Archive pour le 21 janvier 2005

Roberto Lavagna, Ministre des Finances argentin, se fait remonter les bretelles par Kirchner

Vendredi 21 janvier 2005

Bel exemple de cohésion gouvernementale….Roberto Lavagna n’avait pas fini de déclarer sur Radio France Internationale qu’une négociation était en cours avec SUEZ, portant sur une proposition argentine d’augmenter les tarifs de 16 % contre la demande française de 60 %, qu’il était contredit sur ordre du Président Kirchner. Aucune augmentation n’est possible !

Colčre aussi de Kirchner contre le bras droit de Lavagna, Nielsen, qui s’est excusé ŕ la télévision italienne, de l’offre peu avantageuse, c’est le moins qu’on puisse dire, de la restructuration de la dette privée.

Un psychodrame économico-péronisme sur les Champs-Elysées, pas de quoi remplir une salle certes, mais un événement qui donnera certainement ŕ réfléchir aux candidats ŕ l’investissement en Argentine.

Pour qui roule Lavagna? Pour lui et un futur poste de Président de la BID, dit-on çŕ et lŕ.

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Madame Kirchner se présenterait contre son mari aux prochaines présidentielles

Vendredi 21 janvier 2005

IntĂ©ressante analyse d’Isabelle Dath pour RTL, Madame Kirchner se prĂ©senterait contre son mari aux prochaines prĂ©sidentielles
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Kirchner n’a donnĂ© aucun signe d’assouplissement?
Apparemment pas. Parfois une rencontre entre chefs d’Ă©tats dĂ©bloque une situation. Et hier, Jacques Chirac a Ă©tĂ© net, il faut un règlement rapide de cette question pour dissiper tout ce qui pourrait affecter la confiance des investisseurs français dĂ©sireux de s’installer en Argentine. Mais Kirchner a bottĂ© en touche. En fait, il est assez ambigu. Il veut rĂ©cupĂ©rer les services publics, il accuse Carlos Menem de les avoir bradĂ©s dans les annĂ©es 90, et donc se dĂ©barrasser d’une façon ou d’une autre des multinationales. En mĂŞme temps, il voudrait persuader les entrepreneurs d’investir. D’ailleurs, il prend en ce moment mĂŞme son petit dĂ©jeuner avec des membres du Medef. Il est en progrès. Lors de sa prĂ©cĂ©dente visite en juillet 2003, il leur avait posĂ© un lapin. Son combat pour les services publics n’est pas dĂ©nuĂ© d’arrière-pensĂ©es. Les Ă©lections lĂ©gislatives approchent, il doit impĂ©rativement les remporter, et se montrer dur avec les entreprises Ă©trangères est tout bĂ©nĂ©fice. Il y a eu des manifs hier devant l’ambassade de France contre Suez. Et puis dans deux ans Kirchner remet son mandat en jeu, et la concurrence ne manque pas. Il pourrait avoir Ă  affronter une sĂ©natrice redoutable qui adore se comparer non pas Ă  Évita Peron mais Ă  Hillary Clinton. Son ambition est dĂ©mesurĂ©e. C’est sa propre femme.

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Kirchner sourd aux pressions de Chirac sur les entreprises françaises

Vendredi 21 janvier 2005

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Lamia Oualalou
[21 janvier 2005]
Partie de poker menteur entre l’Argentine et Suez. Après avoir rivalisé de déclarations d’amour en mai – le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères Renaud Muselier avait fait le déplacement à Buenos Aires pour coiffer la signature d’un accord entre la société et le gouvernement – les deux parties semblent prêtes au divorce. La dispute tombant en pleine visite d’Etat du président Nestor Kirchner à Paris, Jacques Chirac se trouve en position d’arbitre. L’objet du litige est Aguas Argentinas, la filiale de Suez à Buenos Aires. Le gouvernement prétend que l’entreprise ne respecte pas ses engagements en termes d’investissements, soumettant de surcroît la population à des coupures d’eau. Balivernes, rétorque Suez, qui met en avant la qualité de ses services. L’entreprise, qui avait fait d’Aguas Argentinas l’une de ses principales vitrines marketing dans les années quatre-vingt-dix, est à bout. Ses tarifs sont gelés depuis février 2002. Or, l’entreprise souffre en outre d’un endettement souscrit à la légère : il est essentiellement en dollars, une catastrophe après la dévaluation du peso.

Hier, les autorités argentines ont bien proposé une hausse de 16% des tarifs mais Suez réclame pour sa part une augmentation de 60%. Sans quoi le groupe français pourrait partir. En effet, les actifs de Suez ont été entièrement provisionnés, ce qui rendrait, d’un point de vue comptable, un départ du pays pratiquement indolore. D’autant que Buenos Aires ne semble plus tenir à la présence de Suez. Hier, lorsque Jacques Chirac a insisté sur «l’importance d’un règlement rapide des cas difficiles particuliers pour les entreprises concessionnaires de services publics», se référant également à Edenor, la filiale locale d’EDF, Nestor Kirchner n’a pas saisi la perche tendue, en protestant de sa bonne volonté ; il a au contraire répondu, aux dires de son bras droit Alberto Fernandez, que «son gouvernement savait ce qu’il avait à faire».

Alberto Fernandez a été plus explicite encore, considérant le problème Suez comme une «petite pierre dans la chaussure qu’il faudrait résoudre d’une manière ou d’une autre». Et de conclure : «S’il faut mettre fin au contrat, nous le ferons ; c’est un sujet qui se discutera à l’intérieur du pays.»

De fait, la distribution de l’eau, dont beaucoup d’Argentins restent privés, est un sujet hautement politique, à neuf mois d’élections législatives que Nestor Kirchner doit impérativement remporter. L’une des pistes envisagées est la nationalisation du secteur, dont la gestion pourrait être confiée aux syndicats. Le récent bombardement du chef du Syndicat de l’eau, Jose Luis Lingeri, à la tête de la CGT, l’un des principaux instruments politiques du parti péroniste, dont est issu Nestor Kirchner, plaide d’ailleurs pour cette hypothèse. Jacques Chirac (dont l’un des conseillers, Jérôme Monod, est, faut-il le rappeler, l’ex-patron de Suez) a eu beau prévenir qu’il fallait éviter «tout ce qui pourrait affecter la confiance des investisseurs français», le gouvernement argentin compte sur sa belle croissance (8% en 2003 et 2004) pour attirer de nouveaux capitaux. Le milieu des affaires hexagonal lui fera probablement connaître son état d’esprit ce matin, au cours d’une réunion organisée par le Medef. Néanmoins la capacité de l’Argentine à séduire dépend surtout du succès de la restructuration de la dette, lancée vendredi dernier, et dont les résultats seront connus le 14 mars.

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