En dix jours notre ami Kirchner a réussi à faire la une de la presse étrangère, Financial Times, Wall Street Journal, El Paìs…
Qu´elles soient orthodoxes ou progressistes, leurs critiques sont les mêmes : elles portent sur les méthodes populistes et démagogiques de notre autocrate patagon.
La presse internationale dit enfin ce qu´« Argentine au jour le jour » clame depuis maintenant presque un an.
Ces dix derniers jours ont été, il faut le dire, riches en invectives de toutes sortes, contre les compagnies de services publics, contre le Fond Monétaire International, contre la presse en général, contre le G7… et dernièrement contre le Vatican.
Situation paradoxale dans un pays qui vient de sortir de la cessation de paiement et qui annonce 9 % de croissance pour l´année 2004.
Et le pire est pour venir. C´est le début de la campagne électorale du mois d´octobre qui vient de commencer et Kirchner entend bien transformer ces élections parlementaires en un plébiscite et une victoire personnelle.
7 mois de discours incendiaires à venir… accrochez-vous !
On va crier, on va critiquer le reste du monde, on va chanter les louanges du péronisme…
? Et ron et ron petit Patagon ! ?
Inutile de se demander pourquoi les experts économiques européens divisent l´Amérique latine en deux. D´un coté, le Brésil, le Chili et le Mexique, qui sont appréciés, de l´autre, le Venezuela, la Bolivie et l´Argentine qui sont totalement imprévisibles.
Petit pays le Chili ? socialiste ? certes, mais trois fois plus d´investissements étrangers en 2004 que l´Argentine, et ne parlons pas du Mexique et du Brésil.
Il faudra cependant, et ce, quelle que soit la haine féroce que Kirchner lui porte, prendre des accords avec le FMI.
Le pays ne pourra pas continuer à payer sa dette, de la manière dont il a commencé à le faire, au-delà du mois de juin.
Et monsieur Rato a un vieux contentieux à régler. Il avait à l´époque des difficultés de l´Argentine, en 2001, alors qu´il était ministre des Finances du Gouvernement espagnol, prêté, un peu dans le dos de monsieur Aznar, 1 milliard de dollars au Pays.
Il a très peu apprécié que Kirchner fasse passer ce prêt dans les obligations à renégocier.
Les mois à venir vont être passionnants.