Archive pour le 17 septembre 2004

le FMI approuve la prorogation d’un milliard de dollars

Vendredi 17 septembre 2004

Et voilà, le budget a été présenté en conformité avec les exigences du FMI en ce qui concerne l’excédent fiscal et la part de celui-ci destinée au paiement de la dette. La réponse ne s’est pas fait attendre, Rato vient de confirmer à Kirchner que sa demande de report était acceptée.
Dans le même temps, il a fait savoir à l’Argentine qu’un accord le plus large possible avec les créanciers privés devait être une priorité pour le gouvernement.

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Banque Centrale : Prat Gay est remercié, le nouveau Président sera Martín Redrado.

Vendredi 17 septembre 2004

Les rapports entre Prat Gay et Lavagna étaient tendus ces derniers temps. Désaccord sur la manière de sortir de la situation de défaut et les pronostics trop optimistes de la Banque Centrale quant à l’évolution de l’économie argentine avaient rendu les teneurs de la dette privée argentine plus gourmands de jour en jour.
Martin Redrado était jusqu’à présent secrétaire d’Etat au commerce et aux relations internationales. Economiste de formation, sa nomination a reçu l’assentiment général du secteur bancaire et financier du pays.

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L’Argentine mise sur une inédite 3ème année d’excédent budgétaire

Vendredi 17 septembre 2004

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BUENOS AIRES (AFP) - L’Argentine devrait enregistrer en 2005 une inédite troisième année consécutive d’excédent budgétaire, favorisée, il est vrai par le moratoire prononcé il y a près de trois ans sur le remboursement de sa dette privée, selon le projet de loi de Finances dévoilé jeudi.
Le texte présenté par le ministre de l’Economie Roberto Lavagna prévoit que le pays latino-américain dégagera l’an prochain un excédent budgétaire consolidé représentant 3,6% du Produit intérieur brut attendu. Le surplus est estimé à 17,232 milliards de pesos (5,7 mds de dollars).

L’excédent de l’Etat ressort à 3,0% du PIB, le solde correspondant aux gains dégagés par la Sécurité sociale, les provinces et les municipalités. Le surplus avait été de 0,5% du PIB en 2003 et pourrait atteindre 4,0% pour l’année en cours, avait annoncé mercredi le président Nestor Kirchner.

Le quotidien économique d’opposition Ambito Financiero estime même à 5,4% le montant réel de l’excédent 2004: 23 milliards de pesos (7,7 milliard de dollars) sur un PIB de 424 milliards de pesos (141,3 milliards de dollars).

Même si les finances publiques sont allégées du fardeau de la dette, la performance n’est pas mince: au cours des 95 dernières années, le budget argentin n’a été excédentaire que… 4 fois: en 1920, 1992, 1993 et 2003. A chaque fois, dans des proportions marginales (inférieures à 0,5% du PIB).

Ce manque chronique de rigueur budgétaire explique pourquoi les accords signés par l’Argentine avec le Fonds monétaire international sont souvent restés dans le passé des chiffons de papier. Le gouvernement Kirchner se flatte pour sa part de ne signer que des accords qu’il est en mesure de tenir.

Le FMI, qui avait accepté l’an dernier un excédent budgétaire limité à 3,0%, souhaitait que le pays fasse un effort plus important pour 2005. Les sommes supplémentaires dégagées serviraient à mieux rembourser les créanciers auquel l’Argentine réclame un abandon de créances de 75%, argumentait-il.

Fin août, M. Kirchner avait renvoyé dans les cordes le directeur général du FMI Rodrigo Rato qui lui demandait de porter l’excédent budgétaire 2005 du pays latino-américain entre 4,0% et 5,0%. “N’y pensez pas, n’y rêvez même pas !”, lui avait-il alors répondu, selon des sources officielles argentines.

Le gouvernement argentin a toujours estimé qu’une trop grande rigueur risquait d’étouffer le redressement de son économie. En présentant son budget, M. Lavagna a souligné que le gouvernement était parvenu “à redresser l’économie”. “Maintenant, nous nous efforçons que la croissance soit durable”.

M. Rato avait laissé entendre que le conseil d’administration du Fonds regardera avec beaucoup d’attention le projet de budget 2005 lorsqu’il lui faudra se prononcer, peut-être ce vendredi, sur la demande argentine d’un report du remboursement d’un milliard de dollars dû d’ici la fin de l’année.

Les autres hypothèses macro-économiques du budget 2005 retiennent une croissance économique de 4,0% et une inflation de 7,8%, alors que la monnaie nationale devrait rester “collée” au niveau de 3 pesos pour 1 dollar.

