La renégociation de la dette privée, entre arrogance et mauvaise foi
Il faut s’en souvenir, c’était en décembre 2001, l’inénarrable Adolfo Rodriguez Saa déclarait le pays en cessation de paiement comme s’il s’agissait d’inaugurer une grande fête nationale, avec une ferveur patriotique partagée par l’ensemble de la classe politique. C’était : chantons la carmagnole sur un air péroniste, reprise par un foule en délire.
Trois ans après, un autre gouvernement péroniste s’apprête à faire croire à l’ensemble de la population que c’est vertu de léser les épargnants qui ne sont que des vautours voulant s’emparer de la richesse argentine et surtout des gens stupides pour avoir cru aux promesses d’autres dirigeants péronistes.
Alors que les systèmes de retraites argentins ont été laminés par cette manoeuvre, il me semblait difficile de monter cette opération de désinformation et de faire croire à la population que le pays se portera mieux quand il aura perdu le peu de crédibilité qu’il lui restait dans le monde et aura détruit une autre portion importante de sa classe moyenne qui a, en son temps, fait la richesse du pays.
Il s’agit en fait d’une autre opération de pessification asymétrique, telle qu’elle a été pratiquée par Duhalde, congelant les avoirs des petits épargnants dans les banques pendant des mois et changeant leurs dollars pour une poignée de pesos dévalués, alors que de l’autre coté la partie de la population et surtout des entreprises qui étaient endettées en dollars bénéficiaient d’une pessification avantageuse leur permettant de ne payer que 30 % de ce qu’ils devaient.
Lorsqu’un pays favorise systématiquement ceux qui se sont endettés au détriment de ceux qui ont épargné, son avenir est sombre.
Le couple Lavagna-Kirchner, vient de compléter par cette opération le cycle infernal de l’ultralibéralisme entamé par Carlos Menem et sera tout comme lui responsable de la misère de la moitié de la population, de la destruction de sa classe moyenne, de la transformation de ce pays en une réserve de politiciens corrompus et ineptes, et d’entreprises, qui depuis Martinez de Hoz, se sont développées en détournant l’épargne et/ou les impôts de sa classe laborieuse.
Malgré cela, que l’opération soit un succès ou non, on fera danser la carmagnole aux troupes péronistes et ceux qui les accompagneront sur la place de Mai car l’illusion et la manipulation sont de toute évidence les seuls outils que cette classe politique utilise avec brio.