Carlos Fuentes
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Un article du journal La Naciòn, interview de Carlos Fuentes, a attiré mon attention ce matin. Si vous lisez l’espagnol, le lien est ici.
Si vous ne connaissez pas cet auteur Mexicain, j’ai repris sur Wikipedia les éléments essentiels de sa vie et de son oeuvre :
Carlos Fuentes Macías nait en 1928 à Panama. Ses parents étaient diplomates. Il partage son enfance entre Quito, Montevideo, Rio de Janeiro, Washington, Santiago du Chili et Buenos Aires. Adolescent, il retourne vivre au Mexique où il fait des études de droit à l’Université de Mexico. Il les poursuit à l’Institut des hautes études de Genève. Il est le père de l’artiste Carlos Fuentes Lemus.
Après ses études, il travaille pour l’État mexicain, en temps que membre de la délégation mexicaine auprès de l’Organisation internationale du travail, chargé de la presse auprès du ministère des Affaires étrangères. Il devient ambassadeur en France en 1974. Sa carrière est desservie par son engagement politique très marqué à gauche.
Il a fondé la Revue mexicaine de littérature en 1955 avec Octavio Paz et la maison d’édition Siglo XXI. Il a enseigné dans des universités des États-Unis comme celles de Princeton, de Brown, de Harvard et de Cambridge (en Angleterre).
Il commence par écrire des nouvelles et publie ainsi Jours de carnaval en 1954. Il publie son premier roman en 1958 La Plus Limpide Région qui critique la société mexicaine. Il poursuit son oeuvre avec d’autres romans comme Le Chant des aveugles, Peau neuve, Terra Nostra, La Tête de l’hydre et Le Vieux Gringo qui lui offrent une renommée internationale.
Il a également écrit pour le cinéma avec le scénario de La Chasse à l’homme pour Bunuel d’après un roman d’Alejo Carpentier et pour le théatre avec Le borgne est roi
Il a écrit des essais critiques comme La Maison à deux portes et Cervantès ou la Critique de la lecture ainsi que des essais politiques comme Temps mexicain. Ses essais sur la politique et la culture paraissent également dans le journal espagnol El País. Il est un critique virulent de l’impérialisme culturel et économique des États-Unis d’Amérique, en particulier vis-à-vis de l’Amérique latine.
Son roman Terra Nostra a obtenu en 1977 le prix Romulo Gallegos, la plus haute distinction littéraire d’Amérique latine. Carlos Fuentes a reçu en 1987 le prix Cervantes pour l’ensemble de son œuvre.
Romans, essais, théâtre et recueils de nouvelles
(Entre parenthèses les traductions des titres non publiés en français.)
* Los días enmascarados (1954) (Les jours de carnaval)
* La región más transparente (1959) La plus limpide région
* La muerte de Artemio Cruz (1962) La mort d’Artemio Cruz
* La nueva novela hispanoamericana (1969) (Le nouveau roman espagnol-américain)
* Zona sagrada (1967) Zone sacrée
* Cambio de piel (1967) (Le changement de peau)
* Cumpleaños (1969) (L’anniversaire)
* El tuerto es rey (1971) Le borgne est roi
* Diana o la cazadora solitaria (1972) (Diane ou la chasseresse solitaire)
* Terra Nostra (1975)
* Agua quemada (1981) (L’eau brûlée)
* Orquídeas a la luz de la luna (1982) Des orchidées au clair de lune
* Gringo viejo (1985) Le vieux gringo
* Cristóbal Nonato (1987) Christophe et son œuf
* Ceremonias del alba (1991) Les cérémonies de l’aube
* El naranjo o los círculos del tiempo (1993) L’oranger
* Los años con Laura Díaz (1999) Les années avec Laura Díaz
Dans cet interview que certains ne pourront pas lire, j’ai relevé deux réponses qui m’ont particulièrement interessées.
La première est définitivement culturelle, et concerne la difficulté de comprendre la culture sud-américaine, et à l’intérieur de cette entité culturelle, celle de chaque pays :
Son ami Gabriel Garcia Marquez lui dit un jour : À chaque fois que j’ai du mal à comprendre que j’ai du mal à comprendre la réalité Mexicaine, je vais au Musée d’Antropologie et je me plante devant la statue de la déesse Axtèque Coatlicue. C’est une déesse sans tête, faite de serpents et de têtes de morts. Les dieux mexicains disent : nous ne sommes pas comme vous, nous ne vous ressemblons pas. Regardez, des serpents, des têtes de mort, des mains lacérées, des corps sans tête.
C’est ainsi que Gabriel Garcia Marquez arrive à comprendre la réalité mexicaine.
Le réalisme magique, c’est ce qu’il vous faut comprendre.
La deuxième réponse concerne la politique. Je sais que je vais encore me faire quelques ennemis de plus. Mais l’aveuglement des gens qui ne comprennent pas ce réalisme magique me glace le sang de temps en temps.
A la question que pensez-vous d’Hugo Chàvez, Carlos Fuentes répond :
Ce n’est pas un homme de gauche. c’est un fasciste, un menteur, un phénomène passager. Il est en train de mener le Venezuela à la ruine en gaspillant l’argent du pétrole. Les routes principales du pays s’effondrent par manque d’entretien. C’est un démagogue, une espèce de perroquet tropical. Il essaie de détruire ce qu’il restait de la démocratie vénézuélienne, le peu que les partis politiques précédents ont laissé, mais il sera chassé par la société vénézuélienne, que j’estime énormément, et que je vois mal dirigée par ce gorille pour toujours.
