Archive pour la catégorie 'Culture - Idiosyncrasie'

05
mai

J’aurais tellement préféré qu’on dise autochtone

À part cela l’article est intéressant.

La Bolivie destabilisée par les séparatistes
Opposée au gouvernement, la riche Santa Cruz mène la lutte séparatiste des provinces les plus prospères. Sur le banc des accusés, la réforme agraire du premier président indigène Evo Morales.[…]

Indigène : Plus généralement, son emploi dans le domaine des sciences sociales et historiques a longtemps eu (et a parfois encore) en français une connotation péjorative liée à l’évolution sémantique qu’il connut durant la période coloniale. Familièrement un indigène désignait « un individu non civilisé » ou « qui n’était pas citoyen à part entière de la nation »
Ou encore :
Qui est originaire d’un pays outre-mer et qui appartient à un groupe ethnique qui existait avant la colonisation.

24
avr

Rideau de fumée

S’il est vrai que lorsqu’on a pas parlé ensemble depuis plus de 5 ans les retrouvailles sont compliquées, il faut bien reconnaître lorsqu’on a pas l’intention de faire la moindre concession s’assoir à une table de négociation est tout à fait inutile.
C’est l’impression que donnent le gouvernement et les associations d’agriculteurs en ce moment, sans parler des agressions verbales et presque physiques qui ont lieu.
Et puis il y a les incendies dans le Delta qui conjuguent l’irresponsabilité des uns et l’incapacité des autres. Irresponsabilité pour pratiquer de l’écobuage dans ces conditions (joli nom pour ce qui fut assurément au départ de la provocation), incapacité à éteindre les incendies (plus vraisemblablement du laisser-faire).
Curieusement, alors que la situation s’était améliorée en fin de semaine, les incendies ont repris. Un peu plus loin. D’un côté, on parle de sabotage et d’insurrection de l’autre on se demande à qui profite le crime.
Intéressante question, posez-la vous aussi dans la rue, vous serez surpris par les réponses qui vous seront données.
Un rideau de fumée qui cache l’essentiel des problèmes actuels.

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20
avr

La tarte aux coings

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C’est un des plaisirs de cette ville. Les petits artisans qui vous font des plats comme ceux que votre arrière-grand-mère avait déjà oubliés.
Elle s’appelle Romina, elle vend ses produits dans une petite échoppe, c’est bon, c’est frais, c’est pas trop cher.
Il y a plein de Romina en Argentine. Pour combien de temps ?
Le plus longtemps possible.

16
avr

Betinoti, el payador

L’Argentine d’avant 1856 était un ensemble de provinces où les gauchos vivaient librement, faisant principalement de l’élevage de bétail dans les vastes territoires de la pampa.
Le gaucho peut rencontrer un payador sur son chemin. Le payador est souvent décrit par les historiens comme un mélange de troubadour et de journaliste itinérant qui parcourt la pampa avec sa guitare. Il va d’une estancia à l’autre en emportant les nouvelles du pays, qu’il improvise sous forme de longues complaintes sur un rythme de milonga s’il est très habile à la guitare, ou sur un rythme de cifra s’il n’a pas beaucoup de technique et s’il a besoin d’une forme plus libre pour raconter ses histoires.
Le payador a les mêmes goûts, les instincts, les passions du gaucho; il exprime ses idées, il traduit son opinion, il s’identifie complètement à lui. Il est le journaliste de la pampa, un journaliste libre et indépendant comme le gaucho.

Au début du siècle, le payador, homme libre qui ne fait pas de compromis politique, deviendra anarchiste avec José Betinoti, un ouvrier de Buenos Aires qui, durant toute sa courte vie, improvisera, mais aussi écrira sur des milongas des chansons que chantera Carlos Gardel.

