C’est vrai Francis, Nairobi, ce n’est pas le Pérou

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Mardi 23 janvier 2007 - 7:05

Il m’a bien fait rire ce billet de Francis, tellement vrai, et ça, vous ne le lirez pas dans les journaux.

Vitória
Ils faisaient le voyage au début de chaque année. C’était l’hiver chez eux, c’était l’été ici. Ils venaient pour se retrouver entre eux. Beaucoup ne rentraient pas immédiatement, une fois les caméras de télévision et les micros des radios repartis[…]

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Un commentaire pour “C’est vrai Francis, Nairobi, ce n’est pas le Pérou”

  1. jcmoriaud a dit:

    Transmis sans autres depuis mon email… désolé pas le temps d’argumenter… Amicalement.

    —– Message transféré —-
    De : Denis Vignes
    À : discutons ; attac debats
    Envoyé le : Mardi, 23 Janvier 2007, 22h36mn 00s
    Objet : [ATTAC-DEBATS] il s’est passé qq chose..

    « Il s’est passé quelque chose »…

    Pendant que, depuis Paris, Bernard Cassen – pourtant habitué les éditions précédentes à recevoir les journalistes dans sa chambre du Hilton, cigare à la bouche – dénonce «l’alter jet set», que certains se lamentent sur une participation certes moins massive et ouverte qu’escomptée et la présence anecdotique de safari-opérateurs aux côtés des stands associatifs, j’écris cette brève dans les gradins du stade, entouré par une vingtaine d’enfants des bidonvilles intrigués par mon ordi… Et la magie du FSM continue d’opérer.

    Je craignais que l’atelier «France-Afrique», à 8h30 ce dimanche, n’attirerait pas les foules. De plus, la répression exercée par un «ami de la France», le tyran congolais Sassou Nguesso, avait empêché Brice Makosso et Christian Mounzeo, militants de la transparence dans la gestion pétrolière, de rejoindre Nairobi. L’enfer des visas avait retardé l’arrivée de la Malienne Aminata Touré Barry. Mais visiblement, rien n’empêchera la société civile africaine de clamer sa soif de justice et d’une relation nouvelle avec la France.

    Ce sont plus de 250 personnes, militants associatifs, syndicalistes, journalistes des quatre coins d’Afrique et de France, qui se sont pressés dans la petite salle de conférence aménagée dans les gradins du stade de Nairobi. Le ministère des Affaires étrangères français suit les débats de près; Besancenot fait une apparition. L’acoustique laisse à désirer, mais l’Ivoirienne Solange Koné (membre fondatrice de l’ONG ASAPSU) distribue la parole d’une main de maître et l’appel aux candidats français, préparé depuis décembre par sept organisations africaines, suscite l’expression vraie, massive, plurielle, d’une société civile africaine d’une grande maturité, qui rappelle crûment la France à ses valeurs fondatrices.

    «Liberté», «souveraineté» : des mots collés aux lèvres des Camerounais, des Togolais, des Tchadiens, des Nigériens qui n’en peuvent plus que la France choisisse pour eux leurs dirigeants, gère leur monnaie, leur politique de défense selon des accords secrets, leurs ressources naturelles via Total, Elf, Areva ou Bolloré. « Trop, c’est trop ! » s’exclame Salissou, du Niger. Au nom de l’égale dignité, les Africains disent un même rejet absolu des politiques de l’humiliation menée par le Vieux continent à l’encontre des jeunes Africains en quête d’un avenir meilleur. Citant Aimé Césaire : « La colonisation avilit le colonisateur », Gus Massiah, du Crid, souligne qu’il y va d’abord de la dignité des Français de ne pas laisser faire ça. Enfin, la dénonciation est unanime des politiques de l’appauvrissement, contraires au principe de solidarité (nouveau nom de la fraternité) : la libéralisation forcée des marchés africains par l’Union européenne à travers les « accords de partenariat économique », le pillage des ressources ou l’étranglement par la dette. Des ponctions sur la richesse africaine loin d’être compensées par une « aide » au développement souvent cynique. Mongo Beti, écrivain camerounais décédé, est évoqué : « Si la France veut nous aider, qu’elle nous laisse tranquilles. On veut bien qu’elle ait des intérêts en Afrique, mais ce qu’on ne veut pas, c’est qu’elle dise que c’est pour notre bien.»

    Pour certains, cette condamnation de la France ne doit pas occulter le rôle positif joué, sous chapeau multilatéral, par l’opération Licorne ou l’intervention humanitaire de l’armée française en Ituri. Mais tous, refroidis par les promesses non tenues de refonte de la politique africaine, veulent que les candidats donnent des gages de leur volonté de changer, en engageant la France dans un travail de mémoire et contre l’impunité. Un Rwandais demande qu’à l’instar de la Belgique, la France reconnaisse clairement sa responsabilité dans le génocide. Un Congolais (RDC) demande que les criminels soient jugés et que les fortunes détournées soient restituées.

    Gus Massiah, ému et émouvant, termine son intervention en évoquant un autre juste, François-Xavier Verschave, qui a incarné l’honneur du peuple français face aux errements de la France officielle en Afrique, et dont le cercueil fut porté lors de ses funérailles par huit résistants africains. Il y voyait la promesse d’un nouveau contrat de générations entre citoyens de France et d’Afrique.

    En sortant de l’atelier, un vieux militant français me confesse : «Il s’est passé quelque chose.»

    Jean Merckaert

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