Buenos Aires a le blues

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Jeudi 12 juin 2008 - 11:56

Las heras

L’activité est au ralenti, le moral des ménages en baisse, les restaurants ne font plus le plein. On se demande quand se terminera cette longue confrontation entre ce qu’on appelle le campo (les agriculteurs et les éleveurs) et le gouvernement.
Sauf quelques-uns. J’étais un peu curieux de savoir ce que pensait vraiment une de mes connaissances, gros investisseur et financier important.
Il était un peu évasif quand même, il fallut 3 ou 4 verres d’un excellent malbec pour connaître le fond de sa pensée.
— On va vers une concentration plus grande, me dit-il, les plus petits propriétaires vont devoir louer leurs champs aux pools de soja. Pour moi et mes amis, c’est une bonne chose, on va augmenter nos profits.
De toute façon, nous, on n’achète rien. On loue les terres, pour l’exploitation on procède par appel d’offres, plus la surface est grande et moins on ressent les coûts fixes. Le jour où ce ne sera plus rentable, on trouvera autre chose.

On m’aurait donc menti, pensais-je ? Encore un gouvernement « progressiste » qui fait le bonheur du grand capital.

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10 commentaires pour “Buenos Aires a le blues”

  1. Cordobés a dit:

    C’est tout à fait vrai. On va vers plus de concentration. Je travaille dans l’agro, et j’ai déjà entendu ce commentaire plus d’une fois. Les grands groupes ne souffrent pas autant que les petits et les moyens en ce moment. La politique de rétention met avant tout la pression sur les petites et moyennes exploitations. Si le mouvement des agriculteurs est encore plus fort dans la province d’Entre Rios, c’est parce que les terres n’y sont pas aussi généreuses que celle de la pampa humide, et les producteurs de cette province ressentiront encore plus les effets des rétentions mobiles.

    Les K et leurs acolytes n’y connaissent absolument rien aux réalités du secteur agricole…Je ne pense pas qu’ils aient voulu favoriser les grands groupes, c’est juste un effet secondaire de l’application des rétentions mobiles qu’ils n’avaient pas prévu.

    Bs As a le blues…je n’en doute pas…mais dans l’Interior ça n’est guère mieux…Gasoil introuvable, routes coupées tous les 20km…le finde largo est foutu pour la grande partie d’entre nous.

    Pendant ce temps là, l’agrobusiness brésilien vient de battre son record d’exportation mensuel au mois de mai: US$ 7.5 Milliards. ils ont habilement récupérés les clients des argentins, fatigués d’avoir à gérer les pitreries populistes de la Casa Rosada.

  2. SanchoPancha a dit:

    L’Uruguay aussi se frotte les mains. Comme les K ont des interets la-bas, de la a penser que … mais non, ce serait me semble t il leur donner une intelligence qui me semble bien absente. Quant au soja, les prix ne sont pas prets de baisser avec des conditions climatiques difficiles sur les pays producteurs, un stock historiquement bas et une croissance attendue de la demande entre +3 et 6% sur les 5 prochaines annees. Donc plus on peut attendre et speculer mieux c’est. Bien sur, la taille aide pour cela.

  3. Patrick a dit:

    Cordobes, si tu veux laisser un article sur le campo et les rétentions mobiles sur ce blog, bienvenu

  4. Patxi a dit:

    Encore un gouvernement « progressiste » qui fait le bonheur du grand capital…
    Valide au Venezuela, pour le grand capital national qui n’a jamais eu aussi peu de concurrence et autant de facilite a se dorer les couilles de jus d’or et d’argent blanc finement asperge…
    ra la la, si les bonnes ames europeennes savaient ce qu’il se trame chez las K comme chez les Chavez..

