L’Argentine s’est vue sommée lors des réunions d’automne du G7 et du FMI d’accélérer ses réformes et de conclure rapidement un accord avec ses créanciers pour enfin régler ses 100 milliards de dollars de dette, impayés depuis décembre 2001.
L’Italie, où se trouvent quelque 450.000 détenteurs de titres argentins, s’est montrée la plus virulente, par la voix de son ministre de l’Economie, Domenico Siniscalco.
“Le budget 2005 est loin de représenter un retour au chemin nécessaire pour rendre la dette plus supportable”, a-t-il déclaré dans un discours devant le comité monétaire et financier international du Fonds monétaire international (FMI) samedi.
“Sur le front structurel, il n’y a pas de progrès significatif sur la question du partage des recettes (entre instances fédérales et provinces), la responsabilité budgétaire, la réforme fiscale ou encore les concessions de services publics. Il y a même des signes que les réformes vont dans la direction opposée”, s’est-il insurgé.
Quant aux négociations avec les créanciers, “elles n’ont pas progressé”, a-t-il déploré.
Le nouveau directeur exécutif du FMI, Rodrigo Rato, est allé dans le même sens en demandant des progrès sur les réformes structurelles et surtout un accord avec les créanciers sur la restructuration de la dette publique.
De son côté, l’Union européenne est d’avis que le gouvernement de Nestor Kirchner est capable d’aboutir à un accord avec les créanciers et honorer le service de sa dette envers le FMI dans les délais, alors qu’il a demandé en septembre un report d’un an pour le versement de 1,1 milliard de dollars d’arriérés, demande qui a été acceptée.
Vue la “bonne reprise macroéconomique en Argentine”, l’UE a lancé “un appel urgent aux autorités argentines à saisir l’occasion pour augmenter ses efforts afin d’aboutir rapidement à un accord avec les créanciers privés”, a déclaré le ministre néerlandais des Finances Gerrit Zalm, dont le pays assure la présidence semestrielle des 25.
L’UE a invité l’Argentine “à mettre en oeuvre aussi rapidement que possible les conditions requises pour la concrétisation de la troisième révision du programme avec le FMI”, selon M. Zalm.
Ce programme de réformes économiques et financières avait été accepté par Buenos Aires en septembre 2003 pour obtenir un nouveau crédit de 21 milliards de dollars lui permettant de rembourser tant le FMI que la Banque mondiale et la Banque interaméricaine de développement.
L’argent est déboursé par tranches par le FMI après des révisions régulières des efforts entrepris par le gouvernement argentin. La troisième révision, qui aurait dû intervenir à la mi-juin, n’a toujours pas eu lieu.
Buenos Aires avait accepté de relever progressivement son excédent budgétaire primaire (hors service de la dette) à partir de 2005, afin d’assurer la restauration de la stabilité économique et de la dette et afin que la dépendance de l’Argentine vis-à -vis du FMI puisse diminuer ensuite à partir de 2006, a rappelé M. Zalm.
Les ministres des Finances du G7 (Etats-Unis, Canada, Royaume Uni, France, Allemagne, Italie, Japon) ont également lancé un appel urgent à l’Argentine pour qu’elle fasse tout pour que cette troisième révision de l’accord par le FMI puisse avoir lieu.
L’Argentine avait décidé en décembre 2001 de geler les remboursements des 100 milliards de dollars de dette dus à ces banques, et avait proposé il y a plusieurs mois de ne rembourser que 25% du capital en rajoutant ensuite la proposition de rembourser les intérêts.
Mais les créanciers ont rejeté ces offres et Buenos Aires devrait présenter une nouvelle proposition en octobre.