Mercosur, allez donc les comprendre ! les coups de canif au contrat ne présagent rien de bon.
M. Bielsa, ministre argentin des Affaires étrangères, dans son discours inaugural, avait relevé la transposition dans les droits locaux des normes communautaires, la définition d´un code douanier commun, la suppression de la perception de droits de douane internes sur les importations en provenance de pays tiers, la libre circulation des biens et l´amélioration de la coordination des politiques macro-économiques.
Joli programme !
Cependant, les réunions ministérielles chargées de préparer la réunion plénière de jeudi n’ont pas permis d´enregistrer de progrès sur aucun de ces dossiers.
Bien au contraire : le long chemin qui reste à parcourir était illustré par l´imposition par l’Argentine de barrières à l’importation d´électroménager brésilien, 48 heures avant l’ouverture officielle du sommet.
Le secrétaire d´Etat argentin au Commerce Martin Redrado a précisé par surcroît que les mesures de sauvegarde annoncées pourraient être élargies aux secteurs de la chaussure, des pièces détachées automobiles et du textile. Notre ambition n´est pas de nous fermer sur nous même, mais d´équilibrer les forces, a-t-il dit.
En Argentine le double discours est toujours à l´honneur.
La nouveauté de ce sommet est la présence du président mexicain, qui assiste pour la première fois à un sommet du Mercosur. Il demandera formellement l’entrée du Mexique dans ce club des plus importantes économies d´Amérique du Sud.
Le Venezuela, par la voix de son président Hugo Chavez, désire lui aussi devenir membre du Mercosur.
Au-delà des discussions sur l’adhésion du Mexique et du Venezuela, les pays du Mercosur affichent d’autres ambitions. Ils se tournent vers les pays d’Asie pour négocier des accords commerciaux avec le Japon et l’Inde ainsi que la Chine, où les présidents Kirchner d’Argentine et Lula du Brésil se sont rendus accompagnés d´une importante délégation commerciale, il y a quelques semaines.
Le Japon et l´Égypte ont envoyé une délégation au sommet.
Et si on essayait de faire une réelle intégration sud-américaine, sans donner des coups de canif au contrat sans arrêt, avant d´intégrer des partenaires plus ou moins exotiques ?