Pas de raison pour que les choses soient différentes ici qu’en d’autres endroits du monde, l’exercice du pouvoir n’est pas une chose facile.
L’image, on ne peut plus positive, à plus de soixante pour cent du mois de décembre 2007, vient de s’effondrer.
Management and Fit vient de réaliser un sondage sur l’ensemble du pays à propos de la perception de l’image de Cristina.
Image négative : 61,8 %
Image positive : 30 %
Très positive : 4 %
L’enquête a aussi mesuré l’image du Gouverneur de la Province, Daniel Scioli, qui reste stable à 50 % et du Maire de Buenos Aires Mauricio Macri qui obtient un petit 46 % d’image positive.
Carlos Kunkel, député proche de Kirchner, reconnait qu’il existe une mauvaise humeur passagère, due certainement à l’inflation, mais comme on vient de nous le dire, c’est la faute des entreprises, et d’une campagne de presse négative. Ces journalistes sont décidément responsables de tout même de la mauvaise humeur des citoyens.
Un argument de poids que même, pour l’instant, il ne faut jurer de rien, Sarkozy n’a pas utilisé.
S’il est vrai que lorsqu’on a pas parlé ensemble depuis plus de 5 ans les retrouvailles sont compliquées, il faut bien reconnaître lorsqu’on a pas l’intention de faire la moindre concession s’assoir à une table de négociation est tout à fait inutile.
C’est l’impression que donnent le gouvernement et les associations d’agriculteurs en ce moment, sans parler des agressions verbales et presque physiques qui ont lieu.
Et puis il y a les incendies dans le Delta qui conjuguent l’irresponsabilité des uns et l’incapacité des autres. Irresponsabilité pour pratiquer de l’écobuage dans ces conditions (joli nom pour ce qui fut assurément au départ de la provocation), incapacité à éteindre les incendies (plus vraisemblablement du laisser-faire).
Curieusement, alors que la situation s’était améliorée en fin de semaine, les incendies ont repris. Un peu plus loin. D’un côté, on parle de sabotage et d’insurrection de l’autre on se demande à qui profite le crime.
Intéressante question, posez-la vous aussi dans la rue, vous serez surpris par les réponses qui vous seront données.
Un rideau de fumée qui cache l’essentiel des problèmes actuels.
Les négociations entre les agriculteurs et le gouvernement ne sont pas en bonne voie. Pas question de revenir sur les rétentions pour le gouvernement.
Ce matin, les fumées sont de retour.
Hier, la bourse a fortement baissé, les bons du Trésor aussi, seul le dollar a la grande forme. Autant ne pas vous parler de l’Euro.
Le voyage de Cristina Kirchner à Paris verra-t-il le début d’une solution au règlement du contentieux entre l’Argentine et les créanciers du Club de Paris ? C’est la bonne question, celle qu’ici ou là-bas personne ne pose encore.
Un peu d’oxygène, un peu plus de visibilité économique c’est ce dont le pays a besoin. Une augmentation de 70 % des dépenses publiques en moins d’un an, une dette extérieure qui augmente, le dernier emprunt pour payer les intérêts de la dette à un taux de plus de 12 %, pas de quoi chanter victoire.
Et puis il reste le problème des agriculteurs. Ils ont accepté une trêve. Bien entendu, il faut faire les moissons, c’est maintenant. Ils sont mieux dans les champs que sur les routes. Mais ensuite ? Les exportations de soja et autres commodities vont-elles continuer à être le moteur de la croissance fiscale du pays ?
La manif pour Bétancourt hier et le déjeuner avec Sarkozy aujourd’hui, c’est un bon sujet pour la presse people, mais ce n’est pas avec ça qu’on fait bouillir la marmite.
Péron n’est pas mort ce soir, Mussolini non plus, D’Elia sera présent avec ses chemises noires. Depuis le début de l’après-midi, des bus déposent tout ce que les opérateurs politiques de la province ont pu rassembler.
Manifestation de force du Péronisme pour répondre aux cacerolazos de la semaine passée et aux blocages des routes par le monde agricole.
Démonstration de faiblesse penseront certains, j’en fais partie.
Encore une manière de diviser le pays en deux et de monter les Argentins les uns contre les autres. Anachronisme pas bien compris par certains journalistes étrangers qui essaieront de voir dans ce qui se passe aujourd’hui la réplique des années 50. (l’image d’Épinal, Peron et Evita) Rires…
Les réalités sociales et économiques sont pourtant bien différentes. Qu’importe ! Ils ont de quoi faire un bon papier, c’est à dire achetable.
Quelques images des préparatifs et une petite chanson.
Détournement d’un petit dessin animé dans lequel les politiques sont considérés comme des sauterelles et des cigales et le monde agricole comme des fourmis.
On en pensera ce qu’on voudra.
Des efforts viennent d’être faits, des propositions aussi. Bien entendu, la négociation ne fait que commencer, il aura fallu presque trois semaines pour cela.
Ce soir, grand-messe péroniste sur la place de mai, pas forcément une bonne idée. Cette manière de provoquer et de diviser le pays est-elle réellement utile ?
La grève continuera au moins jusqu’à mercredi, la viande est absente de tous les rayons.
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