Archive pour la catégorie ‘Nostalgies’
C’est que j’en ai bouffé moi, Messieurs, des cramouilles !
Je dois dire que la phrase avait résonné comme un coup de fusil dans le salon de réception de l’ambassade.
L’ambassadeur leva les yeux au ciel, assez furtivement, dois-je dire, puis il me prit par le bras :
— Vous ne le connaissez pas encore celui-là Patrick, venez, je vais vous le présenter.
On s’approcha du groupe que l’homme de sa haute taille dépassait d’une tête, tout le monde semblait rire et il continuait :
— Il a fallu que j’attende mon cinquième mariage pour avoir enfin un garçon. Ce que j’ai toujours pensé s’est confirmé, goûtez-les avant, si c’est trop acide elles ne vous feront que des filles.
L’histoire m’est revenue ce matin quand par hasard sur internet je vis l’annonce de son décès qui date du début de l’année.
Ce ne fut pas vraiment un ami, mais nous avions une certaine affection l’un pour l’autre, elle fut longue à venir, à cette époque la différence d’âge me paraissait importante et ses manières de faire des affaires allait à l’encontre de mes convictions.
Il venait donc d’avoir un fils, il avait rêvé toute sa vie d’un héritier, après la guerre de 39-45 en Équateur, un peu partout en Europe, au Portugal pendant la dictature de Salazar, puis en Nouvelle-Calédonie. Sur le caillou, comme il disait avec regret.
Il n’était pas franchement clair, il avait été plus ou moins été commissaire pour le Pacifique Sud, sous le règne de Giscard, puis nommé au Conseil Économique et Social, nomination cassée pour des motifs que je n’ai jamais élucidés à l’arrivée de Mitterrand.
Il était donc revenu en Équateur, pays de ses premières amours, ou tout jeune avec quelques vieux amis et ennemis qui étaient toujours là, mais reconvertis, ils avaient monté un ou deux bars de nuit, avec des danseuses légères et des additions salées.
C’est ainsi qu’au fil du temps j’ai pu connaître les secrets cachés de certains personnages qui se croyaient gardiens d’une morale qui n’avait pas toujours été la leur.
Qu’importe, une certaine bourgeoisie des Français expatriés n’est ni pire ni meilleure que celle du continent, elle parle fort, affiche des convictions et des principes qu’elle est loin de respecter. Bref, elle sent particulièrement la caque comme on dit à Saint-Malo, comme un peu partout.
Mais c’était un aventurier, un vrai, sans pitié, sans foi, sans loi. Navré de vous décevoir, si vous aviez une idée différente de ce qu’est un aventurier, idéaliste, aidant son prochain, respectueux de la nature et des traditions, à ma connaissance c’est certainement aussi difficile à trouver que le bon sauvage, autre idée fausse et incohérente que le Siècle des lumières a gentiment placée au plus profond de notre inconscient.
Cela ne l’empêchait pas de s’impliquer dans toutes les associations charitables, professionnelles et politiques. Avec des discours à faire pleurer un caïman affamé dans un cul de basse-fosse, il en prenait généralement la Présidence ou un poste de responsabilité.
C’était aussi un véritable gamin, il avait, j’en garde le souvenir, acheté à son fils qui marchait à peine une console vidéo avec Mario Bros. Combien d’heures avons-nous passées à jouer sur cette sacrée console ? Il fallait voir ce grand gaillard de soixante et quelques années s’agiter avec les manettes pour améliorer son score et me battre. Tout cela en sirotant des verres pleins de vodka et de jus d’orange frais pressé, pour la vitamine C, me disait-il !
Une nuée de souvenirs m’est brutalement revenue ce matin. Je n’y pensais plus. Je les mettrais peut-être en forme. Certains sont amusants et cocasses, comme le jour où il m’emmena visiter la concession de 40.000 hectares qu’il avait obtenue du gouvernement pour chercher de l’or. 2 jours dans un train qui ne cessait de dérailler, 3 jours de pirogue et deux jours de marche dans la brousse, avec nos gardes du corps et des voleurs qui nous suivaient.
Sans parler de cette expédition à Paris avec 300.000 dollars d’émeraudes de Colombie dans une poche visitant sans crainte et avec un certain toupet, Cartier, Meller di Mellerio et autres grands bijoutiers et de l’angoisse qui fut la notre lorsqu’un soir, chez lui, les émeraudes que nous avions déposées sur une table pour les présenter avait subitement disparu. Le coupable fut rapidement trouvé, c’était son putain de chat qui n’avait rien trouvé de mieux que de jouer avec et les cacher sous un meuble. Je ne parle pas des coups de fils affolés de son épouse qui chaque matin pleurait au téléphone, car les Colombiens qui nous avaient confié les pierres en consignation lui rappelaient chaque jour qu’elle était responsable sur sa vie de notre retour.
Un salaud somptueux est mort, je ne suis pas triste, il avait été expert en saveurs de cramouilles.
Bebo Valdes & Diego El Cigala - Lagrimas negras
Il me semble bien vous avoir déjà passé l’audio, mais pas cette vidéo.
