Archive pour le 20 juillet 2004

AMIA, entre 10 ans d´impunité folklorique et la magie du gouvernement Kirchner

Mardi 20 juillet 2004

Si l´attentat n´avait pas fait 86 morts en détruisant la mutuelle juive de l�AMIAon pourrait presque en rire. 10 ans d´impunité, depuis Menem, en passant par De La Rua et Duhalde.
Lors de son ascension à la Présidence de la République, Nestor Kirchner avait promis de faire tout le jour sur cet attentat et en cela n´avait pas fait autre chose que de réitérer des promesses maintes fois entendues par les familles des victimes.
On avait ouvert les archives de la SIDE (services secrets argentins) continué l´enquête et dans le même temps ouvert le procès. Comment peut-on faire un procès alors que l´enquête n´est pas terminée, cela, seules les autorités judiciaires argentines pourraient vous l´expliquer, moi, je n´ai toujours pas compris ? Bref, entre les témoins que la SIDE a payés pour se taire et ceux qu´elle a rémunérés pour s´accuser, il ne ressort de l´affaire en cours qu´un grand déballage d´accusations entre les différents intervenants, juges, procureurs, police et bien sûr politiques.
Tout cela fait désordre, et malgré les remerciements des autorités internationales juives, au dixième anniversaire de cet attentat terroriste, il fallait faire quelque chose, d autant que les représentants du comité juif américain venaient rendre visite à Kirchner pour cette occasion.
C’est là que Neki le pingouin se transforma en Harry Potter national, on retrouva le même jour, 45 cassettes d´écoutes téléphoniques liées à la cause. Elles avaient été perdues au début de l´affaire, on les disait parfois effacées par erreur. Un acte de magie pure, qui aggrave à mon avis le sentiment d´impunité qui existe depuis des lustres dans le pays, ce qui est le contraire du but recherché.
En plus de cela, c´est une insulte manifeste à l´intelligence du peuple argentin, qui a compris, par ce seul acte maladroit, que non seulement ces cassettes ont toujours existé, mais qu´en plus tout le monde savait où elles étaient, et que les morts, ici, ne sont que des monnaies d´échange que l´on distribue au gré des nécessités de l´Etat.

Catégorie Politique | 1 Commentaire »

L´avortement en Argentine entre le poids de l´Eglise, la faiblesse de l´État et le silence de la presse

Mardi 20 juillet 2004

Romina Tejerina, mineure, a été violée par un de ses voisins et s´est retrouvée enceinte. En Argentine, l´avortement est illégal. Cachant sa grossesse, Romina a fini par accoucher et par tuer le nouveau-né. En fait, à sept mois de grossesse elle a accouché toute seule dans sa salle de bain, et suite au stress post-traumatique, a blessé mortellement la nouveau-née. Pour ce fait, elle a été condamnée à la prison à perpétuité. Le tribunal n´a pas tenu compte des conditions de l´assassinat (c´est le terme employé par la justice) ni du fait qu´elle ait été violée. Son violeur, quant à lui, est en liberté.
Pour le juge Argentino Suarez, le viol qu´a souffert Romina n’est pas important, et pour cela il n´apparaît même pas dans son dossier….
Le16 juillet, la cour de cassation a rendu son appréciation de la peine infligée à Romina et a confirmé sa peine. L´espoir était mince pour ne pas dire inexistant dans ce pays très catholique dont le ministre de la Justice est de l’Opus Dei.
On estime à entre 350 000 et 400 000 le nombre d´avortement par an en Argentine. Le nombre moyen de naissances est lui de 650 000. ce qui veut dire qu´il y a un avortement pour deux accouchements à terme. Entre 30 et 40 pour cent des lits des services publics de gynécologie sont occupés par des femmes qui souffrent de complications suite à des avortements « maisons » ou mal faits. La majorité de ces femmes ont un niveau de ressources économiques faible. Il faut savoir que c’est la cause de 200 000 morts par an.

Catégorie L'église/les églises | Pas de Commentaires »