Archive pour le 15 octobre 2004

Le beurre, l’argent du beurre et la fermière dans le lit par surcroît.

Vendredi 15 octobre 2004

Drôle d´appel aux investisseurs.

Les privatisées en ligne de mire.
Lorsque dans les années 90 les entreprises de service public furent privatisées, il fut évident, tant pour le gouvernement que pour les investisseurs étrangers, que les désaccords entre les parties devraient se régler devant un tribunal totalement neutre. Le CIADI, organisme judiciaire de la Banque mondiale fut retenu.
Après la dévaluation et devant l’impossibilité de continuer à payer les prêts libellés en dollars qu’elles avaient souscrits pour leur investissement, toutes les entreprises étrangères ont déposé une plainte devant cet organisme, ce à titre conservatoire, ne voulant pas qu’une absence de réaction puisse être considérée comme une acceptation tacite de cette nouvelle réalité économique, et attendent maintenant depuis 3 ans que le gouvernement veuille bien revoir les contrats.
Dans un premier temps, il leur fut demandé de bien vouloir retirer leurs plaintes pour avoir le droit d’entamer des négociations. Personne ne souscrit à cette demande.
On a donc commencé à négocier, négociations sans fin et en réalité sans aucune volonté de la part de monsieur De Vido de trouver un accord.
Une société américaine s’est impatientée et le sujet est débattu depuis maintenant plusieurs semaines devant le CIADI à Paris. Le ministre de la Justice argentin, lors d’un de ses nombreux voyages à Paris, chose qu’il semble apprécier particulièrement, avait déclaré d’ailleurs qu’il n’accepterait les décisions de ce tribunal que si celles-ci étaient favorables à l’Argentine. Curieux sens de la justice de la part d’un ministre qui dépense des sommes considérables en avocats pour la défense des intérêts du pays.
Un fois de plus l’Europe, principale concernée dans ces contrats, a fait savoir il y a quelques jours qu’il serait bon d’accélérer un peu les choses et en termes plus choisis bien sûr, mettant comme monnaie d’échange la renégociation de la dette privée, à fait comprendre à ses interlocuteurs argentins qu´on ne pouvait décemment prétendre au beurre, à l’argent du beurre et à la fermière dans le lit par surcroît.
Réponse de Lavagna, Ministre des Finances, tout cela se réglera devant la justice argentine et nulle part ailleurs.
Encore de quoi attirer les investisseurs étrangers dans le pays….

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Quand le consul d’Espagne fait l’apologie de la colonisation

Vendredi 15 octobre 2004

Quoting from this site:

En soutenant publiquement que la civilisation importée par les conquistadors a été bénéfique à l’Amérique latine, un diplomate espagnol relance la polémique sur la colonisation du Nouveau Monde au détriment des peuples indigènes.

dia de la raza“Cela aurait été bien pire pour vous ou pour nous d’être sous le joug des civilisations incas, aztèques, mapuches, sioux ou apaches, qui ont été idéalisées par les historiens et les anthropologues, alors que leur système de castes et leur caractère impérialiste et sanguinaire sont bien connus.” Il n’y pas de doute, pour le diplomate espagnol Pablo Sánchez-Terán, la conquête des Amériques est un bienfait de la civilisation. Et Le consul d’Espagne à Córdoba, le grand centre économique du cÅ“ur de l’Argentine, n’a pas hésité à tenir ces propos le 12 octobre 2004, journée de commémoration de la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Appelé Jour de la race, cet événement est fêté dans toute l’Amérique latine – sauf au Venezuela – et en Espagne.

“Cinq cent douze ans après la colonisation de l’Amérique par l’Espagne, Pablo Sánchez Terán a rouvert sous une forme dramatique les blessures des peuples indigènes”, note le journal de gauche argentin Página 12. Cela a provoqué “une tempête diplomatique”, souligne le Buenos Aires Herald. Des voix se sont élevées contre ces déclarations et ont demandé à l’Espagne de rappeler son consul, nommé par le gouvernement actuel. Interrogé par Página 12, le prix Nobel de la paix 1980, Adolfo Pérez Esquivel, estime qu’”il est nécessaire de se rappeler que les conquistadors ont massacré plus de 70 millions d’Indiens sur le continent américain”. Toujours dans le même quotidien de Buenos Aires, le directeur de l’Institut national argentin contre la discrimination (INADI), Enrique Oteiza, ajoute : “Il s’agit d’un commentaire raciste qui relève de l’ignorance.”

Pour sa part, “l’ambassade d’Espagne n’a réagi ni aux déclarations de son consul, ni aux appels à sa révocation, alors que le chef de l’Institut argentin des affaires indiennes, Jorge Rodríguez, préfère rester en marge du débat, qu’il qualifie de dispute entre ‘dirigeants chrétiens occidentaux’”, rapporte le Buenos Aires Herald. “Les Indiens ont d’autres problèmes”, souligne cet expert.

Mais il est difficile de croire que les choses resteront en l’état. D’après la Voz del Interior, quotidien de Córdoba, “ces déclarations ont ravivé la polémique sur les conséquences de la conquête de l’Amérique, une polémique qui avait été plutôt discrète ces derniers temps”. D’autre part, “le consul a été interviewé par les radios et les journaux de tout le pays et les agences internationales ont repris les déclarations qu’il a faites à notre journal”, ajoute la Voz del Interior.

“En ce qui concerne la possibilité d’une sanction ou d’une dénonciation pour discrimination, le directeur de l’INADI a déclaré qu”en tant que diplomate le consul bénéfici[ait] de l’immunité, et seuls les responsables de la chancellerie espagnole ont un pouvoir de décision”, note Página 12. Le directeur de l’INADI estime en outre que ces déclarations sont “clairement discriminatoires à l’égard d’une partie de la population argentine et que le fait de ne pas respecter l’identité culturelle de ces citoyens est une offense à tous les Argentins”. Le quotidien a demandé l’avis de trois historiens, qui déplorent les propos du consul espagnol. L’un qualifie ses déclarations d’”anachroniques et [d']antihistoriques”. Un autre affirme qu’”il y a eu un génocide” alors que le troisième estime que “l’Espagne ne devrait pas célébrer la journée du 12 octobre”.

Un avis que tout le monde ne partage pas. Dans la Voz del Interior, l’écrivain de Córdoba Cristina Bajo se refuse à tout manichéisme et affiche un point de vue nuancé : “Avec toutes les réserves nécessaires, la découverte de l’Amérique représente la naissance d’un nouveau monde. Ce fut la transposition d’une civilisation dans un continent vierge et la fin d’une civilisation indigène millénaire, déjà en décadence, éliminée par l’envahisseur, qui en a perçu les derniers éclats.” En d’autres termes, “les Incas furent des conquérants qui ont été conquis”.
Philippe Randrianarimanana

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HBO, CLARIN et le Ministère des Finances

Vendredi 15 octobre 2004

Voir article le câblo-opérateur du groupe Clarin accusé de “piraterie” par HBO
La commission nationale de concurrence qui dépend intégralement du Ministère des finances vient de demander à HBO de laisser Multicanal capter les signaux des différents canaux de HBO et menace ce dernier de la justice argentine et américaine car cette interdiction compromet gravement les règles de la concurrence en Argentine.
Multicanal pourra donc tranquillement continuer à facturer à ses clients des programmes qu’il capte illégalement et qu’il ne paye pas.
Comme quoi, faire l’apologie du gouvernement sans aucun sens critique, ça paye!

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