Archive pour le 8 septembre 2004

Les argentins viennent de trouver une nouvelle manière de manifester contre la délinquance

Mercredi 8 septembre 2004

Voila le texte du mail qui s´échange aujourd´hui dans la classe privilégiée qui a accès à internet :
Chers amis
Le 18 octobre nous ferons une grève nationale pour protester contre la délinquance et les enlèvements crapuleux. Ce jour-là nous porterons le deuil. Grève totale pour chasser les assassinats et les actions délictueuses qui se perpètrent tous les jours dans notre pays.
Comment allons-nous faire :
Personne ne sort de sa maison
Personne ne va travailler
Couper le téléphone et la lumière de 8 heures à 18 heures : Pas de télé ni de radio. Pas de journaux.
Ne rien acheter
Ne pas utiliser le bus, le taxi ou le métro
Mettre des draps blancs aux portes et aux fenêtres
S´enfermer à double tour.

Ayant reçu trois fois ce mail en une heure de temps, je me pose des questions sur le bon sens des habitants de ce beau pays qui, une fois de plus, sont prêts à sacrifier leur liberté contre un peu plus de sécurité. On sait oú cela mène, surtout lorsqu´on connaît les valeurs éthiques du personnel politique qui les représente.
J´aurais aimé une grève contre la pauvreté, la faim, le manque de travail, la discrimination, le manque de solidarité, la corruption, bref contre tout ce qui contribue à l´augmentation de la délinquance dans un pays ou la moitié de la population crève de faim.
C´est lamentable.

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Mauricio Macri, López Murphy, Eduardo Duhalde, une comédie de boulevard dans la province de Buenos Aires

Mercredi 8 septembre 2004

Duhalde et MacriPhoto Eduardo Duhalde et Mauricio Macri.
Mauricio Macri et Ricardo López Murphy avaient tout pour s´entendre, une idéologie de droite compatible et une conception de la société argentine semblable, les bons travailleurs d´un coté, les mauvais piqueteros de l´autre et les bienfaiteurs de la patrie que sont les entrepreneurs du pays. La noce était annoncée et ils avaient déjà commencé à danser un menuet sur l´air d’« à toi le sénat à moi le congrès», tremplins nécessaires à leurs ambitions présidentielles.
C ´était sans compter sur notre Raminagrobis national, Eduardo Duhalde, véritable patron de la Province de Buenos Aires depuis 17 ans, qui ne l´entendait pas de cette oreille.
Doué pour la pirouette, Macri le comprit avant son acolyte et se rapprocha immédiatement du capo et, à la manière de monsieur Jourdain, expliqua qu´il était certainement péroniste, sans le savoir bien sûr et sans encore intégrer le parti sans lequel il est impossible de gouverner l´argentine.
Cocu à la veille de ses noces, Lopez Murphy vient de déclarer qu´Éduardo Duhalde était la tête du monstre qu´il fallait éliminer dans la province de Buenos Aires. On pourra être surpris de cette soudaine découverte de notre homme alors que la grande majorité des argentins ont depuis longtemps appris à vivre avec cette malheureuse réalité.
Nestor Kirchner, lui, il fronce les sourcils, car il sait que Mauricio Macri sera un adversaire coriace lors des prochaines élections présidentielles. Mais froncer les sourcils actuellement, c´est la seule liberté que lui laisse le péronisme lorsqu´il s´agit de politique intérieure.
Raminagrobis ronronne et se lèche les babines.

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Rodrigo Rato plante une paire de banderilles de plus sur le dos de l´économie argentine

Mercredi 8 septembre 2004

On ne peut être plus précis que Rodrigo Rato, directeur du FMI, en parlant de l´Argentine :
L´agenda des conversations à venir dépend essentiellement des décisions que prendra le gouvernement argentin en ce qui concerne son économie.
La demande de report d´échéance est une demande tout à fait normale et rien n´indique qu´elle ne soit pas acceptée, a-t-il ajouté.
Ce que désire le FMI c´est un plus grand excédent fiscal afin d´améliorer la proposition de l´Argentine en ce qui concerne le règlement de la dette privée.
Le gouvernement qui avait publié dans la presse nationale, il y a deux jours, une note faite au mois de juillet au FMI, dénonçant qu´une partie de l´équipe technique de l´organisme jouait en faveur des créanciers privés et sabotait son plan de négociation vient donc d´obtenir sa réponse.
Lavagna pensait présenter un budget 2005 avec 3 % d´excédent fiscal dont 2.7 % destinés au service de la dette, Rato demande un excédent entre 4 et 4.5 %. Nous sommes encore loin d´un consensus.

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