Attention à l´effet contagion

156 lectures
1 Étoile2 Étoiles3 Étoiles4 Étoiles5 Étoiles (Il n'y a pas encore de vote)
Chargement ... Chargement ...
Samedi 5 mars 2005 - 13:47

Quoting from this site:

La dette argentine fait des envieux
Le président argentin Nestor Kirchner a réussi à mener à bien la restructuration de la dette privée du pays et à mettre fin à un moratoire de trois ans. Ce succès pourrait inspirer d’autres pays d’Amérique latine et les pousser à cesser temporairement le remboursement de leurs dettes.

Nestor Kirchner annonce la restructuration de la dette - AFP

“Félicitations à l’Argentine”, commente le quotidien mexicain El Universal après la spectaculaire restructuration de la dette de l’Argentine envers ses créanciers privés. Ceux-ci ont accepté d’échanger leurs titres gelés depuis décembre 2001 contre de nouvelles obligations d’Etat de moindre valeur, à des taux d’intérêt plus faibles et avec des délais de remboursement qui atteignent jusqu’à quarante-deux ans. Les investisseurs n’ont pu récupérer qu’un tiers des sommes dues. L’opération s’est achevée le 25 février dernier, permettant au président argentin Nestor Kirchner de prononcer mardi 1er mars la fin du moratoire sur la dette. Selon les chiffres du ministère de l’Economie argentin, la dette a été ainsi ramenée de 191 milliards de dollars à 125 milliards de dollars.

“La décision de l’Argentine marque l’histoire économique mondiale, car il ne fait aucun doute que c’est la meilleure négociation jamais réalisée”, se réjouit El Universal. Pour le quotidien mexicain, l’attitude de l’Argentine est un “exemple” pour les autres pays latino-américains qui doivent rembourser une dette colossale. “Il ne s’agit pas pour tous les pays endettés de se mettre en cessation de paiement, mais de renégocier dans de biens meilleurs termes les dettes actuelles”, estime le journal dans un éditorial. “Les conditions de remboursement des dettes ne peuvent pas rester les mêmes”, insiste le journal révolutionnaire de Mexico. “Félicitations aux Argentins, qui ont fait plier le Fonds monétaire international, dont les nouvelles autorités doivent se rendre compte qu’une trop forte inflexibilité entraînera des turbulences majeures dans le système économique mondial.”

The Economist s’enthousiasme beaucoup moins face à cette probable contagion de l’exemple argentin au reste de l’Amérique du Sud. “Les gouvernements latino-américains risquent de penser que le moratoire est l’option la moins coûteuse. Certes, dans un premier temps, ce seront les investisseurs qui y perdront. Mais à long terme, les pays d’Amérique latine risquent de perdre encore plus d’argent lorsque les taux d’intérêt augmenteront”, analyse l’hebdomadaire anglais. De plus, le journal estime que le succès argentin est à relativiser. “L’Argentine ne s’en tire pas à si bon compte”, assure The Economist. “Avec le moratoire sur la dette, l’économie s’est largement effondrée. Quatre Argentins sur dix sont pauvres, alors qu’ils formaient avant une classe moyenne. De plus, la dette argentine reste encore importante, notamment envers le FMI”, rappelle le journal. “Le plus inquiétant demeure la fanfaronnade du président argentin Nestor Kirchner. Ses discours délirants sur le FMI, les porteurs d’obligations et la privatisation des services publics risquent d’influencer le reste de l’Amérique latine. Sa rhétorique agressive n’encourage pas non plus l’investissement”, s’alarme l’hebdomadaire.

Côté argentin, même si le ton est enthousiaste, on ne crie pas victoire trop vite. “Après le succès de la renégociation, le gouvernement va devoir répondre aux exigences du FMI”, commente La Nación. Pour le quotidien argentin, “l’Argentine a amorcé la normalisation de sa situation vis-à-vis de la communauté financière mondiale.” “Mais ce serait une grave erreur de la part du gouvernement de se lancer dans un triomphalisme exagéré. Il y a déjà eu des négociations réussies par le passé, mais elles ne garantissent en rien la future bonne santé économique”, rappelle le journal de Buenos Aires.

Pour The Economist, “il y a beaucoup de leçons à tirer de cette triste saga. Le niveau de dette que les économies émergentes peuvent assumer est plus bas qu’avant. Les pays d’Amérique latine ne doivent pas imaginer que le moratoire est une solution sans douleur vers la prospérité.”

Autres billets pouvant vous intéresser :

Laisser Un Commentaire