Archive pour le 12 mars 2005

Le président Néstor Kirchner réfute les critiques concernant la liberté de la presse

Samedi 12 mars 2005

Navré Kiki, c´est ta fête aujourd´hui…
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Le président Néstor Kirchner a durement récusé, le 3 mars 2005, le constat dressé par la Société interaméricaine de presse (SIP) concernant la situation de la liberté de la presse en Argentine. Le locataire de la Casa Rosada a soupçonné la SIP de vouloir « défendre les intérêts des grands groupes de presse » et a dénoncé son « alliance » avec Claudio Escribano, sous-directeur de La Nación, quotidien dont il a critiqué l’attitude pendant la dictature militaire (1976-1983).

« Cette réaction du président Kirchner a de quoi étonner, au vu des problèmes bien réels soulevés par la SIP, à l’appui d’une enquête menée tant auprès des médias que des pouvoirs publics argentins, nationalement et localement. Nous restons très vigilants, notamment au regard des conclusions inquiétantes établies dans le rapport préliminaire de la SIP du 2 mars », a déclaré Reporters sans frontières.

Dans ce document, la délégation de la SIP en Argentine souligne que « ses membres ont reçu l’information concordante et quasi unanime que les médias et les journalistes sont les cibles de pressions de la part des fonctionnaires du gouvernement, qui pèsent sur l’information transmise au public ». En outre, le rapport pointe la répartition de l’espace publicitaire par l’Etat comme un moyen « de favoriser certains médias et d’en punir d’autres ».

Le document de la SIP cite les discriminations pratiquées envers certains journalistes dans les invitations à des voyages présidentiels et rappelle la récente protestation des journalistes accrédités auprès de la Casa Rosada contre « les marques répétées d’autoritarisme du porte-parole de la présidence ». Côté gouvernemental, on admet que « la stratégie communicationnelle » du Président consiste pour lui à « s’adresser directement aux gens, à travers des discours et des actes ».

Enfin, la SIP s’inquiète d’un projet de loi sur l’accès à l’information, actuellement débattu à la Chambre des députés, qui « octroie une marge excessive de discrétion aux pouvoirs publics » et pose « l’intérêt légitime » comme critère pour recueillir une information. Dans sa version actuelle, selon la SIP, les personnes morales, dont les médias, seraient soumises à cette loi quitte à encourir des peines administratives, voire de prison. « Cette initiative représente une menace pour la liberté d’expression et le travail des journalistes. »

Le 4 mars, la délégation de la SIP, emmenée par son président, le péruvien Alejandro Miró Quesada Cisneros, devait conclure sa mission par une visite dans la province de Neuquén, où le gouvernement local avait voulu contraindre, en août 2004, des journalistes du quotidien Río Negro à révéler leurs sources devant un tribunal. Le journal avait obtenu gain de cause le mois suivant.

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Les journalistes, espèce menacée en Terre de Feu

Samedi 12 mars 2005

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Reporters sans frontières proteste contre l’impunité dont bénéficient, un an après les faits, les incendiaires des locaux du quotidien El Diario del Fin del Mundo à Ushuaia (extrême sud du pays). L’organisation dénonce également les tentatives d’intimidation répétées et jamais élucidées contre plusieurs journalistes dans la province de la Terre de Feu.

« Les autorités politiques, judiciaires et policières de la région se doivent d’éclaircir des faits qui sont autant d’atteintes au droit d’exercer sereinement la profession de journaliste. Nous demandons que l’enquête concernant l’incendie criminel du siège du quotidien El Diario del Fin del Mundo reprenne et aboutisse. Nous attendons également des pouvoirs publics qu’ils mettent fin au climat d’impunité entourant les agressions et les menaces contre des journalistes et qu’ils garantissent le droit d’informer en toute sécurité », a déclaré Reporters sans frontières dans une lettre au gouverneur de la Terre de Feu, Mario Jorge Colazo.

Le 6 mars 2004, un incendie avait réduit en cendres les ateliers d’impression et la rédaction du Diario del Fin del Mundo. Les premières constatations de la police et des pompiers avaient établi que le sinistre était d’origine criminelle. Le 1er mars précédent, Carmen Miranda, journaliste au Diario et secrétaire générale du Syndicat de la presse d’Ushuaia, avait été abordée la nuit par deux hommes se présentant comme des policiers qui lui avaient demandé de lui livrer les adresses personnelles de ses collègues.

Le même jour, Alfredo Valdéz, de Radio Nacional, avait retrouvé sa voiture endommagée et maculée de peinture jaune. Cette méthode avait également été employée quelques jours plus tôt contre Héctor Lavia, directeur et propriétaire du quotidien local Prensa, qui enquêtait alors sur le patrimoine immobilier d’un ministre de la province.

Un an plus tard, le 20 février 2005, Marcelo Martín, directeur du site d’informations sur54.com a vu, à son tour, son véhicule vandalisé. « Nous n’avons pas la certitude que cette agression soit liée à son activité professionnelle, mais le mode opératoire se répète et la justice n’a pas l’ombre d’une piste », a confié Carmen Miranda à Reporters sans frontières. Marcelo Martín a assuré à l’organisation « n’avoir aucun doute sur le lien entre cette agression » et le traitement sur son site de « l’instabilité politique régionale ». Le 9 mars 2005, le Syndicat de la presse d’Ushuaia a manifesté sa solidarité à l’égard du cyberjournaliste et rappelé que les auteurs de l’attentat contre El Diario del Fin del Mundo courent toujours. De même que n’ont jamais été identifiés les incendiaires du journal Prensa 23 à Río Grande, il y a sept ans.

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