Marcelo de s’asseoir. Puis j’allumais une cigarette.
Finalement je dirais que non, ce n’est pas corrigé…
8 novembre 2006 at 17:32
Merci Marc, cette fois-ci c’est corrigé
8 novembre 2006 at 17:40
rextifions, rextifions…il en restera toujours quelque chose!
Mouhahaha
Sans rancunes, le breizhouneg