Archive for août, 2004

Et bien sûr Blumberg vilipendie les associations défendant les droits de l´homme

Mardi, août 31st, 2004


Les associations de défense des droits de l´homme ne défendent que les délinquants. C´est en ces termes que monsieur Blumberg a décrit l´action de ces organisations. Monsieur Blumberg a la mémoire courte et la rancune tenace. Il est vrai qu´aujourd´hui ce sont les classes aisées de la société qui sont prises pour cible par la délinquance, du moins d´une manière plus évidente qu´auparavant. Le fait est que la classe moyenne n´existe pratiquement plus.
Il faudrait sans doute que, comme auparavant, les délinquants et la police ne s´attaquent qu´aux secteurs pauvres et mal pensants de la société. Vous avez connu Monsieur Blumberg plus de 30.000 disparitions dans les années noires du pays, et puis une police corrompue lorsqu´est venu le gouvernement de Menem, dont les vice-présidents ont été successivement Duhalde et Ruckauf, qui furent ensuite successivement Gouverneur de la Province de Buenos Aires. Je ne vous ai pas entendu à cette époque.
J´oubliais qu´à cette époque, les crimes de sang ne se passaient pas dans les quartiers nord de la ville et de la Province. Les gens de bien étaient épargnés. Bien sûr on leur volait de temps en temps leur voiture, mais que diable, ce n´étaient que des plaies d´argent.
Vous avez dit aussi que le 26 de ce mois, les piqueteros du groupement Aníbal Verón avaient bloqué le Pont Pueyrredón afin d´empêcher les braves gens d´assister à votre homélie sur la grande place. Monsieur Blumberg…! Cela fait 26 mois que le 26 de chaque mois ce pont est coupé, car ils réclament justice pour la mort de leurs deux compagnons, Maximiliano Kosteki et Darío Santillán, lâchement abattus par la police. Vous souvenez-vous des images qu´on a vues, lorsque les policiers se sont fait photographier près des corps encore en vie, leur soulevant les pieds afin qu´ils se vident plus rapidement que leur sang ? Mais vous avez certainement raison, ils n´étaient pas blonds et ne s´appelaient pas Axel. J´avais oublié que pour vous tous les morts ne se valent pas.
Laissez-moi vous livrer un secret : plus l´inégalité sociale est grande dans un pays, plus la délinquance est importante. C´est comme ça et en plus ça paraît logique.
Vos solutions moyenâgeuses ne protégeront pas la société, quelques privilégiés sans doute, quelques quartiers au mieux, mais pas plus. Mais suis-je bête ! vous n´en demandez pas plus.

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Les cortèges de la misère

Lundi, août 30th, 2004

Quoting from L’Express du 30/08/2004
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Très bon article de Marc Epstein
Chaque jour ou presque, les drapeaux rouges des piqueteros paralysent le centre de Buenos Aires. Ces groupes de pauvres et de chômeurs harcèlent le régime, rendu responsable des inégalités criantes que connaît le pays. Mais le président Kirchner temporise. Et le mouvement étale ses divisions

Peu avant l’arrestation de Raul Castells, le 25 août, un ministre du gouvernement argentin l’a traité de «terroriste». L’accusation le rendait fou de joie, comme si elle l’avait rapproché de ses modèles: à 50 ans, Castells porte la même longue barbe que Fidel Castro, sa rudesse rappelle Lénine et, même s’il avoue avoir un faible pour Mao, ses principaux héros seraient plutôt Karl Marx et Che Guevara. Quelques jours avant son arrestation, quand L’Express l’a rencontré, il passait tout son temps dans un entrepôt de la banlieue de Buenos Aires où il avait installé son quartier général, loin des pistes de tango et des façades élégantes du centre-ville. Avec une ardeur troublante, ce «socialiste révolutionnaire» cherchait de nouveaux stratagèmes pour chasser du pouvoir le chef de l’Etat, Nestor Kirchner. Assis à son bureau - un banc et une vieille table en bois - il était entouré de piles de sacs: riz, sucre, huile, médicaments. Ces réserves, surveillées en permanence par un homme armé d’un revolver, étaient destinées aux adhérents de son organisation.

