le temps du Club de Paris n’est pas encore arrivé (Jouyet)
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Argentine: le temps du Club de Paris n’est pas encore arrivé (Jouyet)
BUENOS AIRES, 9 déc (AFP)Les conditions ne sont pas encore remplies pour que le Club de Paris engage une renégociation des six milliards de dette que lui doit l’Argentine, a indiqué jeudi son président Jean-Pierre Jouyet.
“Je n’ai pas reçu de mandat du Club de Paris pour venir négocier”, a affirmé M. Jouyet dans un entretien accordé à l’AFP à Buenos Aires, peu après y avoir rencontré le ministre argentin de l’Economie Roberto Lavagna.
Le haut fonctionnaire français a souligné qu’une telle renégociation ne serait possible qu’une fois normalisées les relations entre le pays latino-américain et le Fonds monétaire international (FMI). “C’est une règle classique du Club de Paris. Ce n’est pas un chantage à l’encontre de l’Argentine”, a-t-il assuré.
Le Club de Paris est une structure comprenant 19 pays riches, auquel il revient de renégocier les créances de ces pays sur d’autres Etats connaissant des difficultés financières. Le Club de Paris avait commencé ses activités en 1956, en traitant, déjà, du dossier de la dette argentine.
M. Jouyet a rappelé à M. Lavagna et au secrétaire aux Finances Guillermo Nielsen que “les créanciers publics, comme tout le monde, aimeraient être remboursés, après trois ans sans le moindre versement” de la part de l’Argentine.
Pour autant, “le momentum n’est pas pour l’instant celui du Club de Paris. Le momentum est celui de la restructuration de la dette privée”.
Il a souhaité que l’offre reçoive “un taux de participation le plus élevé possible” et a rappelé qu’une restructuration réussie de sa dette privée était l’un des engagements souscrits par l’Argentine envers le FMI. M. Jouyet n’a pas voulu s’avancer sur le niveau d’adhésion qui permettrait de qualifier de succès l’offre argentine - par ailleurs fort critiquée par les porteurs de titres.
Le président argentin Nestor Kirchner a signé ce jeudi les décrets permettant de lancer le 17 janvier la restructuration des 100 milliards de dollars dus aux créanciers privés, qui ne sont plus honorés depuis décembre
M. Jouyet a rappelé que le Club de Paris insistait généralement sur une “comparabilité de traitement” entre créanciers publics et privés, tout en reconnaissant que le cas argentin était différent du fait du déséquilibre existant entre la dette privée (100 mds USD) et la dette publique (6 mds USD).
“L’offre argentine doit trouver un certain écho au niveau international. Et c’est après, en fonction du programme signé avec le FMI, que le Club de Paris jugera de la soutenabilité de la dette à long terme de l’Argentine”, a-t-il souligné.
M. Jouyet a assuré qu’il était venu à Buenos Aires essentiellement au titre d’ambassadeur chargé des relations économiques internationales de la France.
A ce titre, il a exprimé la “préoccupation” de la France devant un projet de loi-cadre sur les services publics, qui pourrait entraîner à un “déséquilibre” dans les contrats de concession. “Il y va de la crédibilité de l’Argentine vis-à-vis des investisseurs étrangers”, a-t-il fait valoir.
Il a également présenté aux autorités étrangères une initiative française visant à dégager des ressources “stables et à long terme” pour le développement des pays les plus pauvres.