Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (30)
449 lecturesCe texte fait suite au chapitre 29
Je lui mis la main sur l’épaule. Je suis toujours désemparé devant une femme qui pleure, même si, comme dans ce cas, c’était la joie qui en était l’origine.
— Je ne sais pas si je suis capable de faire ça, me dit-elle.
Je lui expliquais longuement que si, bien sûr, elle en était capable. Qu’il ne fallait pas qu’elle se sous-estime, qu’elle avait appris avec son grand-père un nombre impressionnant de choses et qu’il fallait qu’elle en fasse profiter la communauté ! Quant aux études de médecine, elle avait déjà passé les deux premières années, il n’y avait aucune raison pour que la suite soit plus compliquée.
— Il y a certains secrets que je ne peux pas révéler.
— Garde-les pour toi et qu’ils ne sachent jamais qu’ils existent. C’est ça qui est important. Ne le répète plus jamais. C’est comme ces pratiques de désenvoûtement, je te saurais gré de les garder pour toi.
Elle rit. Ça allait mieux.
Il fallait que je file chez Rodrigo et passer à l’Association des Eleveurs récupérer mon contrat.
— On se voit tout à l’heure, lui dis-je en partant.
Rodrigo et Teresa étaient chez eux. Ils m’attendaient, un peu nerveux. La journée du lendemain les préoccupait. Les changements d’Eunice leur convenaient surtout en ce qui concernait l’acheminement des dollars. Ils ne diraient rien. Ils avaient peur, c’est tout.
J’avais le choix entre une longue et interminable discussion et un coup de gueule. La seconde solution me parut être la plus efficace.
Comme dirait l’autre, un chef, c’est fait pour cheffer, je cheffis donc.
Sur ces entrefaites, l’ami Marcos vint nous rejoindre. Il avait quelques informations, mais de loin bien inférieures aux miennes. Il nota mes précisions et parut satisfait.
— Marcos, maintenant, il faut confirmer tout cela.
Il était un peu décontenancé l’ami Marcos. Il me regarda et hocha la tête, comme un enfant pris en faute.
— Au boulot Marcos, on a des choses à faire.
Je n’avais pas envie qu’il s’éternise ici. J’avais repris en main mes troupes, bien grand mot pour deux personnes, mais c’était essentiel.
Une fois parti, je pris Rodrigo à part. Il fallait maintenant gérer ce contrat et je savais qu’à lui seul il ne pourrait y faire face.
— Il va te falloir un adjoint, mon grand. C’est un crédit revolving, il vient avec un premier envoi de semences, mais il faut inciter les éleveurs à consommer sinon cela ne sert pas à grand-chose. Nos concurrents vont se réveiller et continuer à vendre en direct. Tu as une idée ?
— Nous n’avons qu’un seul concurrent, une entreprise de la côte, le vendeur ici est un jeune, assez sympa, un cousin éloigné d’Alfonso. C’est la raison pour laquelle il n’avait pas accepté le contrat.
— On l’embauche, on prend tout le marché ?
— Ben…
Ces vendeurs, tous les mêmes, partager n’est pas leur fort. Il n’avait pas encore compris qu’il allait se faire dégommer dans six mois ou un an s’il n’acceptait pas de composer.
Je pris ma calculette et je lui expliquai. Pas vraiment convaincu notre ami. Il me fit remarquer que le gagnant c’était moi et que lui, bien sûr, mais enfin… partager les résultats de son travail avec un ancien concurrent…
— Tu fais erreur Rodrigo, il s’agit de partager les résultats de mon travail, pas du tien. Faut-il que je te rafraîchisse la mémoire ?
Fin des débats.
Puis m’adressant à Teresa qui avait suivi la conversation, tout se passait en famille par ici :
— Tu cherches toujours un poste de secrétaire ?
Devant sa réponse affirmative, je lui dis que j’avais certainement une solution. Cela faisait deux ans qu’elle cherchait et sans le lui dire je savais qu’il allait falloir remplacer Eunice assez rapidement. Enfin si elle acceptait la proposition du Dr Rosas, ce dont je ne doutais pas.
Une fois à l’association, il était déjà 11 heures du matin et j’avais rendez-vous avec Huascar à midi au centre communautaire, Eunice me dit qu’Alfonso voulait me voir.

21 février 2007 at 10:45
j’espère un jour pouvoir lire la fin…
21 février 2007 at 10:48
Je traîne, c’est vrai, mais ça ne devrait pas tarder
27 mai 2008 at 13:59
Je prends l’histoire en cours…et je me demande si la fin est sur ce blog..?
28 mai 2008 at 7:37
elle y sera bientôt