Archive pour le 14 septembre 2004

Les tarifs des services publics sur fond de brouille entre l´Economie et la Planification

Mardi 14 septembre 2004

Roberto Lavagna, Ministre des Finances, et Julio De Vido, Ministres de la Planification, mettent leur brouille sur la place publique.
Reprenons les choses au départ. Lors de la dévaluation, les sociétés de services publics, privatisées pendant la gestion de Menem. se sont retrouvées dans une situation difficile. Endettées en dollars pour leurs investissements et ce, en dehors du pays, elles ont vu fondre petit à petit leurs recettes et la possibilité de régler leur dette à l´extérieur lorsque le peso est passé d´une valeur de 1 dollar à 3 dollars comme aujourd´hui.
On leur fit comprendre que la situation du pays et de ses habitants ne permettait pas d´augmenter leurs tarifs tels qu´il était prévu dans leur contrat, mais que l´on renégocierait les termes de cet accord dans les mois à venir. Tout cela avec force de critiques populistes sur les entreprises étrangères qui suçaient le sang du pauvre pays qu´était l´Argentine.
Tout le monde a fait le gros dos et continue à le faire depuis bientôt trois ans ; le FMI, les États concernés ont néanmoins fait savoir au gouvernement qui était indispensable de régler ce problème dans des conditions acceptables pour la population du pays et pour ces entreprises qui avaient fait l´effort de reconstruire un service public totalement en faillite et inefficace. Pour prendre un exemple, l´installation d´une ligne de téléphone demandait entre 5 et 6 ans avant de pouvoir être installée, et ce, si vous aviez le bras long et l´humeur généreuse.
Afin prendre tous les éléments en compte le gouvernement a créé l´UNIREN ( Unité de renégociation et d´analyse des services publics) avec deux présidents, Roberto Lavagna, ministre des Finances et Julio de Vido, Ministre de la Planification, deux personnalités fort différentes et opposées.
Monsieur De Vido est la bête noire d´Elisa CARRIO, elle l´accuse notamment d´être le collecteur de fonds de Kirchner et de manquer de toute espèce d´éducation.
En mai dernier Lavagna, dans un entretien avec la presse assurait que les négociations étaient terminées et que tout se signerait au mois de juin. Pour d´obscures raisons, pour qui connaît les cheminements de la prise de contrat en Amérique latine, pas si obscures que ça, à ce jour rien n´a été fait et De Vido continue, lorsqu´il en a l´occasion, de vilipender les méchantes sociétés de services qui…. etc., etc. la chanson est connue.
Excédé, Lavagna a annoncé officiellement hier qu´il quittait l´UNIREM, laissant l´entière responsabilité de la suite des évènements au Ministère de la Planification.
Le problème est simple, De Vido exige des entreprises qu´elles assument leurs obligations contractuelles d´investissement — contractuelles c´est beaucoup dire puisque le contrat n´est pas respecté en ce qui concerne les tarifs — avant de permettre une éventuelle augmentation des tarifs, et les entreprises, soutenues en cela par Lavagna, répondent qu´elles le feront lorsque les nouvelles conditions de tarifications seront établies et acceptées.
Mais dans cette brouille c´est le Président Kirchner qui est mis en cause. De Vido est depuis longtemps son homme de confiance et ne fait rien qui soit avalisé préalablement par le chef de l´État. D´autre part, le discours nationaliste du gouvernement, distillé à toutes les couches de la population depuis 18 mois maintenant, ne favorise pas à mon avis un possible règlement du conflit sans une perte de crédibilité de ce dernier dans l´électorat populiste qui constitue sa base. Il est évident que si certaines sociétés, fatiguées de la rhétorique officielle et de ses arguties, décidaient de quitter le pays et revendre leurs parts à des entreprises nationales, cela ferait le jeu de Kichner et c´est vraisemblablement le but que cherche à atteindre De Vido.

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Scène de la vie quotidienne à Buenos Aires

Mardi 14 septembre 2004

Il fait nuit et vous avez réuni quelques amis pour fêter un anniversaire. Deux personnes armées en profitent pour entrer chez vous. Un revolver et un fusil à canon scié, cela impose le respect. Silence….Nos deux délinquants s´assoient à la table et demandent à manger et à boire. Et cela dure, car ils sont affamés, cela dure longtemps.
Une fois rassasiés, ils font la collecte bien sûr, l´argent, les bijoux, les montres et puis s´en vont.
Cela se passait dimanche soir dans le quartier Tres Arroyos dans une maison bourgeoise entre Brown et San Martin.
Un vol doit être énormément stressant pour celui qui le commet, bien sûr aussi pour ceux qui le subissent, là n´est pas mon propos. Je crois que dans ces conditions on commence par l´essentiel et l´essentiel manifestement n´est pas là ou on pouvait l´attendre. Ils avaient simplement les crocs, comme la moitié de la population.
Cela n´excuse rien, mais avant de suivre les gourous de la nouvelle droite qui demandent plus de sévérité dans les peines et la tolérance zéro il serait bon de réfléchir et de ne pas récrire les Misérables.

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