Archive pour la catégorie 'La dette'

12
déc

FMI et Club de Paris, le coeur de la discorde

Dominique Strauss-Kahn a rencontré hier les autorités argentines pour les inviter à renégocier leur dette avec le Club de Paris. 6,3 Milliards de dollars impayés depuis la crise et qui ont attendu vainement une proposition de refinancement durant la première période présidentielle de la famille Kirchner.
L’Argentine a deux solutions, payer en une seule fois comme elle l’avait fait avec le FMI (9 milliards) ou prendre avec ses créanciers réunis dans le Club de Paris des accords de rééchelonnement de cette somme.
En cas de rééchelonnement, l’aval du FMI est demandé.
Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers publics dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de nations endettées. La première réunion avec un pays débiteur eut lieu en 1956 lorsque l’Argentine accepta de rencontrer ses créanciers publics à Paris.
Strauss-Kahn se propose donc de participer à cette négociation et d’aider ainsi l’Argentine à sortir de ce problème financier qui a pour conséquence de bloquer l’accès de l’Argentine aux financements internationaux.
Pas mal de projets, TGV par exemple, restent suspendus à un accord avec le Club.
Sauf que… pour faire cela, le FMI doit appliquer l’article 4 de son règlement. Condition inacceptable pour l’administration Kirchner. Que dit donc de si terrible l’article 4 ?
Que tous les ans le FMI doit fournir une évaluation de tous les pays membres. En fait un audit qui porte sur les données économiques, sociales et institutionnelles.
Adieu mes beaux chiffres dit-on par ici. Adieu mes 7% de chômeurs, mes 8% d’inflation, mes 23% de pauvres !
C’est bien connu, on l’a entendu pendant les deux premières années du précédent gouvernement le FMI c’est le diable. Il vaut mieux solder des crédits à 4% d’intérêts quitte à se réendetter aux alentours de 10% auprès du Venezuela. Eux au moins ils ne viennent pas ouvrir les placards pour y trouver des cadavres ni soulever la moquette pour montrer la poussière avec le doigt.
Que va-t-il se passer ? En théorie, l’Argentine devrait payer comptant. Elle en a les moyens. En pratique, vous aurez noté que nous sommes en période de soldes en ce moment en Europe, surtout en France. On est capable de se boucher le nez, les oreilles et les yeux pour signer quelques milliards.
À mon avis, ils essaieront donc de se faufiler à travers la déliquescence des principes qui ont fait notre force et notre fierté naguère.
Ce ne sera certainement pas la pire de toutes les couleuvres que nous aurons à avaler, mais c’est un peu dommage pour les institutions par ici et surtout le bien-être économique des argentins qui risquent, une fois de plus, de vivre dans un mirage et se réveiller brutalement à l’intérieur d’un cauchemar qui ne sera rien d’autre que la triste réalité.

16
avr

L’Argentine conseillera l’Équateur pour la négociation de sa dette

bonos.JPG
Le FMI appuie fortement cette intervention, on les comprend. Les petits épargnants seront vraisemblablement les dindons de la farce, une fois de plus.
Dessin : Ibáñez - La Nación

21
mar

L’INDEC, l’inflation, la dette

L’Indec c’est l’institut national de statistiques chargé de calculer, entre autres, l’inflation. Les chiffres sont manipulés de telle manière que l’Argentin moyen a du mal à comprendre qu’on puisse lui dire que celle-ci fut de 10% l’an passé alors que ses dépenses, sans changer son mode de vie, ont, elles, augmenté entre 20 et 30%.
Les quelques fonctionnaires de cet Institut qui ont essayé de dire la vérité et de s’opposer à cette manipulation ont été virés sans sourciller.
Il faut comprendre les intentions réelles du gouvernement.
Aujourd’hui sur la dette totale comptabilisée à 129 milliards de dollars, 41,9% soit 54 milliards sont des bons de la dette libellés en pesos etalignés sur l’inflation. Laquelle ? celle qu’indique l’INDEC.
On comprendra aisément que lorsqu’on doit payer les intérêts à un prix fixé à “inflation plus 8%” par exemple on a intérêt à diminuer ce qui peut l’être. Ce sont ainsi des milliards qui échappent à ceux qui, reprenant confiance dans le développement du pays, ont accepté de le financer. Accepté est un bien grand mot, car généralement ces bons représentent ce qui a été chichement donné aux investisseurs lors de la renégociation de la dette.
Cette manoeuvre est-elle susceptible de regagner la confiance des investisseurs étrangers ? Je vous laisse répondre à cette question.

06
déc

N’importe quoi de préférence

Solidarité et Progrès - La consigne du nouveau Président équatorien : « La vie avant la dette »
Avant le deuxième tour, Rafael Correa avait rencontré Nestor Kirchner, saluant son attachement à servir l’intérêt général en obtenant une restructuration de la dette argentine.

Il y a vraiment des gens pour dire n’importe quoi, sans se soucier de la vérité du moment que ce qu’ils peuvent arriver à dire correspond à ce qu’ils aimeraient voir dans le monde.
Et on brode sur Kirchner, Correa, Lula et Cie, du moment que cela apporte de l’eau à un moulin dont la source semble bien sèche, on entretient le bon peuple, les bons sentiments et le double discours des populistes régionaux.
J’ai pris cela sur un site de soutien à la candidature de Monsieur Cheminade. Je n’ai rien contre lui, à vrai dire c’est la première fois que j’en entends parler.
La restructuration de la dette argentine, je l’ai répété plusieurs fois et je vais finir par me lasser, n’a pas été faite dans les conditions citée. Le FMI a été payé rubis sur l’ongle et par anticipation, les petits épargnants argentins et les caisses de retraite reverront 25 % de leurs avoirs qu’ils avaient placés en bons du Trésor d’ici 20 ou 30 ans. Il en est de même pour les petits épargnants allemands, italiens et japonais.
Il n’y a qu’une seule chose à souhaiter au peuple équatorien c’est que la restructuration de leur dette ne se fasse pas comme elle a été baclée en Argentine !