  5. Patrick a dit:

    tu as raison, j’oubliais de dire capital national
    Putain le nationalisme…
    national socialiste, ça ne te rappelle rien ?
    Bref, les entreprises étrangères de services publics devaient être nationalisées, elles sont simplement passées aux mains d’amis du pouvoir, amis ou prête-noms, difficile à cerner.
    Et pendant ce temps-là, Hebe de Bonafini psalmodie Hare Kirchner, Hare Kirchner
    Le monde à l’envers

  6. Stéphane a dit:

    > Encore un gouvernement « progressiste » qui fait le bonheur du grand capital…

    Il est grand temps de se rendre compte que depuis 30 ans, partout dans le monde, les mouvements dits “progressistes” ne sont que les alibis sociétaux du grand capital. La seule opposition pertinente au néolibéralisme (qui incarne lui-même aujourd’hui l’esprit progressiste car toujours en quête de changement, de croissance, de mobilité, d’abolition des frontières, d’avancées sociétales détruisant les traditions) est une contestation qui intègre une forte dose de conservatisme afin de lutter contre l’union sacrée des progressistes d’hier, aujourd’hui définitivement ralliés au libéralisme et au mondialisme, avec les libéraux de droite, éternels profiteurs et destructeurs des peuples.
    Vu d’ici (la France)et par les gens qui pensent comme moi , votre gouvernement n’a de péroniste que le nom (comme en France le Parti Socialiste n’a plus rien de socialiste) et nous apparaît comme purement et simplement libéral et adepte d’un mondialisme inféodé aux Etats-Unis. Son prétendu libéralisme de gauche n’est qu’une farce et ce sont toujours les mêmes, les petites gens, qui en subissent les conséquences.

    Cordialement,
    Stéphane

  7. Stéphane a dit:

    > le grand capital national qui n’a jamais eu aussi peu de concurrence

    qui n’a jamais été aussi peu pillé par le grand capital apatride qui s’accapare d’ordinaire les richesses nationales. Quant aux vertus de la concurrence, le problème c’est que dans un un système libéral et financier la concurrence à terme n’existe plus du fait des concentrations de pouvoir et de capita,l et qu’on retombe dans les mêmes travers d”un capitalisme monopoliste d’Etat qui en l’occurence aujourd’hui est un capitalisme monopoliste mondialisé. C’est une histoire d’échelle. Aujourd’hui, c’est un genre de soviétisme planétaire qui est en train de s’installer.
    L’important est donc dans un premier temps d’en revenir à des protections (un protectionnisme si vous voulez) nationales mais bien sûr tout dépend qui tient les rênes de cette économie nationalisée. Le problème est moins une question de système

    - bien qu’il faut être aveugle pour ne pas voir que la seule opposition à un système mondialisé et financiarisé est de revenir à des économies plus nationales et locales (produire localement, consommer localement), à un capitalisme plus familial et industriel (châpeauté par un Etat fort qui dicte les règles) -

    que la question des hommes et des institutions qui sont derrière le système.

    Je ne sais si l’administration Chavez au Vénézuela pille son peuple, je constate qu’ils ont au moins fait une partie du chemin dans le bon sens en supprimant en partie la main mise des multinationales apatrides sur les richesses du pays et en reprenant en main la direction de l’économie. Maintenant reste à savoir ce qu’ils font de ces richesses désormais aux mains de la nation vénézuellienne.