Les Piqueteros sont devenus les porte-voix de la protestation sociale, la corruption et l’inefficacité ayant ôté toute crédibilité aux syndicats officiels

Le gouvernement a longtemps fait mine d’ignorer Castells. Et peu d’Argentins prenaient au sérieux ses appels au soulèvement populaire. Toutefois, il dirigeait l’un des plus importants mouvements de chômeurs en colère. Le fauteuil présidentiel étant réputé instable, certains ont fini par s’interroger: le leader autoproclamé du «prolétariat en lutte» et ses amis représenteraient-ils un danger pour le gouvernement issu des urnes?

«Nous sommes la plus grande organisation sociale du pays après l’Eglise catholique», assurait Castells, sans fournir la moindre preuve de ce qu’il avançait. Son Movimiento independiente de jubilados y desocupados (MIJD, Mouvement indépendant des retraités et des chômeurs) compterait environ 60 000 adhérents au total. C’est l’un des groupes les plus durs parmi les piqueteros, ces pauvres et sans-emploi qui organisent des manifestations et érigent des barrages (piquetes, d’où leur nom) le plus souvent au cœur de la capitale. En Argentine, où l’économie se remet à peine d’un effondrement général, il y a trois ans, ces associations sont devenues les porte-voix de la protestation sociale, car la corruption et l’inefficacité ont ôté toute crédibilité aux syndicats officiels. Les piqueteros revendiquent le droit à l’emploi et réclament des subventions publiques.

Chaque jour ou presque, radios et télévisions mettent en garde les automobilistes de Buenos Aires: «Une manifestation de chômeurs est prévue devant la gare centrale. Le cortège se dirigera ensuite vers le Parlement et le palais présidentiel…» Aux yeux du visiteur étranger, les cortèges ne manquent pas d’allure. Même à La Havane, à Pékin ou à Pyongyang, il est rare d’apercevoir dans un même lieu, à l’aube du XXIe siècle, parsemés dans une forêt de drapeaux rouges, les portraits de Karl Marx, de Léon Trotski, de Mao Zedong et de Che Guevara. Sur la plaza de Tribunales, l’autre jour, les leaders tournaient en dérision la dernière campagne de publicité du gouvernement: «Souriez, nous recevons des touristes!» Debout sur une estrade, le représentant d’un mouvement étudiant solidaire hurlait sa colère dans un mégaphone: «Vous avez vu, camarades? Ils veulent cacher notre misère et interdire les manifestations.»

Depuis trois mois environ, certains groupes sont passés à des actions plus radicales, comme si couper les autoroutes d’accès à la capitale ou bloquer la circulation en ville ne suffisait plus. D’abord, une voiture de police est incendiée en réaction à la mort d’un adolescent à la sortie d’une discothèque, dans le quartier de la Matanza, une banlieue pauvre de Buenos Aires. Puis l’assassinat d’un militant, le 26 juin, met le feu aux poudres: dès le lendemain, un commissariat du quartier de la Boca est mis à sac par les voisins de la victime. En juillet, d’autres manifestants, accompagnés de travestis prostitués, tentent d’investir par la force la salle du conseil régional de Buenos Aires…

L’origine du mouvement des piqueteros remonte au milieu des années 1990, quand le chômage de masse a fait son apparition pour la première fois en Argentine. A l’époque, la compagnie pétrolière nationale a chassé, peu avant sa privatisation, plusieurs milliers de ses salariés. Beaucoup vivaient à l’écart, dans de petites villes de provinces isolées telles que Neuquen et Salta. Bloquer les routes constituait, dans ces lieux, le seul moyen d’attirer l’attention.

