Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (5)

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Mercredi 4 octobre 2006 - 13:24

Ce texte fait suite au chapitre 4
Je ne m’attendais pas à cette réflexion, les bruits courent vite dans les petites villes, mais 5 ou 6 heures après mon arrivée c’était un record.
— C’est de cela que je viens te parler. Je voulais que tu sois le premier informé, mais bon…
— La Mercédes ne passe pas inaperçue, Patrick, surtout quand on ne ferme pas les rideaux.
— L’Université catholique veut développer ses activités agricoles, c’est la raison pour laquelle je suis là.
Alors, écoute-moi bien mon gars. Ce type-là c’est une ordure, on ne peut rien faire contre lui. Vieille famille équatorienne, un Président, un Saint, tu vois !
Ces putains de curés n’auraient pas dû venir avec les conquistadors, ils ont semé des Saints à tire-larigot et des apparitions de la Vierge à chaque carrefour. Tout cela pour prendre un pouvoir qui ne devrait revenir qu’aux seuls politiques.
D’autre part, il n’est pas en odeur de sainteté auprès des autorités religieuses. Le Nonce est ici pour lui passer un savon. Un Nonce de plus et qui ne dénonce pas me dit-il en riant.
Il existe des accusations très graves contre lui. Pédophilie, abus d’autorité, escroquerie. Il ne se passera rien, tu le sais comme moi. J’ai empêché ma grand-tante de léguer ses biens à l’église l’autre jour. A l’église, encore, pourquoi pas ? mais sais-tu ce qu’il leur fait signer : une donation en sa faveur, car dit-il, l’évêché ici n’a pas les moyens d’entretenir ces dons, mais qu’après sa mort il léguera tous ces dons avec sa fortune…
Il y a d’autres choses encore plus graves, mais je ne peux pas t’en parler.
Le fait est qu’en 10 minutes il venait de me faire une description peu flatteuse du curé.
Et puis Eunice nous apporta une bouteille de whisky, de la glace et de l’eau minérale pour le rituel obligatoire qu’Alfonso imposait à tous ses amis.
Trois compères de l’Association se joignirent à nous et les dernières grivoiseries locales et les rires emplirent toute la pièce.
C’est alors que le poste à ondes courtes commença à crachoter : invasion de terres, grand rassemblement prévu cette nuit !
Tous les propriétaires terriens étaient reliés ainsi entre eux. La loi donnait à ceux qui cultivaient les terres la propriété de celles-ci. D’une manière générale, les haciendas n’étaient jamais exploitées à 100 %, loin s’en fallait. Les communautés indiennes s’installaient donc assez régulièrement sur ces terres abandonnées pour en réclamer ensuite la propriété.
Dès qu’ils étaient repérés, quand ils l’étaient, la communauté des propriétaires se réunissait de nuit, armés jusqu’aux dents pour les en chasser, et ce, avant que les cultures prospèrent et qu’ils puissent faire preuve d’une exploitation soutenue.
— Il va falloir que j’y sois, me dit-il, sinon ces cons-là ils vont nous faire un vrai carnage. Pas difficile pourtant de tirer en l’air, mais on a quelques sadiques dans le groupe. Accompagne-moi à l’hacienda d’Anitta, on va manger et tu lui tiendras compagnie.
Anitta était une de ses deux maîtresses, je l’avais déjà vue deux fois. Elle s’occupait d’une de ses fermes, elle avait 25 ans et tenait ce rôle depuis 10 ans.
— Elle t’aime bien Anitta, me dit-il en souriant, tu sais, je vais lui laisser la ferme, je suis vieux maintenant, je ne peux pas la laisser comme cela.
Avec le même poste, il l’appela :
— Salut ma grande, je viens avec Patrick, tu te rappelles, prépare à manger.
(A suivre)
Mème si vous n’aimez pas, un autre pasillo.
Autre chose, vous avez été 1524 personnes différentes à lire le quatrième épisode hier. Un p’tit commentaire par moment ça donne envie de continuer. Moi, vous savez, l’histoire je la connais.
:-)

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14 commentaires pour “Adieu veaux, vaches, cochons, hôpital (5)”

  1. Hawaitost a dit:

    Well, du suspens, des grosses voitures, des saints, de la religion, des femmes …
    Cocktail fort intéressant ;-)

  2. C'est Raoul a dit:

    Tu sais très bien qu’on les dévore tes histoires! Ca fait des mois que tu nous teases en plus!

  3. C'est Raoul a dit:

    PS: p-e organiser les 5 morceaux ensemble dans l’ordre. Même en venant régulièrement, j’avais raté le début.

    PS2: belle organisation du blog. Mon seul commentaire. La taille de la font dans le commentaire (quand on écrit) est toute petite.

  4. Sane a dit:

    Même si je ne laisse jamais de message, je vous lis régulièrement. Je tenais à vous féliciter pour la qualité de vos textes.

  5. Patrick a dit:

    D’accord avec toi Raoul, je vais essayer de modifier la taille des fonts.
    L’histoire, une fois terminée, comme la précédente, fera l’objet d’un document PDF.

  6. Alexis a dit:

    Hello Patrick,

    Beaucoup de plaisir à lire ton histoire depuis St Domingue. Je ne te connaissais pas ces talents d’écrivain. Well done !

  7. Vincent a dit:

    Merci Patrick ! La suite, la suite ! Por favor…

  8. frank dahot a dit:

    bravo pour la peinture du clergé, un régal.et plus généralement , merci pour la qualité du site, il me permet de retourner quotidiennement en argentine malgré la distance.

  9. Pedro a dit:

    n effet, on esst tenu en haleine, tout y est même l’effet suspensif des séries qui t’obligent à ne pas rater lépisode suivant!! Alors je ne louperai pas la diffusion du prochain.
    Encore Bravo.

  10. Patrick a dit:

    Merci Pedro, j’ai noté avec plaisir qu’un autre billet était sur ton blog

  11. roberto a dit:

    Merci Patrick
    Même si je ne fais pas de commentaires régulièrement, il y en a d’autres qui s’en charge avec plus de talent, je ne manque pas d’être fidèle tous les jours et surtout quand la verve de l’écrivain nous tient en haleine. Continue à me faire voyager.
    Peut-être à bientôt. Quien sabe

  12. Pierre a dit:

    Je lis….je relis….Mais surtout, j’apprecie….
    Allez…Une p’tite goutte dans le stylo de ma part….pour continuer l’histoire…
    P.S : L’auteur est également fortement apprécié !!! Foi de buveur de Malbec !!

  13. C'est Raoul a dit:

    Mon conseil d’organisation pour cette histoire: pour garder ca simple, p-e juste mettre un lien sur l’épisode (ou les épisodes précédents) au début du texte de chaque épisode.
    Comme ca, pas de catégorie a ajouter a droite.

    J’ai du faire un search pour retrouve le premier.

  14. Remi a dit:

    Les grands ecrivains attendent souvent la fin de l’histoire avant de voir surgir les critiques…
    Allez courage….
    Moi qui voulais arreter d’envahir les commentaires

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