18
sept

En ces temps populistes et bolivariens

Je viens de relire un article de Jean-Jacques Kourliandsky que j’avais mis sur ce blog: RACQUET CLUB.
Il date de 2004 mais est plus que jamais d’actualité.

07
juil

Les fonds de pension, une fois de plus

Je l’ai dit plusieurs fois ici, lorsque l’Argentine a renégocié sa dette, « si brillamment » comme le disent certains, ce sont les fonds de pension des Argentins qui ont été le plus touchés.
Le FMI et les autres organismes internationaux furent, par contre, payés rubis sur l’ongle et la dette des entreprises argentines pesifiée. Une fois plus ce fut un transfert de richesse des plus pauvres aux plus riches. Longue habitude argentine depuis Martinez de Hoz et Cavallo.
Une grande réussite de Nestor Kirchner et de son ministre des Finances.
Alors qu’aujourd’hui les argentins voient peu à peu le montant constitué pour leur retraite se refaire petit à petit, il avait été écorné de pas moins de 75 %, l’Etat vient de demander de manière comminatoire aux fonds de pension de se substituer aux entreprises de services publics, virés ces derniers temps, car sans augmentation de tarif elles ne pouvaient plus investir, en finançant ces travaux.
Quand on connaît la surfacturation des entreprises de travaux publics et la gourmandise de ceux qui les contractent, il y a peu d’espoir pour un bon retour d’investissement.

21
nov

Kirchner à la recherche d’un appui financier au Venezuela

etudiantsPas facile de se mettre tout le monde à dos et de résoudre les problèmes économiques les plus pressants. Les organismes de crédit internationaux demandent tous des réformes structurelles en Argentine, sécurité juridique et renforcement des institutions.
Malgré l’appui inconditionnel de l’Espagne, Nestor Kirchner sait qu’il n’obtiendra pas d’accord avec le FMI ou même le Club de Paris sans que ces conditions soient remplies, d’autant que ses gesticulations inutiles lors de la visite de Bush viennent de placer ce dernier, pour la première fois, dans le camp des opposants.
Ses rapports avec ses voisins du Mercosur sont aussi sujets de conflits permanents, dus à des accords douaniers non respectés, un taux de change favorisant les exportations argentines et un protectionnisme d’un autre âge.
Le Brésil de Lula aurait pu être le soutient naturel du pays, mais cela n’a pu se faire pour des raisons diverses et variées souvent dues au populisme effréné et à l’orgueil du Président Argentin.
Kirchner va donc essayer de faire entrer le Venezuela dans le Mercosur afin de palier à l’influence trop importante à ses yeux du Brésil. Il essaiera aussi de faire souscrire à Chavez 3 milliards de dollars de bon du Trésor : 300 millions de suite et le reste l’an prochain afin de pouvoir régler les échéances du FMI.
De nombreux accords commerciaux devraient aussi se signer, du pétrole, du gaz, des machines agricoles, les entreprises argentines présentes au Venezuela sont nombreuses.
Le président sera accompagné de sa troïka habituelle, les deux Fernandez et De Vido. Pendant ce temps à Buenos Aires, Roberto Lavagna, ministre des Finances, essaie en vain de lutter contre l’inflation dans un pays qui continue de croître fortement pour le profit essentiel de ses entreprises qui ne produisent pas suffisamment dans un marché en expansion, mais qui continuent à réclamer une forte protection douanière face à la concurrence des pays voisins, en particulier du Brésil.

25
août

J´aime bien Rodolfo Terragno

C´est le seul homme politique honnête que je connais dans ce pays. Cela ne veut pas dire qu´il soit le seul, il m´en reste encore 2 ou 3 que je ne connais pas.
A-t-il des chances, un jour, d´arriver au pouvoir ?
Aucune !
D’ailleurs, bien mal lui en prendrait, car un homme honnête ne suffit pas, il lui faut une équipe, avec les mêmes aspirations. Et là, bonjour les dégâts, regardez ce qui se passe au Brésil et vous comprendrez.
C´est bien dommage, car outre le fait d´être honnête c´est certainement, aussi, le mieux préparé pour assumer les responsabilités suprêmes.
Monsieur Terragno vient de publier un dernier ouvrage ¨
“La Simulación – Argentina y el FMI: dos décadas de mentiras y autoengaños”
En résumé il y dit les choses suivantes :
Kirchner ne leur a jamais demandé un sou de crédit.
Il a payé rubis sur l´ongle tout ce qu´il devait, même ce qui pouvait être repoussé.
Il a accepté toutes les conditions du FMI, sans qu´il n´y ait une manifestation en Argentine, le peuple étant persuadé par ses discours et invectives que le président les a mis à genoux.
Les travailleurs ont vu se réduire de 65 % leurs apports aux caisses de retraite alors que le FMI est considéré comme un créancier privilégié.

Si vous avez lu ce blog depuis un an et demi, c´est exactement ce que je m´escrime à vous dire. Un grand motif de satisfaction…
Son site.




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