Le soutien de la population s’amenuise

Longtemps soutenus par les membres de la classe moyenne, dont beaucoup ont perdu leurs économies lors du krach de décembre 2001, les manifestants suscitent aujourd’hui plus de sarcasmes que de compassion. Les livreurs et les chauffeurs de taxi, en particulier, s’avouent exaspérés par les embouteillages incessants: «A force de réclamer du boulot, grogne l’un d’eux, ils vont nous faire perdre le nôtre.» Selon l’institut de sondages Graciela Romer, la part de ceux qui voient dans les rassemblements «une protestation légitime contre le chômage» est passée de 56 à 33% entre juin 2001 et mai 2004. En conséquence, certains piqueteros tentent d’imaginer des actions novatrices, moins impopulaires. Un petit groupe de chômeurs a occupé récemment les guichets de vente dans la principale gare ferroviaire de la capitale et distribué des billets «gratuits» aux passagers. Objectif: rappeler la persistance de la misère.

De fait, dans les rues du centre historique de Buenos Aires, on en viendrait presque à oublier la crise. Bien sûr, des adolescents couchent sur le trottoir, des cartoneros récupèrent des boîtes en carton usagées et des enfants ouvrent la porte des taxis dans l’espoir de recevoir une pièce… Mais la capitale argentine conserve, surtout la nuit, son élégance désuète. Seule une visite dans la banlieue permet de comprendre ce qui amène quelques têtes brûlées à défiler dans les rues: à trente minutes en voiture de la place de Mai, il est des Argentins qui habitent dans des maisons préfabriquées, sous un toit en tôle ondulée, le long d’une route de sable. «J’élève quatre enfants toute seule, soupire Juana. J’ai 25 ans et je vends des fruits et légumes dans la rue.» Ses gamins vont à l’école, où ils reçoivent, à midi, un verre de lait. «Je fais ce que je peux, dit-elle, mais tout est devenu si cher.»

Une économie «maniaco-dépressive»

L’Argentine doit son nom à ses fabuleuses réserves de métaux précieux. Elle comptait, il y a un siècle, parmi les pays les plus riches de la planète. Depuis lors, le niveau de vie moyen a décliné inexorablement, sous l’effet d’une économie «maniaco-dépressive», selon l’expression d’un banquier. Près de 50% des 36 millions d’habitants vivent dans la pauvreté. Environ 14% sont sans emploi - voire 20%, si l’on prend en compte la petite aide mensuelle de 150 pesos (50 euros) accordée par le gouvernement aux chefs de famille au chômage. Surtout, dans ce pays qui s’est longtemps targué de compter la classe moyenne la plus étendue d’Amérique latine, la société n’a jamais été aussi inégalitaire. Les 10% les plus riches de la population gagnent 50 fois plus que les 10% les plus pauvres, selon une étude officielle, et l’écart ne cesse de se creuser. La fortune des plus nantis s’est encore accrue, du fait de la crise; pour ceux qui disposaient d’économies en dollars ou en euros sur des comptes en banque à l’étranger, la déroute de la monnaie nationale a représenté une aubaine: leurs achats immobiliers ou industriels s’opèrent «à prix cassés». Pas étonnant, alors, que les moins chanceux descendent dans la rue.

Au fil du temps, cependant, plusieurs groupes de piqueteros ont adopté de curieuses méthodes, plus proches du banditisme mafieux que de la lutte des classes. Le 20 mai, par exemple, une centaine de manifestants occupent pendant une heure le siège de l’entreprise pétrolière Repsol YPF; ils exigent la distribution gratuite de bonbonnes de gaz, devenues hors de prix depuis la privatisation de la société, au début des années 1990. A l’issue de longues tractations, les dirigeants de l’entreprise offrent, contraints et forcés, des bonbonnes aux 1 052 cantines pour enfants administrées, selon Raul Castells, par le MIJD (1). Ce même groupe prend aussi pour cible la chaîne de restauration rapide McDonald’s: ses piqueteros envahissent neuf restaurants de la capitale et réclament 20 tonnes de lait en poudre ainsi que 10 000 livres scolaires. L’entreprise refuse, mais s’abstient de porter plainte. Plusieurs supermarchés ont fait l’objet d’actions qui s’apparentent à un hold-up pur et simple. Fait aggravant, le produit de cet «impôt révolutionnaire» est distribué dans l’opacité la plus totale.

