Archive pour mai 2004

Les confessions du Capitaine Adolfo Scilingo

Lundi 24 mai 2004

Extrait d´une interview du Capitaine Adolfo Scilingo réalisée par le journal « Página 12 »
(…) Entre vous, dans les conversations, comment faisiez-vous référence à cela ?
ScilingoOn l´appelait « le vol ». C´était normal, même si actuellement cela semble être une aberration. Comme Pernías ou Rolón l´ont dit aux sénateurs, on avait adopté la torture que l´on utilisait régulièrement pour soutirer des informations à l´ennemi ; le « vol » était tout aussi habituel. Quand j´en ai reçu l´ordre, je suis descendu à la cave où se trouvaient ceux qui allaient « voler ». En bas, il n’y avait plus personne. Je leur ai donc dit qu’ils allaient être transférés au sud et que, pour cette raison, on leur ferait un vaccin. On leur injecta un vaccin… je veux dire une dose pour les abrutir, un sédatif. C’est comme ça qu´on les endormait.

Qui leur appliquait l’injection ?

Un médecin de la marine militaire. Ensuite on les a mis dans un camion vert de la Marine avec une bâche en toile. Nous nous sommes rendus à l´Aéroparque [aéroport national de Buenos Aires], nous sommes entrés par l´arrière. On chargeait les subversifs comme des zombis et on les embarquait dans l’avion.

Qui participa ?

La majorité des officiers de la Marine a participé à un vol, c´était pour faire une tournante, une sorte de communion.

En quoi consistait cette communion ?

C’était quelque chose qu’il fallait faire. Je ne sais pas ce que vivent les bourreaux quand ils doivent tuer, lâcher le couperet ou brancher les chaises électriques. Ca ne plaisait à personne de faire cela, ce n’était pas quelque chose d’agréable. Mais on le faisait et il était clair que c’était la meilleure manière de le faire, on ne discutait pas. C’était quelque chose de suprême qui se faisait pour le pays. Un acte suprême. Quand on recevait l’ordre, on ne discutait plus. On l´accomplissait de manière automatique. On venait de tout le pays pour faire des tournantes. Certains y ont peut-être échappé, mais de manière anecdotique. Ce n´était pas un petit groupe, c´était toute la Marine.

Quelle était la réaction des détenus quand on leur parlait du vaccin et du transfert ?

Ils étaient contents.

Se doutaient-ils de ce dont il s’agissait ?

En rien. Personne n’avait conscience du fait qu’il allait mourir. Une fois que l’avion avait décollé, le médecin qui était à bord leur injectait une seconde dose, un puissant calmant. Ils restaient endormis.

Quand les prisonniers dormaient que faisiez-vous ?

C’est très morbide.

Vous faisiez des choses morbides ?

Il y a quatre choses qui me font du mal. Les deux vols que j´ai effectués, la personne que j´ai vu se faire torturer et le souvenir du bruit des chaînes et des fers. Je n´ai vu cela que quelques fois, mais je ne peux oublier ce bruit. Je ne veux pas parler de ça. Laissez-moi partir.

Ceci n’est pas l´ESMA. Vous êtes ici de votre propre gré et vous pouvez partir quand vous le désirez.

Oui, je sais. Je ne voulais pas dire cela. Il y a des détails qui sont importants, mais ils sont pour moi pénibles à raconter. J´y pense et ça me rend fou. On les déshabillait évanouis et quand le commandant de l´avion en donnait l´ordre, en fonction de où se trouvait l´avion, en haute mer, plus loin que Punta Indio, on ouvrait les portes et on les jetait nus un par un. Ceci est l´histoire réelle que personne ne peut démentir. Cela se faisait depuis des avions Skyvan de la préfecture et des avions Electra de la Marine…

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Les phrases célèbres de l´époque de la dictature militaire

Vendredi 21 mai 2004

« Nous allons tuer tous les montoneros. Puis nous tuerons les tièdes, et enfin les indifférents ». (Général Iberico Manuel St Jean).