Selon la presse, les exportations sont prévues au niveau record de 33,5 milliards de dollars. C’est une donnée fondamentale pour les finances publiques du pays, dans la mesure où les taxes à l’exportation prélevées sur les ventes de produits clefs comme le pétrole et le soja sont devenues l’une des principales sources de financement du budget.

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Les derniers sondages - État de l’opinion publique en Septembre 2004

Vendredi 17 septembre 2004

Source Equis. Enquête faite à la Matanza, district électoral le plus important de la province de Buenos Aires. Échantillon 600 personnes. Intention de vote (présidentielle) : Nestor Kirchner 55.6% d’intention de vote. Pour le poste de Gouverneur de la province, son épouse, Cristina, 63.3% d’intention de vote.
Image positive :
Nestor Kirchner : 76.3%
Cristine Kirchner : 59%
Roberto Lavagna : 51.3%
Elisa Carrio : 46.6%
Daniel Scioli : 43%
Hilda Duhalde : a24%
López Murphy : 20.1%

Sondage Graciela Romer & Asociados. Échantillon 613 personnes . Image positive du Président, 50% dans la Capitale, 55% dans la banlieue proche et 64% dans la Province. Plus on s’éloigne du centre plus l’image du Président augmente. Le phénomène a pris de l’ampleur suite à l’abandon de la transversabilité et les accords politiques avec les parrains du Péronisme.
Image de la gestion présidentielle :
Positive : 42%
Neutre : 35%
Négative : 21%

Ipsos-Mora y Araujo. Capitale, échantillon 300 personnes par enquête téléphonique, portant sur les principaux problèmes du pays :
Délinquance/insécurité : 59%
Chômage : 48%
Éducation : 19%
Économie : 17%
Corruption : 8%
Pauvreté : 8%
Problèmes sociaux : 6%
Insécurité juridique : 5%
Santé : 4%
Le gouvernement : 3%
La dette extérieure : 3%
Les politiques : 2%
Les Piqueteros : 2%

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Argentine : Zanon raconté par un de ses ouvriers.

Vendredi 17 septembre 2004

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Depuis 3 ans, cinq expulsions de la fabrique ont été mises en échec par la détermination des ouvriers (”nous nous battrons jusqu’aux dernières conséquences”) et le soutien de la population de Neuquén. Ce n’est pas un hasard si le propriétaire Zanon est un grand ami de l’ex président Carlos Menem et que le gouverneur de la province de Neuquén, Sobitch, soit ménémiste. On peut estimer que cette offensive comme celle de la mafia économico-politique argentine dont l’objectif est d’en finir avec la mauvaise habitude des travailleurs argentins de se croire les maîtres des entreprises dans lesquelles ils travaillent. Une expulsion de Zanon, outre qu’elle engendrerait une represión terrible, ouvrirait la porte à l’expulsion de toutes les entreprises récupérées (surtout que l’on entre dans une période où le délai d’expropriation temporaire de deux ans expire pour bon nombre d’entre elles). Les travailleurs de Zanon impulsent des mobilisations, non seulement dans leur province, mais aussi à Buenos Aires où le 14 septembre, une manifestation des entreprises récupérées et des organisations de chômeurs s’est rendue au Parlement pour exiger une loi nationale d’expropriation définitive.
Francisco Morillas, membre de la Comisión Interne de Zanon y Coordinateur de la Production, nous raconte comment s’est déroulée la récupération de la fabrique, les progrès de la production et les créations de poste.

ZANON DEBOUT : PROGRES DE LA GESTION OUVRIERE

Par Francisco Morillas,

Nous avons été licenciés le premier octobre 2002. Ce jour-là, à notre arrivée à six heure du matin, nous avons trouvé l’équipe de nuit à la porte de la fabrique. Ils nous ont raconté qu’ils avaient tous été mis à la porte et que la fabrique était fermée. Nous avons décidé de tous rester avec l’espoir que la fabrique réouvre ses portes et ainsi continuer à travailler. Lors d’une grande assemblée, nous avons decidé de monter des tentes et de rester là. Nous étions 331 travailleurs, ouvriers, des camarades, pour diverses raisons, ne voulurent pas participer à la lutte et s’en allèrent. Les plus de 260 qui restions, décidames de nous battre jusqu’au bout parce que nous ne voulions pas finir par rejoindre la file des millions de chômeurs du pays, nous ne voulions pas 150 pesos (40 euros, montant rémunératif d’une sorte de CES) mais le poste de travail. Les patrons ont dit qu’ils fermaient la fabrique parce qu’elle n’était pas rentable, nous savions que ce n’était pas vrai et pour cette raison nous sommes restés. En mars 2002, nous avons décidé, lors d’une assemblée, de rentrer dans la fabrique et de la mettre en marche, nous avons pu allumer un four et démarrer une ligne de production. Ce mois là, nous avons produit 10 000 mètres cube de céramique. Lors d’une assemblée, nous avons fixé le salaire que nous allions nous attribuer et nous avons décidé qu’il devait être de 800 pesos. Il y avait 130 camaradas qui gagnaient 530 pesos et d’autres qui gagnaient entre 1000 et 1200 pesos. Mais l’accord fut de fixer des salaires égaux pour tous.

