Comment négocier maintenant ?

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Mardi 17 juin 2008 - 10:27

Manif du 16 juin
Tout cela a bien mal commencé. Tout d’abord, ce n’est pas quelques jours avant la récolte qu’on change les règles du jeu. C’est ce qu’il s’est passé il y a trois mois quand brutalement le gouvernement a décidé d’augmenter les taxes sur les céréales et en particulier le soja.
Tout paysan qu’ils sont ce sont aussi des investisseurs, des personnes qui risquent leur capital ou bien celui d’autrui et la rentabilité fait partie de leurs soucis.
Ensuite, par trois fois, on leur a demandé de cesser leur grève pour négocier, ce qu’ils ont fait pour se rendre compte qu’il n’y aurait aucune concession faite par le gouvernement.
Il faut trouver des aménagements à cette nouvelle donne économique, indispensable, c’est vrai, mais aussi particulièrement injuste pour une partie d’entre eux. Comme me l’a fait justement remarquer un de mes lecteurs, la rentabilité d’un hectare de soja n’est pas la même dans la Province d’Entre Rios et dans la Pampa humide. Et tout cela, sans parler d’autres inégalités dues aux surfaces exploitées.
On aurait pu mettre des experts autour d’une table pour essayer de défricher des données qui n’ont pas été prises en compte par le Ministère des Finances.
Ils brillent par leur absence ce qui démontre, s’il était encore besoin de le faire, que la décision d’augmenter les taxes a été prise de manière précipitée et sans nuances.
Mais ce qui a été particulièrement malsain ce fut certainement l’appropriation par Nestor Kirchner de la gestion de cette crise, le fait d’en faire un problème personnel et d’avoir décidé, en le faisant savoir par surcroit, qu’il mettrait les agriculteurs à genoux et ne céderait sur rien. Malsain aussi de laisser sa Présidente de femme en deuxième ligne jouer entre l’arrogance, les fausses humilités et l’indifférence totale.
Pas très malin non plus d’avoir éloigné ceux de ses partisans qui étaient en faveur du dialogue.
Résultat, aujourd’hui, ce ne sont pas les agriculteurs qui sont à genoux, mais l’économie du pays et la crédibilité du gouvernement.
Le parti péroniste se fracture de manière irrémédiable, c’est dans sa nature me direz-vous, bien sûr, mais généralement le chef suprême en est l’observateur même s’il a contribué à cette fracture, pas l’acteur principal.
Il va donc falloir dekirchnériser la négociation. Le mâle alpha acceptera-t-il ce recul ? Rien n’est moins sûr. Une manifestation de soutien à la Présidente est prévue pour demain soir sur la Place de Mai. Nombre de gouverneurs et de législateurs péronistes demandent avec insistance à ce qu’elle soit annulée.
Le sera-t-elle ? La décision qui sera prise par le couple présidentiel répondra à cette question.

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