« Nous tuerons autant de gens qu’il le faudra pour que la paix revienne en Argentine ». (Général Videla).

« Le sang versé est source de rédemptions. Dieu a choisi l’armée pour sauver l’Argentine. Les militaires forment une phalange d’hommes honnêtes et purs. Pour diriger le pays, ils se sont purifiés dans un Jourdain de sang ». (Monseigneur Vitorio Bonamin).

« Nous sommes en guerre. Il n’y a pas de gens neutres. Vous n’êtes pas neutres vous non plus. Agissez en conséquence ». (Affiche placardée par la junte dans les rues après le coup d’État).

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De Vido veut voir Carrió en prison!

Vendredi 21 mai 2004

carrio3Le gouvernement de Nestor Kirchner, en la personne de Julio De Vido veut mettre Elisa Carrió en prison à cause de ses déclarations politiques. Il court le risque d’obtenir ce que Carrió n’a pas pu obtenir jusqu’à présent : s’ériger comme la référence exclusive de la résistance à l’administration du Président.
De Vido a oublié de lire l’encyclopédie la plus élémentaire de la démocratie. Il suffit de voir ce que les dirigeants politiques se disent à Washington, à Londres, à Rome ou à Madrid pour découvrir que le jeu de la démocratie contient tant de tension verbale comme de vocation au dialogue. En Argentine seul le premier chapitre est connu ; quelqu’un a caché le deuxième il y a déjà bien longtemps.
Il n’y a rien de pire que de s’effrayer de sa propre image. Kirchner n’est-il pas le premier irrité de la politique argentine ? N’a-t-il pas fait de cette dénonciation permanente son arme principale politique durant toute sa carrière vers le pouvoir ?
devidoDe Vido aurait dû choisir la voie de la réplique et de la réfutation, c´est ce que les hommes politiques font en Démocracie.
Rien de mieux pour la carrière politique de Carrió que de terminer en prison dans un pays ou la population croit toujours plus aux accusations de corruption qu’en l´indépendance de la justice. Les hommes du Président semblent disposés à faire de Carrió le prochain martyr argentin. Elle s´en réjouit et a par ailleurs annoncé qu´elle avait déjà acheté en prévision de son incarcération une chemise de nuit bleu clair, couleur du drapeau argentin.

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la crise énergétique a commencé à affecter l’activité industrielle

Jeudi 20 mai 2004

La production industrielle de l’Argentine a chuté de 3,9% en avril, par rapport à son niveau de mars, attestant de l’impact de la pénurie d’énergie que connaît le pays latino-américain depuis plusieurs semaines, selon les chiffres diffusés mardi par l’institut statistique public INDEC.

En glissement annuel, l’activité industrielle reste en progression de 9,4%. Sur les quatre premiers mois de l’année, elle est en hausse de 12,8%, toujours par rapport à la période comparable de 2003, a précisé l’organisme.

En mars, la production de l’Argentine avait encore cru de 1,3% sur un mois (et de 15,5% sur un an), alors que la pénurie d’énergie commençait à affecter le pays. Les analystes avaient alors expliqué que les entreprises avaient fait fonctionner à plein leurs usines pour anticiper les coupures de courant à venir.

La baisse de l’activité industrielle le mois dernier s’est accompagnée d’un recul du taux d’utilisation des équipements, tombé à 68,7% (-2,2 points sur mars).

Le ministre de l’Economie Roberto Lavagna avait reconnu dimanche que la crise énergétique allait affecter négativement la croissance du pays.

« La crise va avoir un certain impact, cela ne fait aucun doute. Cela va probablement se refléter dans les indicateurs de mai. Mais le taux de croissance de cette année sera de 5,5%« , avait pronostiqué le ministre.

