Bolivie, entre l’obligation démocratique et la guerre de décolonisation

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Mardi 12 décembre 2006 - 7:53

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Le moins qu’on puisse dire c’est qu’Evo Morales a ouvert tous les fronts en même temps. L’homme se doit d’être partout à la fois, ceux qui ont voulu le voir ces derniers mois en savent quelque chose. Rendez-vous à 1 heure du matin ou à 5 heures ne sont pas rares.
Peu de collaborateurs, peu de gens formés pour appuyer ses actions et un peuple qui demande, après de siècles d’attente, tout et tout de suite.
Réforme agraire, reprise en main du secteur des ressources naturelles, et modification de la constitution sont une partie des problèmes qui se doivent d’être résolus. Les constitutions sud.américaines imitées de la constitution des États-Unis ne correspondent pas toujours aux réalités culturelles et économiques de ces pays. Les pouvoirs donnés aux régions sont démesurés…
Comment réformer une constitution lorsqu’on n’a pas la majorité des deux tiers entre les deux assemblées et que dehors le peuple, impatient, gronde.
Comment changer du jour au lendemain les us et coutumes de la société bolivienne, remplacer les cours d’éducation religieuse par des cours de Quetchua, reconstruire les anciens temples incas là où ils étaient auparavant, c’est-à-dire à l’endroit même où se sont construites les églises catholiques ! Le colonisateur à l’époque utilisait de forts symboles pour asseoir son pouvoir.
Ce n’est pas ce qui est le plus important, le plus important est bien sûr de redonner aux Boliviens la propriété de leurs richesses, mais ces exemples parlent mieux à l’esprit pour bien appréhender la révolution en cours.
Devant la menace de sécession des provinces les plus riches, devant les manifestations de l’oligarchie locale, 2000 personnes font la grève de la faim, image amusante dans un pays qui a laissé la majorité de ses habitants dans la misère ces derniers siècles, Evo fait appel à l’armée et lui demande de soutenir la patrie. Chavez, quant à lui, a déjà installé quelques unités vénézuéliennes tout autour du pays.
Réformer la constitution est une obligation pour Morales s’il veut transformer le pays, le faire sans majorité des deux tiers serait une atteinte à celle-ci.
On est loin d’une révolution tranquille et plus je regarde les évènements, plus j’ai l’impression d’assister aux prémices d’une guerre de décolonisation qui ne dit pas son nom.

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Un commentaire pour “Bolivie, entre l’obligation démocratique et la guerre de décolonisation”

  1. Chirac fait la une en Amérique latine « Argentine au jour le jour a dit:

    [...] J’en profite d’ailleurs pour vous citer un autre de mes billets : Bolivie, entre l’obligation démocratique et la guerre de décolonisation [...]

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