Le silence inhabituel de Nestor Kirchner
Plus de 180 morts dans une discothèque, voilà qui aurait dû théoriquement faire sortir le Président de son refuge patagonique.
Grosse surprise, il n’en est rien.
Anibal Ibarra le Maire, gôche porténienne est un allié de Kirchner ; en faisant entrer de fidèles péronistes à la Mairie de Buenos Aires, Ibarra a pu conserver son poste malgré l’opposition de Macri aux dernières élections. Il fait donc partie de ce qu’on appelle la transversabilité.
Il se trouve en première ligne dans le scandale qui a ému la cité à juste titre.
Les démissions des responsables politiques et techniques de la sécurité de la ville ne sont pas suffisantes.
Les prochaines élections municipales se préparent en fait depuis un certain temps et les Péronistes espèrent bien prendre cette citadelle dont la population n’a jamais apprécié le côté populiste du mouvement justicialiste.
Fustiger les coupables risque fort de rendre cette stratégie inefficace.
Il n’en reste pas moins que ce silence commence à peser et que les critiques contre la Mairie de Buenos Aires se transforment peu à peu en critiques contre le Président.
La politique politicienne a ses limites qui semblent avoir été atteintes, la corruption est la raison principale de ce drame, corruption des édiles, des fonctionnaires, des pompiers qui cette fois ne s’en prennent pas seulement aux portefeuilles des Argentins, mais à la vie de leurs enfants.
Ne pas sacrifier Ibarra était un pari politique difficile, et le faire avec du retard laissera des traces qui, elles aussi, seront difficiles à oublier, même si la bataille municipale n’a lieu que dans 2 ans.