Archive pour le 19 août 2004

Fernando Solanas à Liberté : En Argentine, on a imposé des plans néo-racistes

Jeudi 19 août 2004

Quoting from liberte-algerie:


À 68 ans, Solanas se présente comme l´icone du cinéma engagé en Amérique latine. En 2004, la Berlinale lui attribue l´Ours d’or d’honneur pour l´ensemble de sa carrière. Rencontre.

Pourquoi Memoria del saqueo et qu´avez-vous voulu montrer ?
LF. Solanas : J´ai voulu faire un travail de mémoire. J´étais interpellé par la jeune génération qui veut comprendre ce qui s´est passé en Argentine.
Le citoyen moyen est totalement désinformé par l´intox de dizaines de médias contrôlés par des groupes économiques et politiques du pouvoir en s´attaquant à l’état et en prêchant son démantèlement. Les médias ont passé sous silence, voire justifié le pillage du pays.

Aviez-vous eu des problèmes pour le tournage ?
Ce film est né dans des circonstances tragiques de l´hécatombe économique et sociale de l´Argentine à la fin 2001. Je n´avais pas eu plus de problèmes que ceux que j´ai rencontrés en réalisant mes autres films.

Comment l´Argentine en est-elle arrivée là ?
C´est très bien expliqué dans le film. C´est une histoire qui a duré 25 ans et qui débute avec la dictature militaire de Videla en 1976 et qui prend fin avec la rébellion populaire de décembre 2001 et la chute du gouvernement de Fernando de la Rúa en passant bien sûr par les démocraties néolibérales qu´a connues le pays.
Dans le film, j´ai voulu souligner la responsabilité aussi bien de nos gouvernements, celui de Carlos Menem (1989-1999) ou celui de Fernando de la Rúa (1999-2001), que celle du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et des pays qui y font la loi. Ces gens se sont enrichis sur le dos des Argentins.

C´est la logique de la mondialisation…
Oui. On met en place des mécanismes à même d´exploiter les peuples. En argentine, on a imposé des plans néo-racistes en supprimant des droits sociaux et en condamnant à mort des millions de personnes. En moyenne, 35 000 personnes y meurent par an. Il s´agit de crimes contre l´humanité perpétrés en temps de paix.
On a tout privatisé. Évidemment, cette politique inconséquente a conduit à un génocide social. Carlos Menem s´est arrogé un pouvoir absolu, ensuite il passe à la privatisation des entreprises pétrolières et de gaz naturel qui est l’un des actes les plus odieux du Parlement. Enfin, il privatise la télévision, le téléphone, les concessions ferroviaires, la compagnie aérienne, les radios… “Rien de ce qui appartient à l´Etat ne restera à l´Etat”, affirmait Menem.

Comment le film a-t-il été reçu aussi bien par le public que par les politiques ?
Il faut comprendre que c´est un film de combat… Tous les représentants des secteurs, liés à la corruption, que dénonce le film le rejettent et en parlent très mal… Mais ce film exprime tout l´esprit des mouvements sociaux en Argentine. Le public l´a beaucoup apprécié. Beaucoup de festivals l´ont programmé.

La structure est faite sous forme de chapitres. Pourquoi cette structure ?
Je ne cherche pas à faire un film documentaire. Je tente de faire un film proche de l´élaboration littéraire. Je l´ai divisé en chapitres, comme un livre. J´ai voulu rendre hommage au cinéma muet, tout comme le choix de titres et de graphismes favorisant l´unité formelle de l´œuvre. Le scénario s´est construit chemin faisant. La structure a été travaillée au cours du montage. Je ne pouvais pas traiter tous les sujets. J´en ai retenu 10 que j´ai séparés avec des titres et sous-titres. Le montage a donné une unité au tout.

Votre film peut-il se lire comme une résignation ?
Pas du tout. Au contraire. C´est la résistance que j´ai voulu montrer. La jeune génération résiste. Il y a tout un mouvement cinématographique de protestation et d´action directe en Argentine.

Des projets ?
Je pense tourner Cantos de una Argentina latente ! (chants d´une Argentine latente !) pour décrire des histoires humaines très fortes illustrant la solidarité et l´espoir de ceux qui ont résisté.
C´est un film complémentaire à Memoria del Saqueo. Je veux montrer la résistance à tous ces problèmes : au chômage, à la paupérisation. Ce sont des portraits et des expériences de femmes, d’hommes, toutes couches sociales confondues et des expériences de solidarité.

Catégorie Culture - Idiosyncrasie, Politique | Pas de Commentaires »

30 mutuelles syndicales argentines suspectes d´avoir détourné des fonds de la Banque Mondiale

Jeudi 19 août 2004

Ce sont 30 mutuelles syndicales argentines suspectes d´avoir détourné des fonds de la Banque Mondiale qui sont aujourd´hui sous le coup d´une enquête de la justice. Il s´agisait d´un prêt de 253 millions de dollars qui devait être destiné à la restructuration du système social gèré par les syndicats.
Les principaux bénéficiaires furent :
Obras sociales de Empleados de Comercio : 39 millions de dollars
Bancaria Argentina (38 millons)
Personal Rural y Estibadores (27 millons)
Construcción (17 millons)
Seguros (16 millons)
Luz y Fuerza (13 millons)
mais participèrent pour des montants inférieurs :
los ferroviarios
los trabajadores del correo
Personal de la Industria del Plástico
Industria del Vestido
Supervisores de la Industria Metalmecánica
Alimentación
Actividad Hotelera y Gastronómica
Actividad Vitivinícola
Les faits ont été dénoncés en 2002 par l´avocat Ricardo Monner Sans qui avait reçu dans son cabinet un ancien employé du syndicat des téléphones qui lui donna un certain nombre de preuves dont le fait que l´entreprise Equipo de Salud SA, clinique qui donne service à de nombreuses mutuelles, avait facturé des millions de dollars sans rien avoir à donner en échange. A partir de ces faits le procureur commença à enquêter et il vient de déclarer que le résultat de ses recherches l´amenait à mettre en cause, non seulement les oeuvres sociales des employés des téléphones, sinon de tous ceux qui avaient reçu des fonds de la Banque Mondiale.
Ces fonds ont été attribués en 1996, comme suite au décret 439, signé par l´Administration Menem, et étaient distribués par le ministère des Finances, Monsieur Cavallo, aux syndicats qui en faisaient la demande.
Il est fort possible d´ailleurs que le personnel de la Banque Mondiale, qui avait créé à l´époque un bureau d´assistance technique et de formation destiné à gérer ce prêt de 253 millions de dollars, soit lui aussi complice de la supercherie. En effet, dès que la plainte fut portée par Ricardo Monner Sans, l´officine fut fermée sans autre forme d´explication, ce qui rendit l´enquête difficile compte tenu de la disparition des documents administratifs qu´elle détenait.

Voir ce qu’Argentine au jour le jour pense des syndicats argentins

Catégorie Humeur - Humour, Le péronisme | Pas de Commentaires »