Lors de toutes ces manifestations, la police n’est jamais intervenue, car le gouvernement Kirchner répugne à réprimer. D’abord, ce serait contraire à ses racines idéologiques: le chef de l’Etat est un ancien militant des Jeunesses péronistes, lesquelles ont flirté avec l’idée d’une révolution marxiste. Ensuite, il redoute ses propres forces de l’ordre, réputées pour avoir la «gâchette facile». En 2002, des policiers ont assassiné deux jeunes piqueteros, Dario Santillan et Maximiliano Kosteki; leur mort a précipité la chute du gouvernement provisoire d’Eduardo Duhalde et, en avril 2003, l’avènement au pouvoir de Nestor Kirchner. On comprend que l’actuel président, parvenu à la tête de l’Etat à la faveur d’une violence policière, hésite à recourir aux forces de sécurité.

Soit il laisse se développer un climat d’anarchie, soit il cède aux voix qui réclament plus de poigne. Quitte à prendre le risque d’un embrasement…

En attendant, le voici confronté à ce dilemme: soit il laisse se développer un climat d’anarchie, au risque de décourager les investisseurs étrangers, soit il cède aux voix qui réclament plus de poigne, en particulier dans la presse et les milieux conservateurs. Quitte à prendre le risque d’un embrasement… Refusant l’alternative, Kirchner tente de se frayer une troisième voie. En faisant arrêter le leader le plus remuant, Raul Castells. Et en attirant vers lui d’autres piqueteros, réputés conciliants. Deux groupes importants soutiennent désormais sa politique, Barrios de pie (Quartiers debout!) et surtout la Federacion Tierra y vivienda (FTV, Fédération Terre et habitat), présidée par Luis D’Elia. «Je vois Kirchner toutes les semaines, s’exclame-t-il. Le président a fait beaucoup de choses importantes pour les chômeurs!» Parmi les 120 000 adhérents revendiqués par la FTV, quelque 70 000 recevraient les allocations d’urgence du gouvernement. Dans la grande tradition clientéliste du péronisme, le gouvernement de Buenos Aires finance ainsi les mouvements de protestation sociale supposés le combattre. A écouter Luis D’Elia, il semble que la stratégie porte ses fruits: «Je suis prêt à prendre les armes pour défendre Kirchner, assure-t-il. Les piqueteros hostiles au gouvernement font le jeu de la droite.» Avec le soutien de la Centrale des travailleurs argentins (CTA), une organisation syndicale indépendante, la FTV a mis sur pied quelque 2 000 cantines communautaires et 150 ateliers de production, financés en partie par le gouvernement fédéral et les provinces. Dans l’un de ses ateliers de couture, installé sur le toit d’un immeuble résidentiel dans le quartier de la Boca, une dizaine d’ouvriers fabriquaient l’autre jour des uniformes de la police!

