Argentine: Kirchner réclame un changement d’attitude à l’Italie sur la dette
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PUERTO MADRYN (Argentine), 26 nov (AFP)Le président argentin Nestor Kirchner a réclamé vendredi un changement d’attitude au gouvernement italien sur le dossier de la restructuration de la dette impayée du pays latino-américain.
“Quand nous voyons un gouvernement avec ces caractéristiques, vraiment cela nous fait mal et nous espérons qu’ils vont rectifier leur attitude”, a lancé M. Kircher, lors d’un déplacement dans la cité de Puerto Madryn (sud du pays).
“Nous avons reçu avec les bras ouverts nos frères italiens qui vivent dans cette patrie. Ce sont nos pères, nos grands-pères, nos oncles. Aux pires moments de l’Italie, l’Argentine leur a ouvert les bras et son coeur”, a affirmé M. Kirchner, en opposant l’attitude de certains entrepreneurs italiens et celle de leur gouvernement sur le thème “de la restructuration de la dette argentine”.
M. Kirchner, qui inaugurait précisément les installations d’une entreprise à capitaux italiens, a souligné qu’il n’en voulait pas à son équipe économique pour les retards pris par l’offre de restructuration de la dette. “Les reproches sont pour (le chef de gouvernement italien Silvio) Berlusconi”, a-t-il expliqué.
L’Italie est le pays étranger où l’on compte le plus grand nombre d’épargnants lésés par le moratoire prononcé en décembre 2001 par l’Argentine sur sa dette privée. Quelque 450.000 investisseurs, pour la plupart des particuliers, ont investi plus de 12 milliards d’euros en bon du Trésor argentin.
L’affaire s’y est transformée en dossier politique d’importance depuis que l’Argentine a proposé de reprendre ses paiements à condition que les investisseurs acceptent de renoncer aux trois-quarts des sommes qui leurs sont dues.
M. Kirchner a souligné la grande responsabilité des banques italiennes qui “savaient déjà que ces titres étaient insolvables”. “Ce sont elles qui ont trompé les chers retraités italiens en allant leur vendre” les titres, a-t-il dit.
La semaine dernière, les autorités boursières italiennes avaient fait savoir que la demande d’enregistrement de l’offre argentine ne pourrait pas intervenir aussi rapidement que l’espérait Buenos Aires. L’Argentine a du en conséquence reporter au 17 janvier l’offre qu’elle espérait initialement lancer ce lundi.
Lors d’une visite à Buenos Aires tenue cette semaine, l’ancien Premier ministre italien Massimo D’Alema avait réclamé à l’Argentine de trouver une “solution acceptable” avec ses créanciers. C’est un sujet “délicat”, avait-il reconnu, parce que en Italie “les titres argentins ont été acheté par de nombreux petits épargnants, des personnes qui ne sont pas riches et ne veulent pas perdre leurs économies”.