En septembre 2002, nous sommes passés à une production de 60 000 m3 et avons généré les 20 premiers postes de travail supplémentaires que nous avons offert aux diverses organisations de chômeurs de Neuquen. En février 2003, 120 000 m3 de production et 30 nouveaux postes pour les différents mouvements. Juillet 2003, 160 000 m3 et 30 autres postes de travail qui furent octroyés à ceux qui avaient des qualifications dont nous avions besoin, mécaniciens, électriciens et autres. En décembre 2003, nous avons atteint 200 000 m3 de production et créé 20 nouveaux postes de travail que nous avons offert aux organisations mapuches, aux organisations d’handicapés et aux ex travailleurs de Cablevision du Comahue qui avaient mené eux aussi une très grande lutte. Beaucoup d’entre eux sont restés dans la rue et maintenant ils font partis des travailleurs de Zanon. En mars 2004, après avoir atteint 250 000 m3, nous avons consacré 40 nouveaux postes de travail aux ex travailleurs de Zanon qui qui étaient partis au début de la lutte. En juin de cette année, production de 310 000 m3 et 30 postes de travail répartis entre fils et frères d’ex-travailleurs de la fabrique. Nous prévoyons pour le mois de septembre une production de 380 000 m3 de céramique.

Nous avons réalisé tout cela sans aucun type de subvention de qui que ce soit. Aujourd’hui, nous payons 130 000 pesos d’électricité, 140 000 pesos de gaz pour les fours. Les patrons de Zanon recevaient eux 60 % de subventions pour ces charges. Nous, nous n’avons ni un centime.
Quelques matières premières nous sont surfacturées. Nous avons une facturation grâce à un accord passé avec les Mères de la Place de Mai mais qui ne nous permet pas d’acheter et de vendre à l’extérieur du pays, nous devons utiliser un tiers et cela nous coûte plus cher.
Depuis un moment, nous avons décidé que les 250 camarades qui étaient restés au début du conflit toucheraient 200 pesos par mois d’ancienneté. Avec la production des 380 000 m3 de septembre, nous voulons voir si nous pouvons unifier les salaires des camaradas qui gagnent 800 pesos avec ceux qui gagnent 1000 pesos, en raison de l’ancienneté. Il y a quelques mois, nous avons aussi décidé que la gestion ouvrière allait payer le transport des 400 travailleurs de Zanon.
Ce résultat nous a beaucoup coûté, nous l’avons obtenu avec le soutien des différentes organisations de chômeurs, de partis de gauche et avec la société de Neuquén, qui a compris quel était le problème des travailleurs de Zanon, et qui a dit à la justice et au gouvernement provincial : ne touchez pas aux travailleurs de Zanon. Et ils ne nous ont pas touchés.

Aujourd’hui, nous sommes menacés d’expulsion comme nous l’avons été plusieurs fois et nous voyons que c’est la dernière ligne droite. La “proposition” du gouvernement provincial est que les travailleurs de Zanon fabriquions des maisons préfabriquées et que nous les installions dans les différentes occupations de terrains. Nous avons répondu que nous étions d’accord avec le projet qu’offre le gouvernement mais pour les camarades au chômage. Nous, les travailleurs de Zanon, nous avons un travail, nous faisons des sols et des revêtements que nous pouvons fournir aux maisons en question. Cet projet doit être pour les camarades qui n’ont pas de travail, qui aujourd’hui touchent un “CES” de 150 pesos et pour d’autres qui ne touchent rien. La proposition de Sobisch (gouverneur) est une forme d’expulsion dissimulée. S’ils viennent nous expulser nous allons nous défendre jusqu’aux dernières conséquences parce que nous, les travailleurs, croyons être les seuls qui puissions nous garantir le salaire et de plus nous avons créé 170 postes de travail, ce qui n’est pas rien dans la situation du pays.

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