Soirée musicale et le charme discret de la bourgeoisie

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Jeudi 27 septembre 2007 - 10:51

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C’était l’anniversaire du pote Charlie. Il avait fait les choses bien comme il faut. Pianiste, chanteuse d’opéra et ténor, avec en plus une bouffe remarquable, vins, champagne et compagnie triée sur le volet.
Quand on rentre chez Charlie et son compagnon on est tout de suite dans une ambiance différente.
Les petits-anges se mêlent à l’argenterie et au cristal. Chacun son truc.
Le pianiste tout d’abord, il nous a régalés de quelques nocturnes de Chopin. Lui aussi avait l’air un peu souffreteux dans son costume gris anthracite. Il y a des gens comme ça, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais qui semblent avoir diminué de volume dès qu’ils passent un costard. Sinon, que dire, très nocturne, ça tombait à merveille, il commençait, à se faire tard.
Et puis il fallait bien quelqu’un pour accompagner nos chanteurs venus tout droit du théâtre Colon.
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Eux, c’étaient les gordos, chacun son style et ses obligations vocales. Vous avez certainement aussi noté cela, pour avoir de la voix il faut avoir du coffre. Et de la voix, ils en avaient.
Je vous ai même fait des petits extraits, je ne recule devant aucun sacrifice.

la dame, tout d’abord

Le monsieur ensuite

J’aurais pu demander leur nom, mais je n’ai pas eu cette curiosité.
Et tout le monde d’applaudir, de trouver tout cela charmant, magnifique, les mots me manquent pour décrire un enthousiasme qui n’était absolument pas feint.
Il faut dire que des chanteurs d’opéra, lorsqu’ils à deux mètres de distance, ça pulse. C’est à ce moment-là qu’on regrette de ne pas avoir utilisé des walkmans et autres instruments de torture depuis son plus jeune âge. Il paraît que cela rend les oreilles moins sensibles.
Bref, un bon vibrage de tympan, à ne pas confondre avec un nettoyage de printemps.
Je plaisante, je plaisante, mais ils étaient vraiment très bien.
On est rentré en taxi avec ma petite chérie, les yeux brillants de toutes ces lumières et de ces sons. J’étais un peu pété.
Je le suis toujours un peu en écrivant ce billet. Qu’on me pardonne cet humour matinal.

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