Le payador aura été, pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, le témoin sceptique du progrès, de la mise sous tutelle du pays par les Britanniques, des mésaventures de milliers d’immigrants et de gauchos floués par l’histoire et par les grands propriétaires terriens. Le payador léguera au tango sa forme de chronique. Il en aura aussi fixé les grands thèmes: solitude de l’homme déraciné et sans paysage, amertume du laissé-pour-compte.

payador.jpg

Paroles: Homero Manzi
Musique: Sebastián Piana

En el fondo de la noche
la barriada se entristece
cuando en la sombra se mece
el rumor de una canción.
Paisaje de barrio turbio
chapaleado por las chatas
que al son de cien serenatas
perfumó su corazón.

Mariposa de alas negras
volando en el callejón
al rumorear la bordona
junto a la paz del malvón.
Y al evocar en la noche
voces que el viento llevó,
van surgiendo del olvido
las mentas del payador

……………………
Estrofa de Betinoti
rezongando en las esquinas.
Tristezas de chamuchina
que jamás te olvidarán.
Angustias de novia ausente
y de madre abandonada
que se quedaron grabadas
en tu vals sentimental

Y la noche de los barrios
prolongó un canto de amor
animando tu recuerdo,
¡Betinoti, el Payador¡

07
mar

Dul expose

petiterue.jpg

Dul avait organisé une exposition de ses photos dans un endroit caché des yeux des touristes, dans le microcentro, à deux blocs de l’obélisque. Muni d’un gilet pare-balle et d’une balle de baseball nous nous y sommes rendus avec ma p´tite chérie. Il faisait sombre, la rue avait des airs de tango.
dul.jpg
Il était content l’ami Dul. Il a raconté l’histoire de chacune de ses photos. “Ce jour-là, après la messe, j’ai décidé de voir si les cormorans avaient assez à manger”… Je plaisante, c’était très intéressant. lafoule.jpg
Il suffit de voir les visages dans l’assemblée pour comprendre que la passion qu’il mettait à dire la manière et les circonstances dans lesquelles avaient été prises ses photos se transmettait aux spectateurs. Sauf Clément, à gauche sur la photo, qui, comme d’habitude, faisait le pitre.
En plus, je ne suis pas un cafteur, mais la petite dame en jaune sur la droite, était dans un état d’excitation avancée, je ne dirais rien de plus. L’arrivée tardive de Madame Dul avec le nouveau né a calmé l’intrigante.
danslarue.jpg
Pendant ce temps là, en bas dans la rue, un maquereau local attendait son gagne-pain en discutant avec le patron d’un estaminet qui vendait des sandwichs aux clients de passage

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les photos était belles, le vin était bon, je vous laisse sur une d’elle que j’ai particulièrement aimée.
L’adresse :
Fotoclub Argentino
Talcahuano 342 1º 14

25
fév

Fidel Castro et le péronisme

Un article de Rosendo Fraga a attiré mon attention cette fin de semaine. Il complète à merveille ce que je vous disais sur Carlos Julio Arosemena dans un de mes derniers billets. Avant de se tourner vers le communisme, Fidel Castro était un nationaliste convaincu. Il avait en outre reçu une éducation jésuite complète. Naturellement, quand le Général Perón se mit en tête de créer une structure latino-américaine pour diffuser sa pensée, le jeune Castro fut un de ses partisans les plus enthousiastes. Son frère Raoul, par contre, fut toujours communiste.

Antonio Cafiero a de maintes fois raconté comment Fidel a réussi à sauver sa vie grâce à la gestion de l’ambassade d’Argentine au Venezuela pendant la période du Caracazo, ces quelques jours pendant lesquels il était activement recherché par les forces de sécurité qui l’accusaient d’être un activiste et le promoteur des manifestations.

Même Che Guevara, malgré son antipéronisme, a plusieurs fois pu compter, pendant ses années de militance révolutionnaire en Amérique Centrale, avec la protection des ambassades argentines.

On comprend mieux ainsi la sympathie que Fidel Castro a toujours eue envers l’Argentine.

Rogelio Garcia Lupo, dans son dernier livre «Ultimas noticias de Castro y del Che» (Vergara 2007) cite les connections peu connues qui existaient entre Castro et le Che avec le péronisme au début des années 50. Intéressant de découvrir qu’à son arrivée au pouvoir à Cuba, à la fin des années 50, et avant de se tourner définitivement vers le communisme, nos deux compères, si je peux m’exprimer ainsi, étaient considérés comme étant l’expression idéologique et politique du péronisme.

