Casa De Piedra, un petit village tout neuf

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D’après un texte de Franco Varise, La Nacion, photos d’Alfredo Sánchez.

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C’est la Pampa. Un chardon russe, vous savez ces boules végétales qui traversent les rues dans les westerns, franchie la rue en roulant vers nulle part. Sur son passage il s’accroche à un rosier rachitique qui a bien du mal à survivre dans cette pampa aride. Une scène classique et quelque peu atypique dans ce paysage stérile. C’est l’image même du projet Casa De Piedra. Le village le plus récent de l’Argentine.
Il est situé dans la zone la plus inhospitalière du sud-ouest de la Pampa, sur la route nationale 152, à 984 km de Buenos Aires. Cela ne fait pas encore un an que l’inauguration des premiers bâtiments publics a eu lieu, il n’apparaît pas encore sur les cartes. La terre se cotise ici à un peso le m2 (0,21 €, cela dit les dernières ventes se seraient faites à 15 pesos) comme base d’enchère et tout le monde sait que c’est une fantaisie, un rêve un peu fou du Gouverneur de la Province Carlos Verna. Le village s’est construit avec une financiation de la Province et fut réalisé bien avant qu’une seule âme s’y installe, bien avant que quiconque puisse avoir cette idée saugrenue.

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Une route d’une monotonie implacable sert cet endroit. Villa touristique Casa de Piedra, c’est ce qu’on lit sur des panneaux publicitaires en y arrivant. On ne sait pas bien encore si l’idée tient du délire mégalomane de la politique locale ou d’un trait de génie visionnaire. Il faut voir les constructions avec leurs toits verts qui s’érigent fébrilement, le village qui s’étend chaque jour un peu plus pour border un lac artificiel de 36.000 hectares, issu de la construction d’une digue sur le Rio Colorado, peut-être la clé du succès touristique.
Pour l’instant, ils sont 56 à y vivre de manière définitive. Il y a deux policiers de La Pampa, 3 agents de la préfecture et un médecin, une femme.

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Ils ont tous leur histoire. Un passé, un présent et un futur qu’ils pensent — ont-ils raison ? — être lié à l’avenir de Casa de Piedra, un endroit difficile, isolé entouré de jaramilla, alpataco et piquillín. (cette végétation petite, basse et trapue particulière de La Pampa)
— Quand nous avons commencé, nous étions très peu et on disait que nous étions fous, commente Pablo Oscar Ottone, 24 ans. Mais je m’imagine tout cela magnifique dans quelques années. Si tout va bien, je pense rester. Son fils, Pablo Geremias, 3 mois, le premier nés du village que son épouse Anabela de 19 ans déjà mère d’une petite fille de 3 ans tient dans ses bras deviendra-t-il le symbole de ces pionniers du XXIe siècle ?
À voir, cela risque aussi de devenir une coquille vide, un de ces villages fantômes du vieil ouest américain.
En fait, tout dépend de la manière dont vont se développer les plantations. 160 espèces de végétaux ont été plantées. Roses, palmiers, bambous, que sais-je encore. 12.000 plans qui subsistent difficilement grâce à un réseau d’aspersion au goutte-à-goutte. Prendront-ils, donneront-ils vie au projet dans ce désert qui reçoit d’une manière plus qu’épisodique à peine 100 millimètres d’eau par an.
Espoir, obsession, ils en rêvent certainement toutes les nuits.

Un commentaire pour “Casa De Piedra, un petit village tout neuf”

  1. pasinul a dit:

    Et pourquoi pas ?

    Si les hommes ont un but dans la vie, ils construisent des montagnes (à condition que les deux policiers de La Pampa et les 3 agents de la préfecture ne soient pas corrompus).

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