    Il faut bien comprendre que la grande différence entre un régime nationaliste et un régime internationaliste (mondialisé) dans lequel le secteur privé et le libéralisme pseudo-concurrentiel règnent (dans une sorte d’anarchie dans laquelle prévaut la liberté du renard libre dans le poulailler libre), c’est que dans le premier cas, même si cela peut rester théorique, le peuple a son mot à dire et peut exercer nationalement, et avec des leviers institutionnels, une pression sur le gouvernement. Dans le second cas, les gouvernements ne sont que des fantôches au services des multinationales et qui n’ont plus qu’une influence mineure sur la gestion du pays (généralement cela se cantonne à la fonction régalienne de la police - puisqu’il faut bien protéger la propriété privée et pallier à toute velléité de révolte dans un système de plus en plus injuste - le gouvernement est alors un prestataire de service à la solde des multinationales apatrides qui leur offre sur un plateau un peuple docile et encadré). Et allez donc me dire comment un peuple fait pour lutter contre ça : un capitalisme dématérialisé, des entreprises avec des décideurs répartis sur tout le globe, des industries qui sont aux mains d’actionnaires apatrides et qui menacent à tout moment de se délocaliser, une économie régie par des organismes internationaux (FMI, OMC). L’ennemi contre lequel on se bat est alors invisible et insaisissable. Tant qu’à la tête d’un pays n’existe pas une volonté forte de redonner au pays sa souveraineté nationale et sa liberté de choisir son destin (liberté des peuples à décider d’eux mêmes), alors il n’ y a pas de solution, la nation subira toujours les effets dévastateurs du mondialisme car ce seront toujours les mêmes (une poignée d’oligarques) qui décideront pour tout un peuple. Voilà pour quoi seul un gouvernement national-populaire et autoritaire peut dans le contexte lutter contre l’anarchie mondiale, à condition de mettre les bonne spersonnes à sa tête (et là c’est un autre problème qu’il aut régler, celui de la démocrati face à la télécratie et à la propagande).

  8. Patrick a dit:

    Une autre manière de ressortir des placards la théorie du despote éclairé.
    Hum…

  9. Stéphane a dit:

    Je ne pensais pas à ça. Je disais que tout idéal politique peut être dévoyé par ceux qui ont été élus pour l’appliquer. Donc en dernière instance, quel que soit le système politique, il y a derrière lui des hommes. Donc dans le contexte actuel 2 solutions : ou bien ces hommes sont des modèles de probité et si tu y tiens “des élites éclairées” et des contre-pouvoirs existent pour les inciter à ne pas trahir la confiance que l’on a mis en eux ,ou bien ils se conduisent justement en despotes, anihiant tout contre-pouvoir, et pour le coup je te rejoinds sur le concept fumeux et contradictoire dans les termes de “despote éclairé”.
    Pour qui a une phobie rabique de toute autorité étatique (est-ce ton cas ?), existe une autre solution, utopique car les conditions objectives actuelles ne la rende pas possible, qui serait de lorgner du côté du collectivisme, de l’abolition de la propriété privée des moyens de production ou de l’autogestion. Seulement, un : c’est prématuré ; deux : ça se passe jamais sans du sang et des larmes. On peut donc raisonnablement écarter cette solution à moins que le système ne devienne si terrible qu’il faille, en dernier instance, en passer par là.

    Ainsi, ayant me semble-t-il suggéré que la première solution avait mes faveurs, soit je n’ai pas été assez clair soit tu m’as mal compris car je n’ai pas du tout fait l’apologie du despote éclairé mais du chef de l’Etat volontaire et intègre (modèle de plus en plus rare dans un monde où ce sont pour le coup des despotes pas éclairés du tout qui tiennent le manche).

    Je crois que tu confonds autoritarisme volontariste et totalitarisme oligarchique en fait. J’aimerais bien savoir quel modèle à l’échelle nationale te semble le plus adapté pour lutter contre le mondialisme et la dérive financiariste de l’économie (libéralisme individualiste encore plus poussé- qui serait soit dit en passant une sorte de libertarisme anarchique-; socialisme libéral - position intenable qui mène à terme à à l’individualisme libéral (cf. les partis socialistes convertis au libéralisme financier)-collectivisme étatique, holisme communautarien, national-populisme ? ou un système hybride et singulier à définir comme a pu l’être par exemple le vrai péronisme de la décennie 45-55 ? un autre genre de “troisième voie” ?) étant entendu que te considérant à priori comme un honnête homme, tu envisages la perspective de la défense du bien commun et de l’intérêt général de ton peuple (et non pas la défense des intérêts d’une oligarchie financière désormais apatride).

  10. Patrick a dit:

    Stéphane, je vous réponds ici :
    http://blog.argentine-news.com/la-directive-retour-est-une-directive-de-la-honte-par-evo-morales-3934.htm#comment-166355

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