Bras de fer Bolivie Petrobras

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Lundi 4 septembre 2006 - 15:24

Je crois l’avoir dit dans plusieurs billets, la reprise en main des ressources naturelles de la Bolivie par ses habitants est une bonne chose si tant est, et a priori c’est bien l’intention de Morales, que les richesses ainsi produites enrichissent les plus défavorisés.
Je n’aime pas le côté folklorique de certaines décisions, cela m’inquiète, il est vrai qu’après trente ans passés dans ces pays j’ai connu un certain nombre de populistes, tel Abdala Bucaram, pour n’en citer qu’un, qui aurait pu être Bolivarien avant l’heure.
Je ne pense pas, non plus, que réunir des citoyens, après avoir invoqué la Pacha Mama, pour rendre la justice, puisse être considéré comme un progrès et une avancée démocratique.
Le problème général de tous ces pays c’est que les lois ne sont pas appliquées, du moins elles ne sont pas les mêmes, pour tout le monde et que généralement la justice est corrompue. Mais ces lois existent. On ne va pas réinventer l’eau tiède.
Mais revenons sur Petrobras. Les récentes déclarations de José Fernando de Freitas, cadre de Petrobras, à la presse, m’ont inquiété.
L’empire ici c’est le Brésil, il me semble l’avoir déjà dit. Les investissements de Petrobras dépassent le milliard et demi de dollars dans le pays, ce qui en fait certainement le premier ou second investisseur. Selon lui, les impôts payés par la compagnie représenteraient 25 % de la totalité des impôts recouvrés par le pays.
Après avoir indiqué qu’il respecterait les nouvelles données légales boliviennes et le dernier décret du 1 Mai portant sur la nationalisation il ajouta : dans ces conditions, nous continuerons d’exploiter sans investir un seul centime aucune marge ne pouvant être retirée d’un nouvel investissement.
À voir bien sûr, ce genre de déclarations fait partie des négociations en cours.
Mais en ce qui concerne les raffineries de Cochabamba et Santa Cruz il précisa, que bien sûr, si la Bolivie voulait prendre 51 des actions, elles seraient cédées au prix du marché, à une condition cependant que la gestion technique, la production, les ressources humaines restent aux mains de Petrobras. Dans le cas contraire, c’est 100% des raffineries qui seraient transférées à l’Etat.
Et là est tout le problème de la Bolivie, j’en ai déjà parlé. Ce n’est pas chez les amis politiques de Monsieur Morales, ni dans le peuple Aymara que l’on va trouver les techniciens et les ingénieurs qui manquent. On le voit au niveau de tous les ministères, de la bonne volonté il y en a, des résultats aucuns, car personne n’a été formé pour prendre et faire appliquer des décisions.
Le transfert de la production énergétique devrait se faire petit à petit avec une obligation de formation de la part des entreprises de telle sorte que la gestion et la production puissent être contrôlées à terme par le pays sans risque d’une faillite géante.
Sur un plan régional, les décisions de Petrobras ont de fortes répercutions sur le développement de l’Argentine. Les contrats d’approvionnement en gaz ne pourront être respectées, mettrons donc l’industrie du pays en danger tout comme celle du Chili qui dépend du bon vouloir argentin pour son approvisionnement.

Les nationalisations boliviennes dans la tourmente
Le 1er mai, une escouade de soldats investissait les deux principaux champs de pétrole de Bolivie, sous l’ordre du président Evo Morales qui annonçait ainsi son intention de nationaliser les hydrocarbures dans un délai de 180 jours. Quatre mois se sont écoulés et le dossier est au point mort. L’entreprise nationale YPFB (Yacimientos Petroliferos Fiscales Bolivianos) avait deux mois pour reprendre la main sur la production, le prix de vente, et les clients à l’exportation, elle en est incapable.

Latinanews : Business Europe - Amérique Latine Import-Export / Home Page
Par ailleurs, les négociations - censées être achevées à la fin du mois d’octobre, avec les entreprises pétrolières reconnaissant le principe de reversement de 82% des bénéfices à l’état bolivien n’avancent pas aussi vite que prévues. À ce sujet, la Brésilienne Petrobras indiquait la semaine passée que les négociations étaient paralysées pour des raisons à attribuer au gouvernement bolivien.

Alors bien sur, les problèmes sociaux se multiplient, la semaine passée, le gaz ne parvenait plus en Argentine du fait d’une grève locale.

HNS-info : Bolivie : Grève et radicalisation
la COB (Central Obrera de Bolivia - Centrale Ouvriere de Bolivie) appellait a manifester, lundi 29 septembre, a La Paz. Des huit heures du matin, la tension etait visible dans l’Alto, cette ville jumelle de La Paz, situee en hauteur, qui concentre la majorite des habitants modestes de l’agglomeration pacenienne. Pourtant, le calme regnait, du moins jusqu’a qu’un groupe de “cholitas” (femmes indiennes), armees de batons, ne forcent toutes les echoppes a fermer, menacant de mettre a sac les vendeurs recalcitrants. La manifestation ne commenca qu’apres fermeture totale du marche, la foule descendant peu a peu jusqu’a La Paz pour y crier ses slogans : “Ni Perou, ni Chili, le gaz pour la Bolivie !”.

Il me semble, au moins dans ses discours, que faute de réalisations, Morales multiplie les promesses pour calmer sa population. C’est ce que j’appelle la fuite en avant.
Les leaders de ce style, avec de telles promesses perdent rapidement leur popularité. Certains pensent que 60 % c’est encore beaucoup, et quelque part c’est vrai, mais 20% de perte en trois mois c’est pas mal non plus. En Amérique Latine les popularités peuvent s’effondrer du jour au lendemain.
Voilà pourquoi je suis inquiet, même si Monsieur Morales pense qu’il pourrait trouver des aides du côté de la Chine, de l’Iran ou de n’importe quel autre pays. En matière énergétique, tous les pays sont des prédateurs.
Mais laissera-t-on Evo Morales mettre un moratoire en place, a-t-il du temps devant lui. Aujourd´hui ses promesses sont son pire ennemi.

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Un commentaire pour “Bras de fer Bolivie Petrobras”

  1. Francis a dit:

    Patrick, il ne vous a sans doute pas echappe que Evo Morales avait decide de se passer des conseils de Hugo Chavez en matiere de petrole et s`est rapproche de l’entreprise publique norvegienne. C’est peut-etre un signe du retour au principe de realite. Du moins, je l’espere…

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