Archive pour le 3 septembre 2004

Le procès de l´attentat contre l’AMIA, absolution totale de tous les accusés

Vendredi 3 septembre 2004

Quoting from Courrier international

Plus de dix ans après l´attentat contre la mutuelle juive AMIA à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés, la justice argentine rendait jeudi son jugement dans le procès de quatre ex-policiers et un civil poursuivis pour avoir fourni un soutien logistique, mais les véritables responsables courent toujours.

Carlos Telleldin, un civil accusé d’avoir préparé la camionnette qui a servi à l´attaque et quatre anciens policiers, Juan José Ribelli, Anastasio Leal, Raul Ibarra et Mario Bareiro, qui auraient fourni le véhicule aux terroristes, étaient poursuivis pour leur participation à l´attentat qui avait visé un des bâtiments de la communauté juive la plus importante d´Amérique latine (300.000 membres).

Le procès des cinq Argentins, débuté fin septembre 2001, a été marqué par 342 audiences, au cours desquelles 1.284 témoins ont été entendus.

Le jugement devait être lu jeudi à 18H00 heure locale (21H00 GMT) au palais de justice de Buenos Aires.

Cependant, il ne devait pas mettre un point final aux polémiques et au sentiment de frustration des parties civiles, qui ont le sentiment que ce sont des acteurs secondaires qui ont été jugés.

En effet, aucun des principaux responsables présumés n´a été arrêté dix ans après l´attentat contre l´immeuble de sept étages abritant l´Association mutuelle israélite argentine (AMIA) dans la capitale argentine.

Soutenue par Israël et les Etats-Unis, l’AMIA assure que l´Iran a organisé l´attaque et en a confié la réalisation à des membres du groupe Hezbollah libanais pro-iranien. Ces accusations, fondées sur des renseignements des services secrets argentins, américains et israéliens, ont été rejetées par Téhéran.

Le juge fédéral Juan José Galeano, qui mena l´enquête pendant neuf ans, désigna comme chef d´opération Moshen Rabbani, conseiller culturel de l´ambassade d’Iran à Buenos Aires, avant de se voir retirer l´affaire à cause d´irrégularités.

Cette accusation provoqua de fortes tensions entre Buenos Aires et Téhéran, qui arrivèrent à leur comble en 2003 lorsque, sur mandat argentin, la justice britannique arrêta l´ex-ambassadeur iranien en Argentine Hadi Soleimanpour, avant de juger les preuves insuffisantes et de le remettre en liberté.

Selon d´autres organisations de la communauté, comme Memoria Activa (Mémoire active), regroupant les familles des victimes, le gouvernement de Carlos Menem (1989-99) a abandonné une autre piste, la syrienne, parce qu´elle menait à l´entourage du président argentin de l’époque.

Le parquet a réclamé la réclusion criminelle à perpétuité pour les cinq accusés, mais la presse argentine estime que le tribunal pourrait être amené à prononcer des non-lieux, en raison de la faiblesse des accusations et des preuves.

Le principal élément de l’accusation — le témoignage du civil, Carlos Telleldin, indiquant en 1996 avoir remis aux policiers la camionnette qui avait été remplie d´explosifs — pourrait en effet ne pas être retenu par le tribunal pour irrégularité, car le juge Galeano avait remis 400.000 dollars à M. Telledin pour son témoignage, des fonds en provenance des services de renseignements de l´Etat (SIDE).

Une quinzaine de personnes sont également poursuivies pour des délits connexes ou mineurs.

Le juge Galeano, qui a été remplacé par le juge Rodolfo Canicoba Corral, est par ailleurs l´objet d’une procédure de destitution au parlement.
Courrier international (AFP)

En effet la décision du tribunal vient d´être rendue hier soir à Buenos Aires. Absolution totale de tous les accusés. Néanmoins Ribelli, Telleldín et Ibarra sont maintenus en détention pour d´autres causes.

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