AMIA, entre 10 ans d´impunité folklorique et la magie du gouvernement Kirchner
Si l´attentat n´avait pas fait 86 morts en détruisant la mutuelle juive de l�AMIAon pourrait presque en rire. 10 ans d´impunité, depuis Menem, en passant par De La Rua et Duhalde.
Lors de son ascension à la Présidence de la République, Nestor Kirchner avait promis de faire tout le jour sur cet attentat et en cela n´avait pas fait autre chose que de réitérer des promesses maintes fois entendues par les familles des victimes.
On avait ouvert les archives de la SIDE (services secrets argentins) continué l´enquête et dans le même temps ouvert le procès. Comment peut-on faire un procès alors que l´enquête n´est pas terminée, cela, seules les autorités judiciaires argentines pourraient vous l´expliquer, moi, je n´ai toujours pas compris ? Bref, entre les témoins que la SIDE a payés pour se taire et ceux qu´elle a rémunérés pour s´accuser, il ne ressort de l´affaire en cours qu´un grand déballage d´accusations entre les différents intervenants, juges, procureurs, police et bien sûr politiques.
Tout cela fait désordre, et malgré les remerciements des autorités internationales juives, au dixième anniversaire de cet attentat terroriste, il fallait faire quelque chose, d autant que les représentants du comité juif américain venaient rendre visite à Kirchner pour cette occasion.
C’est là que Neki le pingouin se transforma en Harry Potter national, on retrouva le même jour, 45 cassettes d´écoutes téléphoniques liées à la cause. Elles avaient été perdues au début de l´affaire, on les disait parfois effacées par erreur. Un acte de magie pure, qui aggrave à mon avis le sentiment d´impunité qui existe depuis des lustres dans le pays, ce qui est le contraire du but recherché.
En plus de cela, c´est une insulte manifeste à l´intelligence du peuple argentin, qui a compris, par ce seul acte maladroit, que non seulement ces cassettes ont toujours existé, mais qu´en plus tout le monde savait où elles étaient, et que les morts, ici, ne sont que des monnaies d´échange que l´on distribue au gré des nécessités de l´Etat.