Aujourd’hui Sénateur, ancien ministre de Perón, plusieurs fois ambassadeur, c’est une des vieilles figures vivantes du péronisme.
Hier il a mis les points sur les « I » à tous ceux qui se demandent encore, si si… il y en a, si le parti péroniste est un parti fasciste ou pas.
Lors d’un hommage qu’il rendait à un historien argentin décédé il vient de déclarer en se référant aux quelque transversaux que Kirchner a convaincu de partager ses vues :
Si c’est pour faire de la politique de gauche à l’intérieur du parti péroniste qu’ils s’en aillent, notre parti n’a toujours repoussé la gauche libérale. La seule gauche que nous acceptons est la gauche de pensée nationale (le national-socialisme).
Le péronisme et sa doctrine ont effectivement empêché la naissance d’une idéologie socialiste et ou libérale telle que nous la rencontrons en Europe. Pourtant à partir de 2001 un véritable courant s’était fait sentir dans le pays. Il semblait que les citoyens allaient prendre enfin leur destin en main. Kirchner a été élu, par défaut, dira-t-on. Il lui appartenait d’organiser une refondation de la société civile et politique argentine.
Que certains intellectuels se soient laissés tromper, on peut le comprendre, quoiqu’en regardant de près son parcours il était bien difficile de trouver une once de ce qu’on appelle la démocratie dans ses actes comme gouverneur de la Province de Santa Cruz.
Ils ont été utilisés, ils le savent, je crois, mais profitent, après de longues années dans une opposition stérile, de postes énumérateurs et qui flattent leur ego. Ils seront abandonnés sur le bord de la route, comme de vieilles marionnettes devenues inutiles et auront, par la même, fait perdre une vingtaine d’années au réveil civique de ce pays dont ils furent les fers de lance.
En 2004, il n’y a pour l’Argentine qu’un remède, celui qu’Ortega y Gasset proposait déjà en 1929. « Celui qui sait éluder les trompe-l’œil psychologiques se demandera avec impatience comment il se fait que dans le peuple aux puissants ressorts historiques qui existe aujourd’hui, ne se soit pas trouvé une minorité énergique qui suscite une nouvelle morale dans la société, rappelle l’Argentin à lui-même, à son intimité et à sa sincérité effectifs, tempère avec rigueur son narcissisme, se montre intraitable pour tout ce qui n’est que façade ou papier et le force à vivre véritablement, à couler de source, à jaillir de sa richesse intérieure, au lieu de se maintenir dans une perpétuelle désertion de lui-même. Le jour où une telle minorité enseignera à cet homme à accepter profondément son destin individuel, à exister formellement et non en gesticulation et en représentation dans un rôle imaginaire, l’Argentine s’élèvera de façon presque automatique dans la hiérarchie des plus hautes qualités historiques. Car l’homme de La Plata est l’un des mieux doués qui se puisse trouver. »