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Raul Alfonsin

Jeudi 20 mai 2004

alfonsinEn octobre 1983, Raul Alfonsin, le candidat de l’Union civique radicale (UCR), gagne la présidence. Il est porteur de tous les espoirs : sortir de la nuit de la dictature, faire la vérité sur les morts et les disparus, punir les assassins, en finir avec le mythe péroniste et commencer la reconstruction d’un pays riche dans les domaines agricoles, industriels, touristiques, culturels. La situation économique est catastrophique, la dette extérieure est l’une des plus élevées du monde et le FMI n’a pas l’intention de lui faire de cadeau. Pourtant, Raul Alfonsin traînera la junte devant les tribunaux, où certains militaires seront condamnés. Mais, face au mécontentement de l’armée et à plusieurs soulèvements, il acceptera la loi du « point final » et celle du « devoir d’obéissance », mettant, de fait, un terme aux poursuites.

À la fin de sa gestion, en 1989, le peso a perdu 10 312,5 % par rapport au dollar et l’inflation dépasse les 4 000 %. La classe moyenne est touchée de plein fouet et, avec les couches les plus défavorisées, toujours fidèles à la mémoire de Perón, elle favorise le retour des péronistes. Carlos Menem devient président en juillet 1989, cinq mois avant la date officielle, la démission de Raul Alfonsin ayant été précipitée par un soulèvement dans la province de Rosario.

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Fernando de la Rua

Mercredi 19 mai 2004

delaruaFernando de la Rua ou l´histoire d´un grand benêt

1999 : Fernando de la Rua élu président à 48,5 % des voix. La récession économique reprend le dessus.

2000 : crise politique suite à des affaires de corruption.

2001 : grande crise économique.

1er novembre 2001 : Fernando de la Rua décide de fermer l’accès des particuliers à leurs comptes bancaires. Émeutes et quelques dizaines de morts.
5 décembre 2001 : le FMI refuse un prêt de 1, 264 milliards de dollars au gouvernement argentin, qui a une dette de 132 milliards de dollars.
17 au 21 décembre 2001 : 4 jours d’émeutes : 29 morts. État de siège décrété pendant un mois.
21 décembre 2001 : Fuite de Fernando de la Rua du palais présidentiel en hélicoptère. Démissionne le lendemain matin.
L´histoire n´en retiendra pas plus.

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REPSOL

Mardi 18 mai 2004

Le premier pétrolier espagnol, Repsol YPF, qui extrait en Argentine 67 % de sa production d’hydrocarbures, a dégagé un bénéfice net, part du groupe, de 520 M EUR au 1er trimestre 2004.

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Les millions de la Province de Santa-Cruz

Mardi 18 mai 2004

À l´époque où il était Gouverneur de cette province de 180.000 habitants, Nestor Kirchner avait placé à l´extérieur une somme de 530 millions de dollars provenant de royalties du pétrole qui avaient été mal calculées par le gouvernement. Cette somme actuellement placée entre la Suisse et le Luxembourg fait la convoitise de bien des intéressés. Tout d´abord les habitants de la province, il s´agit de 2800 US $ par personne, qui peuvent se répartir en ouvrages ou en prestations sociales, ensuite l´opposition qui ne manque pas de réclamer cet argent tout en insinuant qu´il a disparu et enfin les créanciers de l´Argentine qui espèrent bien bloquer cette somme si elle apparaissait.
Elle n´apparaîtra pas avant la fin du contentieux entre l´Argentine et ses créanciers privés, cela ne fait aucun doute.
Lorsqu´on écoute aujourd´hui le Président Kirchner tirer à boulets rouges sur la privatisation REPSOL IPF qu´on se souvienne que dans les années 90 le Gouverneur de Santa Cruz fut un des grands promoteurs du processus de cette privatisation et qu´il mit à la disposition du député de sa province qui était blessé l´avion de son administration afin qu´il puisse se rendre à Buenos Aires et assurer ainsi le quorum à la chambre des députés pour le vote de la loi 24.145.

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