Archive pour le 31 juillet 2004

Alfredo Bravo, grand défenseur des droits de l´homme

Samedi 31 juillet 2004

Alfredo BravoAlfredo Bravo, grand défenseur des droits de l´homme et homme politique argentin, est mort le 26 mai 2003 d´une crise cardiaque. Il avait 78 ans.
Maître d´école rural, il le resta toute sa vie. Militant syndical il fonda le syndicat des enseignants CTERA. Il fut aussi cofondateur de l´Assemblée permanente pour les droits de l´homme, qui commença à travailler pendant la Dictature militaire.
Le 8 septembre 1977, Alfredo Bravo fut enlevé par un groupe de la répression militaire, alors qu´il enseignait à des élèves dans sa classe. Il fut libéré en 1979 et eut à subir de nombreuses fois la torture pendant sa détention.
Après la dictature il se remit à faire de la politique et Alfonsin le nomma Sous-Secrétaire d´Etat au Ministère de l´Education. Il démissionna lorsque dernier promulgua la loi dite de l´Obeissance Obligatoire qui libérait de leurs fautes la grande majorité des militaires qui avait été condamnés par les tribunaux.
En 1991 il fut élu à la chambre des députés et fut candidat à la Présidence de la République en 2003, peu avant de décéder.
Franc-maçon, il avait été initié le 23 juillet 1962 par la Loge Fénix de la Grande Loge D´Argentine.

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Le président argentin, Nestor Kirchner, est accusé d´être l´otage ou le complice des services secrets

Samedi 31 juillet 2004

Provenance de l´article LE MONDE | 29.07.04

Le rôle des services secrets argentins (SIDE) et leurs liens avec le gouvernement de Nestor Kirchner ont provoqué la première crise ministérielle grave depuis l´arrivée au pouvoir du président péroniste en mai 2003. Le gouvernement est otage ou complice du SIDE, qui opère comme une police secrète d´un Etat parallèle, disposant de fonds réservés et sans contrôle, a accusé le ministre de la justice, de la sécurité et des droits de l´homme, Gustavo Beliz, juste après avoir été limogé, pendant le week-end par le président Kirchner.
Selon M. Beliz, des agents de renseignements et d´anciens policiers se seraient infiltrés parmi les manifestants pendant les incidents qui ont éclaté le 16 juillet aux portes du conseil municipal de Buenos Aires. Ce bâtiment situé dans le centre de la capitale avait été violemment attaqué pendant cinq heures sans que les forces de l´ordre interviennent. L´insécurité et la violence sociale suscitent la polémique et entraînent une perte de popularité de M. Kirchner dans les sondages.
De quel progressisme parle-t-on en Argentine ? On a laissé intacte une structure qui est une espèce de Gestapo de l´ère démocratique, a affirmé M. Beliz. Selon l´ancien ministre, les services secrets traitent les problèmes de sécurité sans aucun contrôle, dans un climat très obscur et trouble. Il a critiqué une gestion absolument irrégulière des fonds du SIDE, qui pourraient servir à financer des partis politiques. Il a dénoncé une augmentation du budget du SIDE de 100 millions de pesos (quelques 28 millions d´euros) en 2003, à la suite de décrets secrets du président Kirchner et de son prédécesseur Eduardo Duhalde, également péroniste.

LOGIQUE DE LA TERREUR
Par le passé, le SIDE a été souvent accusé d’actions clandestines et illégales, comme les écoutes téléphoniques, le chantage ou le paiement de pots-de-vin. Dès son arrivée au pouvoir, M. Kirchner avait placé deux hommes de confiance à la tête du SIDE, Hector Icazuriagan et Francisco Larcher, qui l’avaient accompagné quand il était gouverneur de la province de Santa Cruz, en Patagonie (1991-2003). Le président avait promis de licencier 160 espions et d’effacer l’image glauque des “services”, pour en faire un organisme professionnel au service de l’Etat.
Gustavo Beliz a accusé le chef de l’Etat de “maltraiter” ses ministres, de les “humilier” et d’employer avec eux “une logique de la terreur”. Le président gouverne avec une poignée de proches collaborateurs, dont son épouse, la sénatrice Cristina Fernandez de Kirchner, mais ne convoque jamais de réunion ministérielle. “Il peut laisser passer quinze jours sans répondre à un appel téléphonique”, a indiqué M. Beliz.
Catholique fervent, que l’on dit proche de l’Opus Dei, ministre de l’intérieur de l’ancien président péroniste Carlos Menem (1989-1999), Gustavo Beliz avait démissionné en 1993 “écœuré par la corruption”, accusant le gouvernement d’être “un nid de vipères”. Il avait rejoint le parti crée par l’ancien super-ministre de l’économie, Domingo Cavallo, qui avait lui aussi dénoncé la corruption du gouvernement de M. Menem.
Christine Legrand

Pour plus de detais sur cette affaire et sur le site :
L’Opus dei en Argentine 2/06/2004
Incidents graves à la Mairie de Buenos Aires cet après midi 16/07/2004
Forte manifestation des Piqueteros hier et dans le calme 23/07/2004
Gustavo Beliz, Ministre de la justice, démissionné par Kirchner 25/07/2004
Beliz annonce, non sans une forte charge contre le gouvernement de Mr Kirchner, son retrait de la vie politique 26/07/2004

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