Archive pour le 4 août 2004

La CGT veut reprendre aux Piqueteros la représentation des chômeurs

Mercredi 4 août 2004

La volonté de la CGT de reprendre le leaderchip dans la représentation de la contestation sociale en Argentine est de plus en plus manifeste. Après avoir demandé lors de leur dernière réunion au Président Kirchner de s´occuper de la formation et de la réinsertion des chômeurs, elle veut maintenant leur fournir un plan santé à travers de ses mutuelles et de ses hôpitaux.
Le triumvirat de la nouvelle CGT unifiée, Hugo Moyano, Susana Rueda et José Luis Lingeri a été reçu hier par le ministre de la santé Ginés González García. bien sûr ce sont les fonds de l´Etat qui sont sollicités pour donner à ces personnes une couverture médicale, tout comme pour la formation.
L´objectif de la CGT est clair, reprendre l´initiative dans la représentation des classes populaires les plus défavorisées actuellement regroupées dans les organisations de piqueteros, et d´autre part refinancer leurs Oeuvres sociales qui se trouvent actuellement dans une situation financière difficile.
Les modalités ne sont pas encore au point quant au financement qui se ferait soit directement du Gouvernement à la CGT soit par une augmentation des plans sociaux et une cotisation des bénéficiaires à la centrale syndicale
Ce qui est inquiétant, à part le fait que se sera une fois de plus l´occasion pour les dirigeants des différents syndicats appartenant à la centrale d´augmenter leurs revenus personnels (à ce sujet d´ailleurs ils refusent toujours de faire une déclaration de leurs biens), mais surtout le fait qu´on parle d´une couverture médicale basique inférieure à celle du régime général. Des explications sont nécessaires, car personne ne soigne le cancer avec de l´aspirine.
Le communiqué du ministère de la Santé à la Presse a oublié de signaler la présence de Luis Barrionuevo à cette réunion. Une erreur, sans doute, qu´il semble bon de rectifier. (La photo en est la preuve, Barrionuevo est celui qui part avec le pain)

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Pour comprendre la classe dirigeante et politique argentine

Mercredi 4 août 2004

peronSous le premier gouvernement de Juan Perón, mais aussi sous les régimes qui l´ont suivi – Ignacio Klich, qui préside le comité académique de la Ceana, parle à ce propos d´une «connivence sociale qui a duré bien au-delà de la chute de Perón » —, l´Argentine a toujours été le sanctuaire, l´ultime refuge des nazis ayant fui l’Europe. Accueillis par une communauté allemande déjà puissante à la fin de la Première Guerre mondiale, aimablement reçus par un régime péroniste influencé par les fascismes européens, aussi antiaméricain qu´il était anticommuniste, les fugitifs du IIIe Reich ont souvent recréé ici des villages à l´image de leurs Heimat natals. Ils se sont installés dans le nord de l’Argentine, non loin des frontières avec le Paraguay et l’Uruguay, dans la région de Cordoba, où vivaient déjà de nombreux marins du Graf Spee, un navire de guerre allemand qui s´était sabordé en décembre 1939 dans l´embouchure du Rio de la Plata, ou bien vers Mendoza, au pied de la cordillère des Andes, près de la frontière avec le Chili. Beaucoup d´entre eux ont particulièrement apprécié San Carlos de Bariloche, sur les contreforts andins, au bord d’un lac, un lieu de villégiature qui rappelle, avec ses chalets, ses montagnes et ses eaux claires, un joli coin de Bavière. C´est ici, en 1954, que s´était établi Erich Priebke, responsable du massacre de la fosse Ardéatine, au nord de Rome, où 335 civils furent tués en 1944 en représailles d´un attentat contre des soldats allemands par des partisans italiens. Comme le raconte Jorge Camarasa dans son livre Odessa al Sur (éd. Planeta), il put, dans les rues de Bariloche, croiser Josef Mengele ou Adolf Eichmann, qui y vint parfois en vacances.hitler L´ancien pilote de la Luftwaffe Hans Ulrich Rudel participait aux tournois de ski du Club andino. Le financier Ludwig Freude, ami de Peron, y avait une maison. Friedrich Lantschner, ancien gouverneur nazi du Tyrol autrichien, y fonda une entreprise de construction. Vivaient également à Bariloche un ancien agent des services de l´armée allemande, Juan Maler, le banquier nazi Carlos Fuldner, d´anciens responsables de la Gestapo ou des SS comme Max Naumann, Ernst Hamann ou Winfried Schroppe. Tout ce beau monde buvait chaque soir de la bière au Deutsche Klub et fêtait, tous les 20 avril, l´anniversaire d’Adolf Hitler au dernier étage de l´hôtel Colonial.
Combien furent-ils à venir dans ce pays après la guerre ? Personne ne le sait encore précisément. «Des nazis, des collaborateurs ? Des milliers. Des criminels de guerre ? Quelques dizaines », estime Sergio Widder. L’historien allemand Holger Meding, chercheur à l´université de Cologne, qui a travaillé sur les archives argentines, allemandes et autrichiennes et a publié, en 1993, un livre sur le sujet (Flucht vor Nürnberg? Deutsche und Oesterreichische Einwanderung in Argentinien, 1945-1955, éd. Boehlau Verlag, Cologne), estime qu´environ 80 000 Allemands et Autrichiens sont entrés au cours des dix années de l’après-guerre en Argentine, et que 19 000 s’y sont établis définitivement. Entre 3 000 et 8 000 d’entre eux ont fui l´Europe en raison de leur association avec le nazisme et 50 seraient des criminels de guerre. Camarasa, dans son livre, cite un autre chercheur, John Loftus, qui donne des chiffres légèrement inférieurs : environ 60 000 immigrés, allemands, autrichiens et croates, pour la plupart, seraient, selon lui, arrivés en Argentine entre 1945 et 1950. La moitié aurait présenté des documents en règle et l´autre, de faux papiers. Face aux immigrants d´origine germanique, l´historien Cristian Buchrucker, de l´université de Cuyo, dans la province de Mendoza, identifie un « groupe latin », composé de collaborateurs français, de rexistes belges et de fascistes italiens. Moins nombreux, mais souvent plus intellectuels et plus urbains que les exilés allemands, moins handicapés aussi par la barrière de la langue, ils eurent sans doute une plus grande influence qu’eux sur la société argentine. Ils pénétrèrent plus facilement le monde universitaire et publièrent articles et revues en castillan, diffusant ainsi leurs idées d´un « ordre nouvelles » dont la version la plus atténuée était un « conservatisme autoritaire » fortement teinté d´intégrisme catholique. Leurs principaux représentants furent Carlo Scorza, secrétaire général du Parti fasciste italien en 1943, l´universitaire français Jacques de Mahieu, ancien combattant de la division Charlemagne, mort à Buenos Aires en 1990, le rexiste Pierre Daye, Henri Lebre, qui collabora à la revue vichyste Je suis partout, et Alberto Falcionelli, lui aussi journaliste et représentant de l´office d´information du régime de Vichy à Madrid.