Bebo Valdés est un pianiste et compositeur cubain né à La Havane en 1918.
Père du pianiste Chucho Valdés, Bebo connut un certain succès dans les années 1940 et les années 1950 en tant que pionnier du jazz afro-cubain. Parti vivre en Suède, il réapparaît sur la scène internationales à 76 ans, lorsqu’il enregistre en Allemagne avec le saxophoniste Paquito D’Rivera.
Bebo Valdes a participé au film de Fernaado Trueba Calle 54 où on le voit notamment jouer en duo avec son fils Chucho. Il enregistre ensuite El arte del sabor (2001) avec Cachao et Patato Valdés, album qui recevra un Grammy.
En 2002, il a accompagné le chanteur flamenco Diego el Cigala pour le disque Lagrimas negras, produit par Fernando Trueba, succès international également récompensé par un Grammy.
Diego Ramón Jiménez Salazar, plus connu sous le nom de El Cigala (”la langoustine”), un surnom que lui a attribué Camarón de la Isla en raison de sa petite taille et de sa nervosité, est un chanteur gitan de flamenco né à Madrid en 1968. Il est issu d’une famille d’artistes (neveu de Rafael Farina).
Un de ses grands albums est Lágrimas negras qu’il a réalisé en collaboration avec le pianiste cubain Bebo Valdés pour lequel il reçoit, en 2004 le Latin Grammy Award du meilleur album musique tropicale traditionelle. En 2006, il est à nouveau récompensé par le Latin Grammy Award du meilleur album flamenco pour l’album Picasso en mis ojos.
Comme plusieurs autres chanteurs de flamenco El Cigala a débuté dans la rue, dans les tavernes. Après avoir chanté en arrière-plan de danseurs comme Mario Maya, Faíco, Farruco, El Güito, Manuela Carrasco, Cristóbal Reyes, Carmen Cortés et Manolete, il a voyagé dans une grande partie du monde avant de se décider à “chanter devant”.
Une pluie glaciale tombe sur Buenos Aires

Une pluie glaciale tombe sur Buenos Aires. Les rafales de vent rendent les parapluies inefficaces, voire dangereux. Un temps à ne pas mettre un Piquetero dehors.
Les porteños détestent la pluie, ils la ressentent comme une véritable agression à leur plaisir de vivre.
La circulation se fait dense, les voies urbaines sont glissantes, seuls les garagistes se frottent les mains. Il y aura de la tôle à réparer ce soir.
Le ciel est bouché, les nuages passent à une vitesse folle, comme s’ils avaient un train à prendre. Mauvaise idée, plus un seul train est en état de faire un voyage sans être interrompu par une avarie.
Même mes chiens me font la gueule. Ils ne veulent pas sortir, ou alors juste en rasant les murs. Jack si prompt à se lever aux heures régulières de promenade, joue à l’oublieux, il dort ou fait semblant.
Une petite musique triste et lancinante s’infiltre lentement sur le chemin de mes pensées.
Je vous la laisse :
Biréli Lagrène, un des rois du jazz manouche
When day is done, juste pour vous faire aimer. Et parce qu’un ami est mort ce matin à l’aube, parce qu’il a choisi de mourir. C’est son droit.
Le reste… je le garde pour moi.
A Don Ata, Soledad Pastorutti
A DON ATA (CHACARERA)
Letra de Mario Alvarez Quiroga
Musica de Mario Alvarez Quiroga
Por el camino del indio el anima de Don Ata.
En su Alazan montado lo vio pasar la vidala.
El aire del cerro, las flores del valle.
Se le enriedan en el alma ay, ay, ay, a Don Ata.
Una Luna Tucumana alumbra piedra y camino
y junto a la Pobrecita lo lloran montes y rios
por Tafi del Valle, campos de Acheral
tambien por la Bomba ‘i Lules, igual por Amaicha.
La criollita santiaguenia para aliviarlo del frio
le teje un poncho pampa al Payador Perseguido.
Haya por Barranca, y por Salavina
La Humilde con la vidala le buscan guarida.
Ahi anda Don Atahualpa por los caminos del mundo.
Con una copla por lanza marcando los cuatro rumbos.
Que Dios lo bendiga, lo tenga en la gloria
por tanto recuerdos lindos y por su memoria.
Un Arriero solitario paso por Altamirano
con un silbo nostalgioso en busca de sus Hermanos
arriando su pena por no encontrarlos
se fue yendo despacito del pago entrerriano.
Se viene clareando el dia por el Cerro Colorado,
y en las espinas del churqui se estrella un rayo cortado.
Despierta La Aniera, con la huanchaquenia
San Francisco del Chaniar, tambien Santa Elena.
Un aire de Buenos Aires le dio su canto del viento
Y se durmio en una huella en un estilo sin tiempo
Alla en Pergamino, tal vez Santa Rosa
lo llora toda la Pampa en una bordona.
Ahi anda Don Atahualpa por los caminos del mundo
con una copla por lanza marcando los cuatro rumbos.
Que Dios lo bendiga, lo tenga en la gloria
por tantos recuerdos lindos y por su memoria.



