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Bolivie, un nouveau Président, et après ?

Eduardo RodriguezEduardo Rodriguez, Président jusqu’au 6 Aout, et après?
L’Économie de la région, Brésil, Argentine, Chili, risque de se retrouver perturbée par les évènements politiques de ce petit pays. L’injustice sociale criante vient de libérer ses monstres et le pays s’achemine vers une dictature imposée ou choisie. Imposée par les secteurs conservateurs ou choisie par la population, incapable aujourd’hui de ne pas se sentir attirée par un régime populiste, style Chávez ou Castro. Le choix démocratique n’est malheureusement plus possible, il n’y a plus personne pour le représenter.
Les principaux acteurs de la contestation sont :
-les “cocaleros” -(cultivateurs de coca) conduits par le député Evo Morales, Indien de l’ethnie aymara et leader du Mouvement vers le socialisme (MAS, deuxième parti parlementaire); Evo Morales, proche de Fidel Castro et de Hugo Chavez, propose de transférer directement le pouvoir au président de la Cour suprême de Justice, Eduardo Rodriguez, qui n’occupe pourtant que le troisième rang dans la succession constitutionnelle à Carlos Mesa. La Charte fondamentale bolivienne prévoit (Article 93) que si, à défaut des autres successeurs possibles, la présidence de la République revenait au président de la Cour suprême de Justice, ce dernier devrait obligatoirement convoquer une nouvelle élection présidentielle si se sont écoulés moins de trois ans du mandat en cours. Ce délai de trois ans expire le 6 août prochain.
Le président du Sénat a renoncé à briguer la magistrature suprême, imité par son homologue de la chambre basse, Eduardo Rodriguez vient donc d’être élu.
-la Fédération des comités de quartier (juntas vecinales) d’El Alto, dirigée par Abel Mamani, également de souche autochtone;
-la Centrale ouvrière bolivienne (COB, principal syndicat) de Jaime Solares.
Jaime Solares, leader de la COB, est le seul à réclamer ouvertement un putsch militaire, de gauche, certes, qui déboucherait sur un gouvernement “militaro-civique” d’inspiration chaviste, la révolution bolivarienne du président Hugo Chavez du Venezuela étant désormais une référence, jugée positive ou négative, en Bolivie et dans d’autres pays d’Amérique du Sud.
L’importance des réserves de gaz naturel bolivien et les sympathies castristes et chavistes des contestataires dramatisent et internationalisent l’enjeu. Déjà exporté au Brésil et en Argentine, ce gaz est essentiel à l’approvisionnement énergétique des deux principaux pays d’Amérique du Sud, surtout à l’approche de l’hiver austral.
Divers analystes estiment toutefois légitime de ne plus sanctifier les mécanismes formels d’une démocratie incapable de nourrir ses citoyens. La Bolivie demeure en effet, malgré ses richesses et son régime parlementaire, le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud et l’un des plus injustes au monde quant à la répartition du revenu national. Avec un PIB/habitant inférieur à 900 dollars par an, la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du Sud, et les écarts y sont criants entre la petite minorité qui possède les mines, les gisements de gaz et les exploitations agricoles, et l’immense majorité amérindienne (Aymara, Quechua, Guarani et métis) qui représente les trois quarts des neuf millions d’habitants. Plus de 60% de la population vit avec moins de deux dollars par jour.

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