Source texte: l’Express Extrait de l’article du 09/04/1998

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Qui paye la dette extérieure, analyse de la pression fiscale en Argentine

Mercredi 4 août 2004

LLa pression fiscale en Argentine est de 21 % du PIB.
Elle est par exemple de 45.2 % en France et de 37 % en moyenne dans les pays de l´OCDE.
Mais ce qui est le plus intéressant c´est de voir d´où proviennent les ressources fiscales :
Dans l´OCDE le pourcentage provenant des bénéfices des revenus et du capital est de 36.3 %, ceux provenant de la sécurité sociale de 27 %, de la propriété 5.4 % de la consommation et des services 31.3 %
Si l´on prend les chiffres argentins, nous nous rendons compte immédiatement de la différence et de la raison de l´injustice sociale qui y existe.
Rentes et capital 19 %, sécurité sociale 15.6 %, propriété 12.9 (les chiffres sur les revenus de la propriété sont faussés par le fait qu´en Argentine sont inclus dans cette statistique l´impôt sur les transactions financières) et consommation et services 48.2 %. C´est donc ce qu´on appelle les impôts régressifs qui sont les plus importants et cela revient à dire que moins une famille argentine gagne d´argent, plus elle paye d´impôts et plus elle contribue au remboursement de la dette.
Les plans sociaux par exemple, 150 pesos par famille soit 50 US dollars, par famille et par mois, sont grevés dès le départ de 21 % ou dans le meilleur cas de 10.5 de TVA applicable sur tous les produits, nourriture, lait pain farine, viande.
Par contre, le revenu, le capital et les bénéfices sont parmi les plus bas de la planète, 19 %, et ce, parce que le plus petit salaire est taxé. sinon il atteindrait un seuil de 12 ou 13 %, si ce n´est moins. Car là encore ceux qui gagnent le moins payent le plus. Au Canada ou aux États-Unis, le pourcentage atteint 50 % et ce ne sont pas des pays socialistes.
D´autre part quand on voit le faible pourcentage de ce qui revient à la sécurité sociale on comprend mieux pourquoi le système est dans un état déplorable, que l´assurance médicale privée est, malgré son coût et la non-réglementation qui l´accompagne, en pleine expansion.
Aujourd´hui, alors que se creuse inexorablement le fossé entre les plus riches et la moitié de la population qui vit dans la misère, les grands fabricants, producteurs et exportateurs -permanents bénéficiaires de la politique économique — réclament une contribution fiscale encore plus faible avec une diminution des prélèvements et autres contributions fiscales.
Le gouvernement n´a pas encore répondu à cette demande et l´a considéré comme étant prématurée. Il serait temps peut-être de dire la vérité à ces braves gens et leur expliquer que, comme le pays a connu ce qu´on appelle les nouveaux pauvres ils vont découvrir prochainement ce que sont les nouveaux contribuables.
Aucune volonté donc, encore une fois, de régler les vrais problèmes du pays et de repousser aux calendes grecques la seule réforme nécessaire et indispensable pour moderniser sa structure économique de l´Argentine de la part du gouvernement. Le règlement des obligations du pays ne peut pas toujours retomber sur les mêmes, d´autant que ceux-là viennent de voir leurs ressources diminuer d´une manière conséquente.
Après avoir maintes fois, dans l´histoire récente, profité des dévaluations en plaçant leur argent dans des banques étrangères avant qu´elle ne se produise, et en faisant pésifier leurs crédits, les riches familles argentines essaient aujourd´hui encore de se soustraire au paiement de la dette extérieure.

Sources chiffres OECD Statistics, Ministério da Fazenda (Brasil) y Ministerio de Economía de la Nación (Argentina)

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