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Chuchumecos and co, ou comment casser la tirelire à pépé

J’aime bien la sonorité de ce mot, la première fois que je l’ai entendu, c’était en Équateur. C’est ainsi que le Président de l’Assemblée nationale, Assad Bucaram, avait interpellé les Députés fraîchement élus juste après la Dictature militaire.
Chuchumecos, c’est très imagé, cela peut vouloir dire ceux qui vont sucer le sang de la Nation.
Vous l’avez compris, cette sonorité subliminale nous ramène en Argentine.

Les caisses sont vides. On se demande bien pourquoi. C’est vrai, des années entières de croissance dont les Kirchner se gargarisaient, une dette renégociée dans des conditions très favorables à l’Argentine, un excédent fiscal de plus de 4%, ce que même le FMI n’avait jamais osé demander.
Des bruits qui courent, la banque centrale ne détiendrait pas les milliards (près de 50) qu’elle dit détenir, son Président, jusqu’à présent aux ordres de Nestor, qui aurait déclaré en off en journalistes que le grand problème du pays c’est que Nestor est devenu fou. Bref…

Pas moyen de plumer les agriculteurs, d’un coup de baguette magique on va plumer les retraités, enfin ceux qui ont choisi le système par capitalisation. Cela ne fera jamais que la deuxième fois en six ans. Les autres, ceux qui cotisent pour le système par répartition le sont depuis longtemps. On va donc mettre tout le monde au même régime. Pas de jaloux.
Il ne s’agit pas de défendre la capitalisation. Non, non. Dans un pays comme l’Argentine, compte tenu de la pyramide des âges, d’une retraite fixée à 65 ans, et de la croissance soutenue de son économie, la répartition est certainement le meilleur système. Personne ne le conteste, même pas les plus de 80 % de ceux qui ont refusé de quitter les AFJP l’an passé malgré une campagne qui a duré un an.

La mémoire et la sagesse collectives, c’est quand même quelque chose ! Préférer de mauvais gestionnaires de fonds à l’État.
L’appropriation des fonds devrait être votée aujourd’hui par l’Assemblée Nationale. Pour faire plaisir à certains radicaux, on fera même une petite toilette au projet de loi. À l’Anses, c’est l’organisme qui gère les retraites, le monde politique et ses punteros on les connaît bien. Ils sont nombreux à y toucher un salaire, eux, leurs familles, leurs amis. Rassurez-vous, vous ne les rencontrerez pas dans les couloirs, sauf le dernier jour du mois, pour la paye.
Leur nombre va augmenter, on n’a rien sans rien. Sans parler du fait qu’il va falloir employer aussi tous les salariés des AFJP, ça ne va pas forcément améliorer les coûts de gestion.
Donc, le projet sera voté par les Députés. Restera la bataille du Sénat, ce sera plus dur et dans un mois.
Il y avait deux méthodes pour affronter les échéances à venir, en particulier ces bons qui arrivent à échéance, dont les retraités détiennent une bonne partie, faire appel au FMI ou casser la tirelire à pépé.
Chuchumecos!!!!

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