Chavez et Betancourt

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Mardi 11 septembre 2007 - 11:13

Et même si cela fait grincer les dents à certains fans de l’individu, il est toujours bon de rappeler certaines choses. Vous aurez donc droit aujourd’hui à un extrait de :

Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy
[…]Ensuite Chavez. C’est sur Hugo Chavez que l’on compte, semble-t-il, pour s’entremettre dans la négociation qui s’annonce. Là encore, pourquoi pas ? Et, si le président vénézuélien a des contacts privilégiés avec « le plus vieux guérillero du monde », ne serait-il pas absurde, irresponsable même, de s’en priver ? Sauf que non moins irresponsable serait d’oublier, au passage, qui est, au juste, Hugo Chavez. Non moins absurde, navrant et, pour tout dire, désastreux serait de le voir acquérir, en la circonstance, l’aura et la respectabilité internationales dont ses prises de position l’avaient, jusqu’à présent, légitimement privé. Il ne faudra pas oublier, le moment venu, le parfum de pouvoir personnel qui flotte, avec de plus en plus d’insistance, autour de ce mixte de péronisme, de castrisme et, parfois, de quasi-fascisme qu’est en train de devenir son régime. Il ne faudra pas oublier les « régions spéciales militaires » que ce Caudillo d’un nouveau genre aura, à partir de décembre, le pouvoir d’instaurer où bon lui semblera. Il ne faudra pas oublier la remise en question de l’indépendance de la banque centrale (conquête récente, mais fragile, des démocraties d’Amérique latine) ainsi que les entorses, de plus en plus nombreuses, à la liberté de la presse, à la liberté d’émettre pour les médias audiovisuels, aux droits de l’homme (fustigées, et documentées, par tous les observateurs indépendants). Il ne faudra pas oublier que ce « président des pauvres », assis sur les milliards de dollars de son pétrole, est l’un des alliés les plus sûrs de l’autre grand « pétroterroriste », l’Iranien Ahmadinejad. Ni qu’il a reçu, après Roger Garaudy, Louis Farrakhan, le président malaisien Mahathir Mohamed et quelques autres, le « Prix Kadhafi (sic !) 2004 des droits de l’homme ». Ni que l’un des inspirateurs de cette « postdémocratie » à laquelle il veut attacher son nom et qui sera, dit-il, « plus puissante qu’un missile nucléaire », fut le négationniste, élève de Faurisson, Norberto Ceresole. Ni enfin que Chavez lui-même est l’auteur de subtiles déclarations sur l’accaparement des « richesses du monde » par « les descendants de ceux qui ont tué le Christ »…
Tout le monde sait cela. Je le rappelle à toutes fins utiles. Histoire de rafraîchir les mémoires. Et au cas où il prendrait à certains l’idée d’échanger la liberté d’Ingrid Betancourt contre, par exemple, une petite centrale nucléaire.

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3 commentaires pour “Chavez et Betancourt”

  1. toño a dit:

    Chavez est loin, très loin de m’attirer politiquement, je me sens plutôt “institutionnaliste”, et pour la même raison Uribe me déplaît. Mais pour une négociation il faut regarder un peu plus loin que le bout de son idéologie.
    Le problème où Chavez a fourré son nez (avec l’accord d’Uribe) n’est pas simple, Uribe ne veut pas lâcher un bout de territoire colombien pour négocier, on peut comprendre, bien qu’il ait fait avec les paramilitaires (à ralito), les farc le veulent absolument parce que ça leur donne un statut bien différent…
    Chavez a beaucoup à gagner, du prestige international, national etc mais Uribe il peut en gagner tout autant. Uribe montre sa “volonté” à négocier, son “ouverture” juste en acceptant la visite de Chavez à Bogotá, mais il refuse que Chavez aille dans la jungle colombienne discuter Marulanda. Logique on ne peut pas assurer sa sécurité. Les deux profite de leur ouverture commune, utilise le cas, ce font de la pub etc, il réussissent même à fairte avancer les négociation sur le différent de frontière qui existe entre les 2 pays… c’est dire s’ils sont content!
    N’oublions pas qu’en Colombie depuis un mois on parle beaucoup d’une éventuelle 3e élection d’Uribe.

    Maintenant que Sarkozy s’en mêle et aille proposer une centrale nucléaire à Chavez pour la liberté de Betancourt il faut pas pousser. BHL, une fois de plus prend les gens pour des cons, utilise la peur de l’autre pour défendre ses soi-disant idées de la démocratie etc… Il n’en n’est pas à son coup d’essai, rien que sur la Colombie il nous avait déjà offert sa pauvre analyse. En 2001 il a écrit un article résumant le problème colombien en 20 lignes, les farc sont de la merde les para sont un mal nécessaire… mais bien sûr, à l’époque il avait aussi défendu les contras au Nicaragua.

    Les fameux principes de la démocratie…

    Moi je trouve que Chavez peut être un médiateur intéressant, et s’il gagne du prestige avec ça je m’en fous, je regarderai le résultat.

  2. Patrick a dit:

    Cela n’intéresse ni Chavez ni Uribe de libérer Betancourt …

    Oui, oui, je sais BHl énerve, même moi, ce ne peut être qu’un compliment !

  3. toño a dit:

    bouais … bonne nuit!

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