Castro ne croit pas au Père Noël, surtout losqu’il s’appelle Kirchner
Kirchner et son équipe avaient préparé un show médiatique pour faire pleurer les argentins dans leurs chaumières et présenter le Président comme le meilleur défenseur des droits de l’homme.
Un magnifique lettre avait été adressée au vieux Dictateur dont le texte répandu dans les médias avait déjà commencé à humidifier les yeux des commentateurs préférés du pouvoir et de ceux qui les écoutaient.
Il s’agissait de faire venir une vieille dissidente cubaine pour voir ses petits-enfants en Argentine pour les fêtes de Noël. Qui était-elle ?
Hilda Molina, diplômée en médecine à l’université de La Havane avant de se spécialiser en neurochirurgie, a été l’une des pionnières des techniques de greffe de cellules foetales dans les cerveaux de patients atteints de la maladie de Parkinson.
En avril 1987, elle est devenue mondialement célèbre pour avoir été la première femme à réussir une greffe de tissu cérébral, une opération seulement menée à bien auparavant par quatre hommes, aux États-Unis, au Mexique, en Suède et en Chine.
Militante active du Parti communiste au pouvoir, Mme Molina a reçu plusieurs distinctions pour ses mérites scientifiques et a même occupé un siège de député au parlement.
Elle a créé et dirigé le Centre international de restauration neurologique (CIREN), une institution symbole de la médecine cubaine, équipée de technologies de pointe et où sont offerts des services à des patients étrangers qui paient leurs traitements en devises.
Sa vie a changé de cap en 1994 lorsqu’elle a renoncé à son poste de directrice du CIREN pour désaccord avec la « médecine mercantile » qui, selon elle, y était pratiquée et pour ses interrogations sur l’utilisation du tissu foetal humain.
À partir de ce moment, Mme Molina est tombée en disgrâce, a dû cesser de travailler dans la médecine et s’est tournée vers la pratique religieuse et la dissidence.
3 dollars par mois, c’est la pension que lui verse l’état Cubain. Le prix d’un litre d’huile sur l’île.
Depuis dix ans, elle réclame la permission au gouvernement cubain de sortir de l’île pour rendre visite à son fils, Roberto Quinones, un médecin installé à Buenos Aires, à l’épouse de celui-ci et à leurs enfants qu’elle ne connaît pas.
Depuis 10 ans on lui répond que son cerveau est patrimoine national et que par conséquent elle ne peut voyager.
Passons sur les épisodes qui ont suivi la réponse de Castro pendant lesquels on ne sut pas si madame Molina et sa Mère, réfugiées à l’ambassade d’Argentine de La Havane étaient considérées ou non comme réfugiées politiques. Assez lamentable en fait la gestion de tous les protagonistes de cette histoire, mais tant qu’on nommera dans les administrations argentines le cousin de la tante de mon oncle ou l’ami du capo de la Province de..Au lieu de professionnels, tous ministères confondus, il faut s’attendre à ce genre d’épisodes.
Le vieux renard cubain répondit donc au pingouin patagon : Mon cher ami, il est impossible que Mme Molina puisse se rendre en Argentine, mais je suis d’accord pour que son fils et ses petits enfants viennent la visiter à Cuba, l’état prendra même en charge les frais de ce voyage.
Pourquoi n’y a-t-il pas eu une gestion discrète de cette affaire, comment croire qu’une lettre démagogique pouvait émouvoir le vieux dictateur cubain qui, ne le prenons pas pour un sot, a compris immédiatement que Kirchner essayait simplement de faire un show médiatique destiné à sa population et au reste du monde sur son dos et celui de madame Molina.
Lorsqu’en avril de cette année, la commission des droits de l’homme des Nations Unies, dans une résolution pour une fois modérée, demandait, entre autres, à Cuba de libérer 75 dissidents, principalement intellectuels et journalistes, arrêtés en mars 2003, l’Argentine avait préféré s’abstenir.
Certains penseront que le Président est naïf, je crois qu’il est cynique…