Ailleurs, des groupes de piqueteros acceptent de collaborer, au cas par cas, avec le gouvernement ou avec des entreprises privées sur des projets particuliers. A la Matanza, de tradition péroniste, des hommes creusent à la pioche des tranchées qui permettront d’amener l’eau potable dans le quartier. Tous sont membres des 15 coopératives créées par le mouvement du Courant classiste et combatif (CCC), un groupe piquetero dirigé par Juan Carlos Alderete. A l’issue d’interminables débats internes, le CCC a accepté, en mai dernier, de coopérer avec la compagnie des eaux Aguas argentinas, filiale du groupe Suez: ses membres qui participent aux travaux de terrassement bénéficient des plans sociaux du gouvernement et touchent en outre 400 pesos environ par mois pour leur travail, soit 120 euros. «Dans le quartier, quelque 900 000 personnes vivent sans eau potable, explique Alderete. Les bouteilles d’eau coûtent cher et celle puisée dans les jardins doit être bouillie longuement avant d’être consommée. Participer au raccordement au réseau est une bonne chose, même si je ne suis pas dupe: la politique du gouvernement est de nous inciter à coopérer, quitte à accepter des salaires au rabais. Dans un monde idéal, ce sont de vrais emplois que nous voulons, pas des plans sociaux.»

En ligne de mire: les élections de 2005

Dans la zone industrielle de la Matanza, les grandes usines, Mercedes-Benz, Volkswagen, la fabrique sidérurgique d’Acindar et des centaines de petites et moyennes entreprises ont fermé leurs portes ou tournent au ralenti. «Mon travail est de défendre au mieux les intérêts des pauvres, insiste Alderete. A quoi bon bloquer une autoroute avec 30 personnes si cela rend furieux 30 000 automobilistes? Je suis bien obligé d’être pragmatique.» Le leader piquetero se reconnaît une certaine filiation historique avec les «sans-chemises», qui, en 1945, donnèrent naissance au mouvement péroniste. «Mais l’époque a changé, précise-t-il. C’est tout le peuple qui doit descendre dans la rue. Pas une élite armée.»

Pendant combien de temps le gouvernement Kirchner pourra-t-il tenir à distance les piqueteros? Pour Rosendo Fraga, analyste politique, la mise au pas du mouvement constituerait un signe fort de «bonne gouvernance», selon l’expression consacrée: «En Argentine, les années 1980 étaient dominées par le retour à la démocratie. Les années 1990 ont été marquées par les réformes économiques. Aujourd’hui, à l’aube du XXIe siècle, les électeurs attendent du président qu’il assume ses responsabilités.» L’arrestation de Raul Castells n’est qu’un début, espère l’analyste: «Dans un pays normal, si des manifestants envahissent un poste de police ou s’ils pillent les bureaux d’une entreprise privée, le gouvernement fait appel aux forces de police. Mais Kirchner n’ose pas. Il pense que, si un piquetero devait être tué par un policier, le chef de l’Etat serait acculé à la démission, comme ce fut le cas, il y a un peu plus d’un an, pour son prédécesseur. Je comprends ses craintes: depuis quatre ans, en Haïti, en Bolivie et même ici, en Argentine, trois présidents ont dû quitter le pouvoir sous la pression populaire. Toutefois, Kirchner a tort. La cause des piqueteros n’est plus aussi populaire qu’autrefois. Leurs mouvements sont divisés et parfois corrompus. Or le président doit songer aux élections législatives de 2005, qu’il doit gagner coûte que coûte. Il lui reste moins de quatorze mois pour l’emporter. Kirchner considère qu’il y a un grand danger à agir. Mais le vrai danger, à mon sens, consiste à ne rien faire.»

A force de laisser les piqueteros occuper les rues et de compter sur l’exaspération des classes moyennes, le président argentin finit par rappeler le cynisme ambigu de son lointain prédécesseur, le général Peron: «Nous, les Argentins, nous croyons toujours dire le vrai, écrivait ce dernier dans une lettre au romancier Tomas Eloy Martinez. Ainsi, beaucoup de compatriotes me rendent visite au palais présidentiel et cherchent à me vendre diverses vérités, comme si chacune d’elle était la seule valable. Que voulez-vous que je fasse? Je les crois tous.»

