Archive pour le 20 août 2004

La multiplication des enlèvements crapuleux en Argentine pose un réel problème à la société

Vendredi 20 août 2004

On avoue timidement une vingtaine d´enlèvements crapuleux par mois dans la Province de Buenos Aires, pour des sommes qui vont de 100 dollars à 200.000 et plus. D´après Control Risks Group, société spécialisée dans la prévention et l´assurance de ce genre de risque et dont le siège est a Londres, le chiffre en fait est beaucoup plus important, car seulement 1 enlèvement sur 10 est signalé aux autorités.
L´Amérique latine, dans son ensemble, concentre 75 % de la totalité des enlèvements dans le monde.
Blumberg avait mis en émoi, il y quelque temps les autorités politiques du pays en rassemblant 150.000 personnes sur la place de mai suite à la mort de son fils lors d´un rapt qui avait mal tourné.
On voit difficilement comment le gouvernement peut faire face à cette multiplication de délits dans lesquels, bien souvent, la police elle-même est impliquée. La police argentine, et plus spécialement celle de la Province de Buenos Aires, relève plus de la bande mafieuse organisée que d´une institution chargée de maintenir la loi et l´ordre.
Les récentes purges dans cette institution, pratiquement 1000 personnes en quelques mois, n´ont fait malheureusement que mettre 1000 délinquants expérimentés de plus dans la rue. Les solutions ne sont pas simples et très longues à mettre en place.
Mais c´est aussi l´occasion pour l´extrême droite argentine de reprendre des voix et de la force, faisant croire à la population, lassée et inquiète pour sa sécurité et celle de ses enfants, qu´une politique plus sévère est le remède miracle à son cauchemar, oubliant de lui dire comment elle réglera le problème de la corruption de la police et de la justice qu´elle a elle-même mise en place dans les années passées et qui fut sa principale source de financement, tout comme celle des autres partis d´ailleurs.
Un défi donc pour le gouvernement Kircher, mais aussi pour toute la société qui doit exiger plus que des discours incantatoires et des châtiments symboliques et dispersés de sa classe politique, qui n´a vécu jusqu´à présent que de cette même corruption qu´elle dit vouloir combattre aujourd´hui.
Il n´y a pas de solutions simples à ce genre de problème, mais, si l´on ne commence pas à appliquer depuis le sommet de l´Etat des règles simples ou l´éthique doit être l´unique référence, il n´y a aucune possibilité pour que les solutions choisies, quelles qu´elles soient, aient la moindre chance d´aboutir. Nous en sommes loin.

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