Le communisme n’a jamais été populaire en Argentine bien que, ou peut-être parce que, le pays a toujours eu une image fortement négative des États-Unis. Pour Fraga la sympathie de Fidel pour l’Argentine et des Argentins pour Fidel est plus culturelle que politique ou idéologique.

Quand Kirchner a pris ses fonctions présidentielles, Castro, présent à Buenos Aires, fut acclamé par des dizaines de milliers de personnes devant la Faculté de Droit. Que le dernier des dictateurs sud-américains puisse recevoir ainsi cet enthousiasme populaire fut tout à fait incompréhensible dans le reste du monde.

Aujourd’hui, c’est Raul Castro qui prend le pouvoir. De manière paradoxale, dans ses jeunes années il était communiste alors que son frère Fidel penchait vers un nationalisme plein d’influences hispano franquistes reçues dans le collège de jésuite qui fit son éducation.

14
fév

Faut pas pisser sur la clôture

J’étais mort de rire hier matin en promenant mes chiens. Depuis les travaux, ils ne peuvent plus rentrer dans le parc. Un décret municipal affiché sur un panneau les en empêche. Un décret municipal qui ne dit pas ça, qui demande simplement aux personnes de ramasser les déjections de leurs chiens.
Et c’est bien normal.
Mais on n’a pas insisté, on a fait un procès à la ville et à la maréchaussée pour faire appliquer des lois qui n’existent pas. C’est qu’ils faisaient venir la force publique les gardiens du parc dès qu’un quidam entrait avec sa bestiole.
Je sais, ça vous surprend, faire appliquer des lois qui n’existent pas avec l’appui de la force publique vous n’aviez pas imaginé que cela puisse se produite.
Bien sûr on a gagné le procès, mais… il faut attendre que la municipalité veuille bien changer les panneaux. Sinon la maréchaussée intervient de nouveau.
Il y a longtemps que je me suis fait une raison, après tout si on ne peut pas faire respecter une règlementation qui existe, mais qui est dure à contrôler, autant en faire respecter une qui n’existe pas.
Alors, on tourne autour de la place et nos chiens lèvent la patte sur la clôture. Une belle clôture toute noire, toute neuve, qui a coûté la peau des fesses, les frais latins… vous savez !
Hier l’un des gardiens sort du parc et me dit :
— Monsieur, s’il vous plaît (très poli le garçon), je vous demande instamment de ne pas laisser vos chiens pisser sur les clôtures. Cela les abime et elles commencent à rouiller.
Je suis resté un peu surpris, je dois le reconnaître. L’envoyer paître me parut un instant être la meilleure solution, mais en réfléchissant, et en regardant ce type d’une vingtaine d’années qui ne faisait qu’obéir à des ordres crétins je pris le parti d’en sourire.
— De quel article municipal s’agit-il ? Vous donnez des cours ?
— Des cours de quoi ?
— Des cours pour apprendre aux chiens à ne pas lever la patte sur les grilles du parc.
Pendant ce temps-là, Jack, profitant de cet arrêt, levait la patte et arrosait allègrement la clôture.
— Mais regardez, me dit-il, poursuivant son idée, ça rouille de tous les bords.
Il ne restait plus qu’à hausser les épaules et continuer mon chemin. Il entreprit la même démarche auprès d’un autre promeneur.
Alors que je m’éloignais, j’écoutais le ton qui commençait à monter. Tout le monde n’a pas ma patience angélique.
Au deuxième tour de parc, il était toujours là, l’air abattu. Je lui fis un petit signe de la main.
— Vous avez été le seul à être aimable, me dit-il. Me mandaron todos a la mierda.
— Reconnaissez avec moi que ce sont des instructions un peu stupides.
Il avait les larmes aux yeux.
— SI vous saviez !
Mais je n’avais pas envie de savoir, j’ai continué mon chemin.

27
jan

Quino

Personnage à la Quino


Il y a des jours à Buenos Aires où on a l’impression d’être rentré directement dans une bande dessinée de Quino.




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