Archive pour le 19 juillet 2004

Une visite à l´Économie parallèle du pays - La Salada - Buenos Aires

Lundi 19 juillet 2004

Ici on se bouscule comme aux soldes des Galeries Lafayette et on achète de tout et en quantité - c´est la Salada - un endroit ou des dizaines de milliers de personnes se retrouvent pour acheter des jeans, des chaussures et des équipements sportifs, de la lingerie fine, des disques, des montres, des sacs……
50.000 Personnes par jour et plus et ce sans compter les placeurs, les employés, les gamins qui poussent des carrioles et le personnel de sécurité.
En fait, ce sont trois marchés différents, mais les commerçants installés dans les rues communicantes en font un seul immense. Tout ouvre en même temps, de 3 heures du matin jusqu´à la mi-journée, deux fois par semaine. Et tout est organisé, ils payent les impôts municipaux et depuis la Province on leur concocte même un régime de prévoyance.
Que vendent-ils ? Ça, c´est un autre problème dont on ne parle pas. Des pancartes, bien à la vue des consommateurs indiquent que la loi protège les marques déposées et que la falsification est un délit. Point besoin d´être un grand expert pour savoir que ce qui est affiché n´est pas respecté. Une paire de chaussures sportives de marque à 10 euros…… les prix peuvent-ils mentir autant ?

QUELQUES CHIFFRES
e gouvernement estime que l´économie parallèle représente un chiffre d´affaires de 23.000 millions de pesos par an ( 1 euro= 3.5 pesos)
La Salada seule représente 1200 millions selon les mêmes statistiques.
50 % des vêtements qui se vendent dans le pays sont des imitations selon la Chambre industrielle argentine. Pour les CD le chiffre monte à 55%.
Sur le marché de la Salada, il y a 7000 postes de vente, et simplement en droit de location de l´emplacement chaque marché représente un apport de 250.000 pesos par jour pour la municipalité. Entre 1.000.000 et 1.500.000 par semaine.
Les jours d´ouverture, ce sont 300 bus qui déversent 50.000 personnes sur le marché.
La Salada fournit à elle seule une centaine d´autres marchés de ce style dans le pays. 44 de ces marchés se trouvent dans la Province de Buenos Aires.
L´économie parallèle c´est 5.9 % du PIB soit le double de ce que demande au pays le FMI comme excédent fiscal.
La Salada se trouve à Lomas de Zamora, le fief historique d´Éduardo Duhalde.

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Les Piqueteros de Castells font sauter la banque du casino de Chaco

Lundi 19 juillet 2004

Le piquetero Raúl Castells a obtenu d´un casino chaqueño la somme de 11.000 pesos et une promesse de 3000 pesos de plus chaque mois en occupant pendant deux heures et demie avec un groupe d´une cinquantaine de personnes les salles de jeu de l´établissement.
A l´origine Castells et ses piqueteros s´étaient groupés devant ce qu´on appelle la Maison du gouvernement provincial et demandaient à être reçus par l´administration. Devant le refus de cette dernière, ils décidèrent de demander la collaboration du Casino qui se trouvait trois rues plus loin.
Cet évènement est à rapprocher de ceux qui perturbèrent Carrefour il y a peu de temps.
Si l´on peut regretter cette forme de racket qu´emploient certaines associations de Piqueteros on ne peut que regretter aussi la discrimination dans l´attribution de l´aide sociale que fait le Gouvernement favorisant d´une manière ostensible les bons Piqueteros, pro Kirchner, et les mauvais, ceux qui n´approuvent pas la politique de son gouvernement.
On ne peut que regretter tout bonnement que l´attribution des plans sociaux passe par ce genre d´associations, par les partis politiques et les syndicats.
La visibilité démocratique aurait certainement à gagner si une administration neutre et compétente était chargée de la distribution et du contrôle de ces aides. Malheureusement, le clientélisme politique, hérité du Péronisme, est fortement ancré dans les traditions argentines. On en connaît les résultats. Voir article sur le détournement de l’aide sociale
Dans le même ordre d´idées, nous verrons cette semaine le nouveau Capo de la CGT, Moyano, obtenir du gouvernement les moyens nécessaires à la satisfaction financière des différents dirigeants qui composent ce syndicat. Il faut espérer qu´il pourra ainsi régler les salaires dus depuis des mois, aux employés de sa propre branche syndicale, sans que son royal train de vie ait eu à en souffrir.

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