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Le Musée Libertador Général San Martin à Boulogne sur mer

Lundi, août 30th, 2004

L´actuel Musée occupe la maison où le Général José de San Martín mourut le 17 août 1850, aprés avoir passé ses derniers mois de vie à Boulogne-sur-Mer accompagné de sa fille Mercedes et de son beau-fils Mariano Balcarce. L´immeuble fut acheté en avril 1926 par le Ministre Plénipotenciaire Federico Alvarez de Toledo, en représentation de l´Etat argentin, aux descendants de l´avocat Adolphe Gérard, moyennant la somme de 400 mille francs. Cet achat fut possible grâce aux fonds obtenus par souscription directe réalisée dans les écoles de l´Argentine. Le Musée relève à présent du Ministère des Relations Extérieures, du Commerce International et du Culte et se trouve donc sous la dépendance directe de l´Ambassade de la République Argentine en France.

Maître Gérard avait loué au Général San Martín le deuxième étage de sa maison, sise au 105 de la Grande Rue (aujourd’hui 113). Il le décrit dans une chronique de l´époque comme un gentil vieillard, de grande taille, que ni l’âge, ni les tracas, ni les douleurs physiques n´avait pu fléchir. Ses traits étaient expressifs et sympathiques, son regard pénétrant et alerte, ses manières aimables et il était très instruit. Il savait et parlait couramment le français, l´anglais, l´italien, et bien sûr l´espagnol ; et il avait lu tout ce que l´on pouvait lire. Sa conversation, facilement joviale, était l´une des plus attrayantes que l´on pouvait entendre. Sa bienfaisance était sans limites…

San Martín arriva à Boulogne-sur-Mer en juin 1848 cherchant à s´éloigner des mouvements révolutionnaires qui éclatèrent à Paris et qui prirent fin avec l´abdication de Louis-Philippe et la proclamation de la Deuxième République. Il aimait se promener dans le jardin de Tintilleries, sur les rivages de la Liane et faire des pèlerinages au campement de Boulogne suivant les traces de Napoléon qu´il admirait énormément malgré le fait de l´avoir combattu pendant la guerre d´Espagne. Trois écrits, de sa fille, de son beau-fils et de son ami Félix Frías, sont de précieux témoignages des derniers moments vécus par le Général San Martín. Le premier Conservateur du Musée fut Julio Bambillo (1928). Par la suite, l’immeuble fut le siège du Consulat argentin jusqu´en 1966. À partir de cette date, les Conservateurs qui se sont occupés de l´entretien et de la réception du public ont été successivement : Mme. María Marta Delpierre (1967/1976), MM. José Antonio Insausti (1977/1987), Juan Carlos Grupalli (1988/1999) et Gabriel Quiroga (2000).

Il existe aussi à Boulogne-sur-Mer deux autres endroits qui évoquent la mémoire de San Martín : le Monument équestre sur l´avenue qui longe la mer, oeuvre du sculpteur français Henri Alluard, inauguré le 24 octobre 1909, et la Crypte de la Cathédrale de la ville où sa dépouille resta pendant onze ans jusqu´à son transfert au cimetière de Brunoy, aux alentours de Paris. L´Ambassade d´Argentine en France organise régulièrement différentes activités culturelles au siège du Musée : concerts de musique classique, conférences et expositions. En outre, des commémorations sont périodiquement célébrées et des hommages sont rendus à la mémoire du Général. La ville de Boulogne-sur-Mer et le Musée sont devenus un véritable lieu de pèlerinage pour de nombreux Argentins. Enfin, il y a lieu de signaler que le Cercle Historique San Martín, présidé par M. Pierre Camusat, siège au Musée. Il est composé de cinquante membres qui depuis 1993 oeuvrent pour conserver vivante la mémoire du Général José de San Martín.

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Kissinger avait approuvé les abus des droits de l’homme

Dimanche, août 29th, 2004

L´ancien secrétaire d´Etat américain Henry Kissinger a donné son aval à des violations des droits de l´homme en 1976 par la dictature argentine. L´information provient d´un document américain confidentiel déclassé et rendu public vendredi.

