L´Argentine a tort de se réjouir du mea culpa du FMI
Photo : Rodrigo Rato FMI
Le remboursement de 758 millions de dollars qui devait être fait par le FMI en juin n´a toujours pas eu lieu et il est peu probable qu´il se fasse avant que l´Argentine ait rempli toutes les conditions de restructuration de son économie exigées par le FMI. Croire que le repentir, public aujourd´hui, de l´organisme international, l´amènera à effacer une partie de la dette ou à se montrer moins exigeant est une erreur.
Ce que le rapport reproche au FMI c´est son incroyable naïveté face aux promesses argentines de restructurer ses finances, l ‘absence de discipline budgétaire étant une constante pour ce pays qui n’en a jamais eu au cours du XXe siècle.
Le nouveau directeur du Fonds, Rodrigo Rato ne peut que faire preuve de fermeté et son expérience comme ministre des Finances du Gouvernement Aznar en Espagne en fait un grand connaisseur de toutes les formes de chantage ou de marchandage auxquelles un gouvernement peut se livrer.
Hier la loi de responsabilité fiscale des Provinces a été enfin votée par le parlement, rendant celles-ci responsables de leurs dépassements budgétaires. Le FMI a fait savoir que cela ne lui convenait pas en l´état et qu´il désirait que les Gouverneurs soient personnellement responsables des dépassements, comme cela est le cas au Brésil et au Chili. Lorqu´il lui fut répondu que la Constitution ne permettait pas ce genre responsabilité, c´est par un »changez la Constitution» que le FMI réplica à cette objection.
D’autre part, la négociation des bons avec les créanciers privés est loin d´avoir abouti, les tarifs des entreprises de services publics restent encore à négocier et il y a fort à parier que, pour une fois, on ne se contentera pas de promesses.
Bien sûr le discours officiel à la population mal informée sera de dire que le FMI étrangle le pays et nombreuses seront les manifestations dès le mois de septembre. Si l´on y réfléchit bien, l´Argentine devrait plutôt se réjouir de la fermeté du FMI et non de son mea culpa.
Cela étant dit, on peut quand même se demander comment, cet organisme international a pu laisser depuis des dizaines d´années, en Argentine et ailleurs, les dirigeants politiques et les intervenants financiers pratiquer la collusion dans des opérations dans lesquelles la corruption était le but principal. Les responsabilités qui découlent de ce genre de laxisme restent encore à être établies et nul doute que la dette sociale engendrée par l´attitude de tous les organismes financiers et internationaux concernés devra un jour être payée, mais certainement pas tant que les gouvernements de passage n´auront pas fait définitivement le ménage dans les affaires publiques et privées de leur pays.