Aguas Argentina (Suez) va construire une station d’épuration pour 88 M EUR
Quoting from this site:
BUENOS AIRES, 22 sept (AFP)
Aguas Argentina, la filiale argentine du groupe Suez, s’est engagée à édifier une station d’épuration à Berazategui (banlieue sud de Buenos Aires), dont la construction était réclamée depuis des années par la population, a annoncé mercredi à l’AFP le maire de la ville Juan José Mussi.
Le coût de l’investissement a été chiffré à 300 millions de pesos) par M. Mussi. Cette somme ne sortira pas directement des coffres d’Aguas Argentina, mais sera apportée par un fonds financé par les augmentations de tarifs, passées et futures, accordées par les pouvoirs publics à la société.
Cette annonce a été effectuée au sortir d’une réunion de conciliation organisée entre la municipalité et Aguas Argentinas sous les auspices de la Cour suprême.
La construction de cet ouvrage était initialement prévue pour 1998, mais lors d’une renégociation du contrat de concession d’Aguas Argentina, la société à capitaux français avait obtenu de reporter l’échéance à 2018.
Photos aériennes à l’appui, la mairie accusait l’émissaire des égoûts d’Aguas Argentinas de déverser chaque jour 2,2 millions de litres d’eaux polluées de matières fécales dans le Rio de la Plata. Avec les mêmes armes, la société répondait que la pollution des plages de Berazategui était due à des rejets non traités d’effluents industriels, qui n’étaient pas de sa responsabilité.
“Les matières fécales endommagent le milieu ambiant, mettent en péril la pêche de loisir et commerciale, et constituent un danger pour la santé, non seulement pour les 340.000 habitants de Berazategui, mais aussi pour les cinq millions de personnes qui dépendent du rio de la Plata”, a commenté le maire de la ville.
Selon M. Mussi, l’appel d’offre sera lancé au premier semestre de l’an prochain pour permettre l’achèvement des travaux en 2008. L’accord prévoit également la construction d’un émissaire qui déversera les eaux traitées à 8 kilomètres de la côte, alors que l’ouvrage actuel rejete les eaux polluées à 2 km seulement.
La société Aguas Argentinas se trouve dans une situation économique difficile depuis la fin de la parité entre le peso et le dollar américain: la société, en réglement judiciaire, supporte un endettement en dollars, alors que ses recette sont libellées en peso. Or le gouvernement de Nestor Kirchner se refuse à lui accorder les hausses de tarifs qui permettraient de financer le développement de son réseau d’adduction d’eau et d’égoûts dans le grand Buenos Aires.
En mai, les pouvoirs publics et Suez avaient signé un accord normalisant leurs relations jusqu’à la fin de l’année. Ils avaient convenu de mettre cette période à profit pour négocier un nouveau contrat de concession.
NÉSTOR KIRCHNER a plaidé pour une refonte énergique des organismes internationaux de crédit, dont le Fonds Monétaire International (FMI), afin de prévenir de nouvelles crises économiques telle celle que l’Argentine traverse encore actuellement après avoir suivi le mot d’ordre de ces organismes, a-t-il expliqué. Soulignant les « erreurs » commises par ces organismes internationaux de crédit, qui ont accru l’endettement extérieur, M. Kirchner a souligné la nécessité de donner plus de pouvoir aux autorités nationales lorsqu’il s’agit de redresser leurs économies respectives. Il a également rappelé que les tentatives de remédier au problème ne pouvaient se limiter à des opérations d’assistance, sous peine d’accroître le gouffre qui sépare les travailleurs des assistés. Si la croissance économique est nécessaire pour remédier au problème du chômage, elle n’en pas pour autant suffisante, a-t-il ajouté, affirmant que « la notion que la croissance profite à tous est un mythe ». Le Président de l’Argentine a également estimé qu’à l’heure actuelle, les pays en voie de développement voyaient leur création d’emploi limitée par différentes mesures protectionnistes, comme les subventions agricoles, dont le montant annuel mondial, a-t-il ajouté, est six fois supérieur à celui de l’assistance envers les pays en voie de développement.