Lors d´une réunion avec M. Kissinger le 10 juin 1976 à Santiago, moins de trois mois après le coup d´Etat militaire contre Isabel Perón, le ministre des Affaires étrangères César Auguto Guzzetti avait affirmé que le « principal problème » de son pays était « le terrorisme ».

« Notre principal problème en Argentine, c´est le terrorisme. (La lutte contre le terrorisme) est la première priorité du gouvernement qui a pris ses fonctions le 24 mars (…) L´Argentine a besoin de la compréhension et du soutien des Etats-Unis », a dit M. Guzzetti, selon le document de 13 pages.

En réponse, M. Kissinger a déclaré : «Nous suivons de près ce qui se passe en Argentine. Nous souhaitons au nouveau gouvernement de réussir. Nous voulons qu´il réussisse. Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l´aider à trouver une solution ».

Plus tard, M. Kissinger a dit à M. Guzzetti que l´Argentine se trouverait dans «une période difficile » et qu´elle devrait faire preuve d’ » autorité ». « C´est une période curieuse quand les activités politiques, criminelles et terroristes se mélangent, sans aucune séparation claire. Nous comprenons qu´il faille user d’autorité », a-t-il ajouté.

« S´il y a des choses qui doivent être faites, vous devrez les faire rapidement », a poursuivi M. Kissinger. « Mais il faudra revenir rapidement aux procédures normales », a dit l’ancien chef de la diplomatie américaine.

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Maradona se rendrait à Cuba si Fidel Castro garantit qu´il suivra son traitement

Samedi, août 28th, 2004

La seule solution, celle qu´accepterait la justice, serait que Fidel Castro prenne en charge Diego et déclare : À Cuba et sous ma responsabilité il poursuivra, son traitement.
Fidel Castro aime beaucoup Diego et depuis son internement lui a téléphoné toutes les semaines. Quant à Maradona, il a un profond respect pour le dictateur cubain.
Ce serait la proposition faite par les avocats de Maradona au juge des tutelles qui attend confirmation écrite de l´ambassade de Cuba sur le fait qu´il sera soigné dans un établissement spécialisé et fermé. Sera-t-il, dans ces conditions, accompagné par un de ses proches parents chargé de veiller à la tenue des promesses faites, c´est encore une possibilité à l´étude, et qui donnerait satisfaction à la famille.
Maradona se rendra à Cuba la semaine prochaine, personne n´en doute ici et Fidel pourra vérifier que le tatouage à son image que l´ex idole porte à son mollet est toujours bien présent.

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Raúl Castells, leader Piqueteros en prison, tout le monde est content, surtout Castells

Vendredi, août 27th, 2004

Il fallait bien montrer qu´on était ferme face aux délinquants, surtout quand ceux-ci fustigent le gouvernement. Raúl Castells, dont la dernière intervention dans le Chaco avait ému la population bien pensante vient d´en faire les frais. Comment peut-on aller demander une aide sociale à un pauvre Casino, lesquels sont bien connus pour l´aspect philanthropique de leurs activités ! Eh oui, gagner le jackpot sans mettre un sou dans la machine, c´est immoral !
Le casino en question n´avait d´ailleurs pas porté plainte pour extorsion. Les propriétaires avaient déclaré ne pas pas avoir été intimidés par la manifestation et avaient, par l´intermédiaire du conseiller légal de l´Établissement, écrit une lettre qui confirmait ces propos et assurait que les sommes versées aux Piqueteros correspondaient aux donations en nature que la société faisait d´une manière régulière. Les piqueteros avaient, d´autre part, remis au casino les factures d´achat de nourriture correspondante au montant versé.
Ce sont donc les deux procureurs de la région qui ont porté l´affaire devant la justice, qui a convoqué Castells, lequel bien entendu n´a pas réagi. Et le voilà en prison.
Face aux 52.000 personnes recherchées pour s´être dérobées à une décision de justice dans la seule province de Buenos Aires depuis 10 ans, cette arrestation est un véritable succès de la police, n´en doutons pas. Il est content Castells, ce n´est pas la première fois qu´il goûte au cachot, mais à chaque fois il a récupéré un nombre important d´affilié.
Même Hebe de Bonafini, présidente de l’association des Mères de la Place de Mai, s´est réjoui de l´évènement. On l´avait connu plus circonspecte, mais depuis qu´elle voyage dans l´avion présidentiel, elle s´est convertie à la religion en vogue actuellement et psamoldie hare Kirchner, hare kirchner à longueur de journée.
Il y a des notes plus sympathiques à faire, car franchement ce Castells, à moi non plus il ne me plaît pas….. de là à être aussi maladroit !

