Archive pour le 6 août 2004

L´Argentine a tort de se réjouir du mea culpa du FMI

Vendredi 6 août 2004

Photo : Rodrigo Rato FMI
Le remboursement de 758 millions de dollars qui devait être fait par le FMI en juin n´a toujours pas eu lieu et il est peu probable qu´il se fasse avant que l´Argentine ait rempli toutes les conditions de restructuration de son économie exigées par le FMI. Croire que le repentir, public aujourd´hui, de l´organisme international, l´amènera à effacer une partie de la dette ou à se montrer moins exigeant est une erreur.
Ce que le rapport reproche au FMI c´est son incroyable naïveté face aux promesses argentines de restructurer ses finances, l ‘absence de discipline budgétaire étant une constante pour ce pays qui n’en a jamais eu au cours du XXe siècle.
Le nouveau directeur du Fonds, Rodrigo Rato ne peut que faire preuve de fermeté et son expérience comme ministre des Finances du Gouvernement Aznar en Espagne en fait un grand connaisseur de toutes les formes de chantage ou de marchandage auxquelles un gouvernement peut se livrer.
Hier la loi de responsabilité fiscale des Provinces a été enfin votée par le parlement, rendant celles-ci responsables de leurs dépassements budgétaires. Le FMI a fait savoir que cela ne lui convenait pas en l´état et qu´il désirait que les Gouverneurs soient personnellement responsables des dépassements, comme cela est le cas au Brésil et au Chili. Lorqu´il lui fut répondu que la Constitution ne permettait pas ce genre responsabilité, c´est par un »changez la Constitution» que le FMI réplica à cette objection.
D’autre part, la négociation des bons avec les créanciers privés est loin d´avoir abouti, les tarifs des entreprises de services publics restent encore à négocier et il y a fort à parier que, pour une fois, on ne se contentera pas de promesses.
Bien sûr le discours officiel à la population mal informée sera de dire que le FMI étrangle le pays et nombreuses seront les manifestations dès le mois de septembre. Si l´on y réfléchit bien, l´Argentine devrait plutôt se réjouir de la fermeté du FMI et non de son mea culpa.
Cela étant dit, on peut quand même se demander comment, cet organisme international a pu laisser depuis des dizaines d´années, en Argentine et ailleurs, les dirigeants politiques et les intervenants financiers pratiquer la collusion dans des opérations dans lesquelles la corruption était le but principal. Les responsabilités qui découlent de ce genre de laxisme restent encore à être établies et nul doute que la dette sociale engendrée par l´attitude de tous les organismes financiers et internationaux concernés devra un jour être payée, mais certainement pas tant que les gouvernements de passage n´auront pas fait définitivement le ménage dans les affaires publiques et privées de leur pays.

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Comment les accords symbiotiques entre Piqueteros et supermarchés sont un facteur de calme dans la société argentine

Vendredi 6 août 2004

Symbiose :Basée sur le principe du je te donne, tu me donnes.
Le risque est de passer dans le parasitisme : tu me donnes, je te prends. La symbiose est donc une association durable et réciproquement profitable entre deux organismes vivants.
Comment peuvent survivre les temples à la société de consommation que sont les supermarchés et autres centres commerciaux lorsque la moitié du pays est largement sous le seuil de pauvreté et que les plans sociaux ne couvrent pas un tiers des nécessités alimentaires d´une famille ? Par des accords symbiotiques entre les Piqueteros et les supermarchés. Et ne cherchez pas à les connaître le secret est aussi bien gardé que les codes secrets des coffres des banques.
N´interrogez pas Carrefour, leurs employés sont muets comme des carpes, mais on peut à la lumière d´évènements récents se faire une idée de la manière dont ils fonctionnent.
Tout d´abord, les supermarchés doivent se débarrasser de déchets, de produits sur le point d´être périmés, d´invendus et d´un autre coté les Piqueteros ont des réfectoires communautaires qui peuvent accueillir ce genre de marchandises. Ensuite viennent les problèmes de sécurité, de vols et autres dégradations dont les chaînes alimentaires peuvent se protéger par d´autres donations en nature. Il est vraisemblable aussi que des contrats d´exclusivité se passent entre les intéressés, je participe exclusivement à ton association de Piqueteros et tu me protèges des autres.
Bref, d´un coté un service de nettoyage et de protection et de l´autre l´aide alimentaire et sociale dont une grande partie de la population a besoin. Et lorsqu´une embauche se présente, elle sera en priorité donnée à l´association protectrice.
Bien sûr ces accords informels passent parfois par des situations tendues et difficiles, ce sont des cas, généralement mis en exergue par la presse, mais en règle générale la sagesse des uns et des autres participe de la relative tranquillité qu´on observe dans un pays qui, compte tenu de sa situation sociale, devrait être au bord de l´explosion.

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Maradona demande l´intervention du Président Kirchner

Vendredi 6 août 2004

Pas facile, la vie de Maradona ces jours ci ! Il se bat contre le juge des tutelles pour lui faire accepter son départ vers une clinique à Cuba ou en Suisse et depuis hier une autre instance judiciaire lui interdit toute décision sur ses biens personnels.
Son médecin, Alfredo Cahe, a pris contact avec des fonctionnaires du Gouvernement afin que le Président, lui-même, puisse constater l´évolution de son état de santé.
Son ex-épouse désire qu´il reste en Argentine et qu´il n´aille surtout pas à Cuba oú il sera papa dans les toutes prochaines semaines, elle est en cela appuyée par le reste de la famille. Les spécialistes qui se pressent à son chevet ont tous un avis différent, certains pensent qu´il doit rester en Argentine, d´autres qu´il peut entreprendre une thérapie à l´extérieur.
Une équipe de spécialistes de renom et internationaux, convoquée par le Dr Cahe, se réunira demain matin à Buenos Aires pour rendre un verdict objectif.

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