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La Cour suprême affirme l´imprescriptibilité des crimes contre l´humanité

Vendredi, août 27th, 2004

Quoting from Courrier international :

La Cour suprême affirme l´imprescriptibilité des crimes contre l´humanité
Dans une décision rendue mardi 24 août, la Cour suprême argentine a invoqué pour la première fois l´imprescriptibilité des crimes contre l´humanité en confirmant la condamnation d´un ancien agent de la police secrète chilienne. En 1974, Enrique Arancibia Clavel avait participé à l´organisation d´un attentat à Buenos Aires.

La Cour suprême argentine juge imprescriptibles les crimes contre l´humanité, titre La Nación. Dans une décision du 24 août, la plus haute instance judiciaire du pays a confirmé par cinq votes contre trois la condamnation à perpétuité d´Enrique Arancibia Clavel, responsable du meurtre du général Carlos Prats, il y a trente ans.

Prats, ancien chef de l´armée chilienne, s´était exilé à Buenos Aires après la chute du gouvernement de Salvador Allende, rappelle le quotidien argentin Clarín. Le 30 septembre 1974, lui et sa femme furent victimes d´un attentat à la voiture piégée perpétré par des agents de la police secrète chilienne (DINA), parmi lesquels Enrique Arancibia Clavel.

Déjà condamné en 2000 à la réclusion criminelle à perpétuité pour association illicite aggravée, il fut relaxé un an plus tard par la Cour pénale de cassation, au motif de la prescription du délit. Jugement infirmé par la Cour suprême, qui fait valoir dans sa décision que le droit international et la convention sur l´imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l´humanité se substituent, en droit interne, au principe de prescription de l´action pénale.

Saluée par les organisations de défense des droits de l’homme, cette décision est un précédent important, souligne Página 12. Alors que les juges de la Cour suprême doivent encore se prononcer sur la constitutionnalité de l´annulation, par le Parlement, des lois d´amnistie dites du Point final (1986) et de l´Obéissance due (1987), le Buenos Aires Herald espère qu´elle fera naître une jurisprudence qui mette fin à l´impunité des tortionnaires. De l´avis de nombreux juristes, cette brèche pourrait permettre de faire comparaître d´anciens chefs de la dictature militaire argentine (1976-1983) devant les tribunaux.

Renaud Charles

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Maradona le suspense continue

Vendredi, août 27th, 2004

Après trois heures et demi de discussion dans le bureau du juge des tutelles, Norberto García Vedia, pour une audience de conciliation, le sort de Maradona vient d´être fixé. La famille était au complet. Maradona était représenté par son avocat et son médecin personnel. Il s´agissait de se mettre d´accord sur l´endroit oú Diego devait continuer son traitement et entreprendre la deuxième phase de celui-ci. Les experts s´étaient accordés sur le fait que cette deuxième phase devait se passer dans un centre communautaire fermé. Diego voulait bien sûr repartir pour Cuba, quant à la famille elle ne désirait pas qu´il puisse quitter le pays.
Il a fallu attendre plus d´une heure 1/2 pour qu ´un communiqué soit lu aux journalistes présents, indiquant que le moment n´était pas encore venu, pour la justice, de prendre une décision.

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